Vitirev : "les viticulteurs doivent aller vers les modèles attendus par les consommateurs ! "

 |   |  1835  mots
Lydia Héraud en est convaincue : Un viticulteur qui ne fait rien aujourd’hui pour changer ses pratiques vis-à-vis des produits phytosanitaires risque d’être un peu hors-jeu dans les années qui viennent !
Lydia Héraud en est convaincue : "Un viticulteur qui ne fait rien aujourd’hui pour changer ses pratiques vis-à-vis des produits phytosanitaires risque d’être un peu hors-jeu dans les années qui viennent !" (Crédits : Agence APPA)
Alors que le programme régional Vitirev ausculte tous les métiers de la vigne pour s'émanciper des pesticides d'ici 2030, Lydia Héraud, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine en charge de la viticulture et des spiritueux, détaille à La Tribune les aspects concrets de ce programme de 200 M€. Sortie des intrants chimiques, difficultés commerciales, biocontrôle, nouveaux cépages, partage de la données, robotique, assurances, changement climatique : celle qui est aussi élue locale à Marcillac, dans le Blayais, défend une approche globale car "ces nouvelles pratiques seront tout simplement une condition d'accès au marché !"

LA TRIBUNE - Actualité oblige, quel est votre regard sur la situation actuelle des vins de Bordeaux qui rencontrent d'importantes difficultés commerciales ?

LYDIA HÉRAUD - Il y a une baisse de la consommation de vins en France depuis 20 ans qui se poursuit et se confirme aujourd'hui. La principale difficulté c'est que, jusque-là cette diminution sur le marché domestique était compensée par l'activité à l'export qui, aujourd'hui, devient très limitée sur plusieurs marchés stratégiques simultanément : les Etats-Unis avec la politique douanière de Donald Trump, le Royaume-Uni avec le Brexit, et Hongkong et la Chine avec les manifestations politiques [et aujourd'hui l'impact du Coronavirus, NDLR]. Les autres vignobles sont un peu moins touchés que les vins de Bordeaux. C'est une situation complexe et inquiétante. Des exploitants se posent sérieusement la question de vendre leurs propriété et d'arrêter les frais avant que ça ne devienne trop catastrophique, de transmettre leur bien avant que ça ne soit trop difficile ! Il y en outre des problèmes de recrutements de nouveaux salariés et de vocation pour les métiers de la vigne. Bref, il y a une inquiétude qui est vive et palpable dans les vignobles girondins.

Lire aussi : Les vins de Bordeaux mis sous pression sur tous leurs marchés

Quel est l'objectif de la démarche Vitirev ?

Nous avons fixé un objectif collectif à l'horizon 2030 d'avoir 100 % des surfaces viticoles régionales engagées dans l'agriculture biologique, le label HVE (haute valeur environnementale) ou a norme ISO 14001 (système de management environnemental), dont 85 % certifiées. En 2018, nous étions à environ 45 % des surfaces engagées dans ces démarches et 10 % certifiées, mais ça avance vite, on enregistre de gros progrès. Vitirev vise aussi à réduire la part des agents chimiques CMR [cancérogène, mutagène, reprotoxique] à moins de 1% en 2030 contre 14 % en 2018.  Au-delà de ces objectifs chiffrés sur la sortie des pesticides, le programme Vitirev ambitionne d'englober et de faire évoluer les multiples facettes et réalités de la filière viti-vinicole : les pratiques culturales, les cépages, le numérique, le changement climatique, les assurances, le logement des travailleurs, la responsabilité sociétale des...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :