"Mondelez investit 1,2 % de son chiffre d’affaires en R&D"

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Mathias Dosne, directeur général France de Mondelez, en visite dans l'usine de Cestas pour ses 45 ans.
Mathias Dosne, directeur général France de Mondelez, en visite dans l'usine de Cestas pour ses 45 ans. (Crédits : HL)
Doté d’un double savoir-faire biscuit et chocolat, l’usine Mondelez de Cestas, près de Bordeaux, célèbre ses 45 ans. 45.000 tonnes de produits y sont fabriquées chaque année sur dix lignes de production. Mais alors que les biscuits du groupe sont présents dans 90 % des foyers français, le directeur général France de Mondelez, Mathias Dosne, veut rappeller l’importance de réconcilier snacking et bien manger. Une stratégie en plusieurs axes.

Mondelez International a soufflé, vendredi 12 avril, les 45 ans de son plus gros site de production en France, celui de Cestas, près de Bordeaux. C'est dans cette usine de 34.000 m2 que sont fabriqués les célèbres Granola, Petit Ecolier, Pépito, mais aussi Mikado. Le site de Cestas est d'ailleurs le seul en Europe à détenir le brevet pour fabriquer les Mikado. 45.000 tonnes de biscuits sont ainsi produites chaque année en Gironde. En tout, ce sont aussi 21 camions qui sortent de l'usine quotidiennement avec des produits finis. Les petits comme les grands en raffolent. Mais comment s'adapte l'industriel aux attentes des consommateurs en matière de bien manger ? Rencontre avec Mathias Dosne, directeur général France de Mondelez en visite à Cestas.

La Tribune : Vous dites vouloir réconcilier le snacking et le bien manger. Qu'entendez-vous par là ?

Mathias Dosne : Nous travaillons sur trois axes, notamment sur l'approvisionnement qui s'est traduit il y a dix ans par la mise en place du programme Harmony avec une charte exigeante à chaque étape de la culture du blé. Nous travaillons avec 1.700 agriculteurs et pouvons dire aujourd'hui que cela a permis une baisse de 20% de l'utilisation des pesticides. Nous travaillons aussi avec notre centre européen de R&D, basé à Saclay en région parisienne, sur l'amélioration des profils nutritionnels, l'objectif étant de réduire la quantité d'acide gras saturé et de sel. Ce sont des dosages, des process de cuisson et de mélange à trouver pour garder le même goût, la même qualité, la même croustillance. On a su le faire sur le biscuit le plus vendu dans le monde, Oreo, en obtenant -17 % de sel et -43 % d'acide gras saturé en 2018. Nous aurons également dans un futur proche un programme de réduction du sucre et je peux vous dire, à ce stade, qu'une grande marque de biscuits sera concernée. Ce sont des enjeux que l'on prend très au sérieux dans la mesure où nous sommes présents dans 90 % des foyers français. Le troisième pilier consiste à aider le consommateur à contrôler sa consommation. D'où la mise en place de poches et donc de produits portions.

Dans la mesure où l'heure est à la réduction des emballages, cela pose une autre problématique. Quelle est votre stratégie par rapport à cela ?

Nous réduisons l'épaisseur de l'emballage carton, nous travaillons aussi sur la finesse des sachets plastiques. Mondelez a d'ailleurs pris des engagements visant à réduire le tonnage de plastique utilisé dans notre industrie et à arriver à 100 % d'emballages recyclables en 2025. C'est une direction qui est donnée à tous les ingénieurs qui travaillent dans le groupe. Cela nécessite des réglages mais cela ne créera pas de bouleversements.

Mondelez a fait le choix de ne pas afficher le nutri-score, ce système d'étiquetage nutritionnel lancé dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016. Pourquoi ?

Nous affichons déjà les informations nutritionnelles sur les emballages. Pour le reste, il nous parait important d'avoir un système harmonisé en Europe, ce qui n'est pas encore le cas. Nous travaillons avec la Commission européenne mais les Etats membres ne se sont pas encore mis d'accord. Il nous semble également important de donner des informations au plus près de la consommation des produits, et donc à la portion. D'où, encore une fois, l'importance que nous accordons à ces produits portionnés.

Combien Mondelez investit dans la R&D ?

Au niveau mondial, 1,2 % du chiffre d'affaires de Mondelez est consacré à la R&D. 120 personnes travaillent précisément sur le site de Saclay. L'idée est bien de travailler sur tous les sujets sur lesquels nous sommes attendus par les consommateurs. En l'occurrence, nous n'en avons pas parlé, mais nous nous sommes également lancés dans le chocolat bio avec Côte d'or. Une autre marque sera concernée d'ici la fin de l'année.

Mondelez

 "L'autoroute des biscuits" de l'usine de Cestas.

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