Verallia montre que les buveurs de vin sont sensibles au développement durable

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La consommation de vin se classe encore bien dans les habitudes .
La consommation de vin se classe encore bien dans les habitudes . (Crédits : Reuters)
Cela fera sûrement plaisir à Nicolas Hulot et à beaucoup d’autres, l’étude sur la perception de la RSE (responsabilité sociale de l’entreprise) viticole commandée par le groupe Verallia montre que l’expression développement durable a fait son chemin dans les consciences. La notion de démarche responsable dans la viticulture est par contre beaucoup moins connue.

Le groupe Verallia, à Paris, pôle conditionnement de Saint-Gobain externalisé par le géant du verre depuis 2015, a récemment publié un sondage de fond réalisé par le cabinet Infopro digital Etudes, qui porte notamment sur la sensibilité des consommateurs de vin au développement durable. Un sujet d'actualité qui a été introduit, lors d'une présentation à Bordeaux, par Hugues Carlier, du cabinet conseil parisien Des enjeux et des hommes.

Verallia, dont les actionnaires sont désormais le fonds d'investissement américain Apollo et Bpifrance, emploie près de 10.000 salariés dans le monde pour un chiffre d'affaires de 2,5 Md€ en 2017 et une production de bouteilles et pot en verre qui a atteint la barre des 16 milliards l'an dernier. Le groupe verrier compte plus de 400 salariés dans notre région, qui se répartissent entre la verrerie Verallia, à Cognac, le site de traitement du verre ménager Everglass, à Châteaubernard, auxquels s'ajoutent les Etablissements René Salomon et la Société charentaise de décor.

265.000 tonnes de verre recyclé en Charente

Verallia est également implanté en Gironde, à Libourne, avec la filiale Thierry Bergeon Embouteillage, qui va embouteiller dans les châteaux, et le groupe dispose de deux bureaux commerciaux : à Bordeaux et Cognac. A noter qu'à Châteaubernard Everglass traite le verre ménager des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et le nord de la Nouvelle-Aquitaine.

Grâce à la récupération du verre ménager, Everglass a pu traiter l'an dernier 265.000 tonnes de débris verriers (calcin), qui ont été ensuite mélangés aux matières premières nécessaires (comme le sable) pour fabriquer de nouvelles bouteilles et pots en verre. Verallia, qui a décidé cette année d'investir 3,8 M€ dans ce site pour le moderniser, appuyé par une aide de 380.000 euros de la Région Nouvelle-Aquitaine, met en avant la fonction durable d'Everglass dont l'action de recyclage du verre s'inscrit dans l'économie circulaire.

Les vins, derrière l'eau et les jus de fruits

  • Premier enseignement, 88 % des sondés (tous adultes : avec un âge moyen de 51 ans, 52 % de femmes) se disent tout à fait (28 %) ou plutôt (60 %) sensibles aux sujets relatifs au développement durable. Ils boivent dans 84 % des cas de l'eau minérale de façon occasionnelle (11 %) ou régulièrement (73 %). Côté jus de fruits ils sont 79 % à en avaler, de façon occasionnelle (30 %) ou régulièrement (49 %).
  • Vient ensuite la question de la consommation des vins, qu'ils soient rouges, rosés ou blancs... Les sondés sont 69 % à en boire, occasionnellement (36 %) ou régulièrement (33 %). Nettement devant les sodas et thés glacés, avec un total de 55 %, les bières (53 %), les spiritueux et alcools forts (35 %), mais aussi les champagnes (30 %), les vins effervescents (26 %) et les anisés (22 %).
  • Le sondage se focalise ensuite uniquement sur les consommateurs de vin. L'idée étant de savoir dans quel type de commerce ces derniers achètent leur vin. Sans surprise 60 % des sondés déclarent acheter leur vin en grande surface occasionnellement (42 %) ou régulièrement (18 %). Ils sont 33 % à acheter là où l'ont boit, c'est-à-dire dans les restaurants, bars et brasseries occasionnellement (27 %) ou régulièrement (6 %). Ce qui signifie que 67 % des sondés n'achètent que rarement (36 %) voire jamais (31 %) de vin au restaurant, au bar ou en brasserie.


Les jeunes soutiennent les cavistes

  • Sans être très dominante la fréquentation des cavistes pour y aller acheter son vin fait de la résistance. Si 79 % des sondés n'y vont jamais ou rarement, 21 % font le déplacement occasionnellement (18 %) ou régulièrement (3 %). Il faut toutefois souligner que les plus jeunes, les 18-34 ans (baptisés « Milléniaux ») sont 24 % à aller acheter leur vin chez des cavistes. Les ventes à la propriété fédèrent 17 % des acheteurs de vins, devant les magasins Bio (12 %), les marchés (11 %) et Internet (10 %).
  • Si une écrasante majorité de sondés (88 %) se dit sensible au développement durable, les buveurs de vins ne sont que 42 % (dont 50 % de Baby-boomers -âgés de 53 ans à 72 ans) à avoir déjà entendu parler de démarches responsables dans la viticulture. Ainsi 44 % d'entre eux (dont 56 % de 18-34 ans) n'en ont jamais entendu parler et 14 % (dont 23 % de Génération silencieuse -de 73 ans et plus) ne savent pas.
  • Pour 57 % de l'ensemble des sondés (consommant cette boisson ou non) un vin responsable se doit d'être respectueux de l'environnement, sans pesticides (47 %), sans sulfites ajoutés (34 %), juste ou équitable pour le producteur (30 % -dont 40 % de Milléniaux), bio ou biologique (28 % -dont 40 % de Milléniaux), local ou régional (25 % -dont 35 % de Milléniaux), nature ou naturel (22 %), ne sait pas (14 %) ; Biodynamie (11 %), faible en teneur d'alcool (2 % -dont 5 % de Milléniaux)...

Les initiés reconnaissent d'abord l'Agriculture biologique

  • 42 % des consommateurs de vin prennent en compte la démarche responsable avant d'acheter une ou plusieurs bouteilles, tandis que 46 % ne s'en préoccupent pas et que 8 % ne savent pas.
  • Suit une batterie de réponses extraites du groupe dit des « initiés », qui boivent régulièrement ou occasionnellement du vin. Parmi ces derniers, 86 % des sondés reconnaissent le label « Agriculture biologique », 35 % le label « Vignerons développement durable », 15 % « Demeter », 11 % Haute Valeur Environnementale (HVE) et 11 % Terra Vitis. 87 % des consommateurs de vin (qui consomment du vin ne serait-ce que rarement) se disent sensibles aux pratiques culturales : c'est pour eux un engagement prioritaire.
  • La préservation du savoir-faire et du patrimoine viticole s'impose comme une priorité à 82 % de ces sondés, au même niveau que le choix des techniques de vinification.
  • Viennent ensuite le respect des collaborateurs (78 %), la maîtrise des consommations d'eau (72 %), la maîtrise des consommations énergétiques (69 %) et le choix des matériaux utilisés pour l'emballage (54 %).
  • Pour assurer la promotion d'un vin responsable les sondés sont 48 % à préférer découvrir la démarche lors de visites dans le domaine (dont 55 % de Baby-boomers). Tandis que 47 % préfèrent découvrir cette démarche au travers du produit, via un label, l'emballage, etc., 36 % via les médias (TV, presse, radio) voire les réseaux sociaux, 34 % par le biais d'une marque ou d'une cuvée dédiée, 34 % et autant grâce à une communication à travers des plaquettes de présentation ou un site Internet.

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