Des vendanges 2019 sous des auspices rassurants dans le Bordelais

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(Crédits : Thibaud Moritz / Agence APPA)
Les premiers indices sur la nature de la récolte 2019 dans les vignobles bordelais sont plutôt rassurants après deux exercices compliqués. Les conditions climatiques et sanitaires n'inquiètent pas et les volumes sont estimés entre 5 et 5,3 millions d'hectolitres par la Chambre d'agriculture. Le tout sur fond de difficultés commerciales.

Les premiers coups de sécateurs ont raisonné en milieu de semaine dernière dans les vignes de crémant et de blanc sec du Bordelais, lançant ainsi la saison des vendanges 2019. Les rouges devraient suivre à partir du 15 ou 20 septembre. S'il est encore trop tôt pour dresser un premier bilan, les signaux sont plutôt encourageants. "Pour le rouge, les contrôles de maturité sont en cours et l'état sanitaire des vignes est bon. Le raisin est plutôt plus petit qu'habituellement ce qui pourrait générer des difficultés pour obtenir du rosé peu coloré", explique Jean-Louis Dubourg, le président de la Chambre d'agriculture de Gironde. Pour le Crémant et les blancs secs, les vendanges devraient s'achever d'ici au 12 septembre.

"Nous sommes sereins sur la qualité"

Au total, selon la Chambre d'agriculture, la récolte 2019 dans le vignoble bordelais devrait s'établir entre 5 millions et 5,3 millions d'hectolitres, contre 5 millions d'hectolitres l'an passé et un repli très marqué à 3,5 millions d'hectolitres en 2017 en raison des dégâts du gel tardif. La moyenne décennale se situe à 5,1 millions. "Ce ne sera pas une grosse récolte mais il faut rester prudent, il est encore trop tôt pour avoir des certitudes sur les rendements. En revanche, aujourd'hui, nous sommes sereins sur la qualité de cette récolte 2019", tempère Bernard Farges, le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB). A ce stade, "la réussite de la récolte des blancs est acquise et nous n'avons pas d'inquiétudes sur les rouges même s'il faut encore attendre. La sécheresse a été limite pour les vignobles mais les pluies de fin juillet et du mois d'août ont été très bénéfiques dans le Bordelais en particulier en comparaison d'autres régions viticoles plus au Sud", précise le viticulteur de l'Entre-deux-mers.

"Les chais sont souvent encore pleins de stocks non vendus"

De quoi rasséréner les acteurs du secteurs qui font face dans le même temps à des difficultés importantes sur le front commercial. Si globalement le chiffre d'affaires 2018 reste en hausse de 4 % à 4,01 Md€, les volumes de vente sont à la peine avec 4,7 millions d'hectolitres écoulés (-3 % sur un an).

A l'export, le marché chinois, 2e destination des vins de Bordeaux, recule nettement en valeur (-22 %) comme en volume (-31 %) tandis que Hongkong, 1ere destination commerciale, résiste mieux (+3 % en valeur mais -4 % en volume). Des résultats enregistrés avant les manifestations récurrentes qui agitent Hongkong depuis le 31 mars 2019. Les Etats-Unis, 3e marché des vins de Bordeaux, progressent de 21 % en valeur malgré un léger repli en volume (-1 %).

Lire aussi : CIVB : en 2018 les vins de Bordeaux ont failli boire la tasse

De son côté, la Chambre d'agriculture de Gironde se félicite d'une récolte 2019 qui devrait s'inscrire dans les volumes des années passées avec une qualité au rendez-vous mais rappelle que :

"Les chais sont souvent encore pleins de stocks non vendus à la veille des vendanges : les ventes effectives des vins de Bordeaux (sorties de chais) sont en chute de -17 %, reflet des baisses de -13 % des exportations et de -13 % des ventes en grandes et moyennes surfaces."

De leurs côtés les vins de Bergerac-Duras connaissent aussi des ventes en recul de -13 % en rouge tandis que les rosés, moelleux, blancs secs et liquoreux progressent légèrement. Enfin, les expéditions de Cognac poursuivent leur croissance atteignant un nouveau record en volume (21,1 millions de bouteilles, +2,5 %) comme en valeur (3,4 Md€, +6,9 %). 98 % de la production de Cognac est exportée notamment en Amérique du Nord et au Moyen-Orient. Pour répondre à la demande, la filière Cognac prévoit de planter 10.000 hectares supplémentaires en trois ans pour atteindre 86.000 hectares.

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Commentaires
a écrit le 03/09/2019 à 19:21 :
Ce serait bien de faire le bilan de tous les départements du sud ouest même si bien entendu cela n'aurait rien à voir forcément avec la Gironde en chiffre d'affaire mais je note que les vins bios ont rendu aux vins locaux leur gout de terroir particulièrement intéressant que les produits chimiques industriels avaient complètement dénaturé..

Faire également la part des vins bios mais aussi des vins naturels par rapport aux conventionnels.

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