Après la grêle, rude bilan dans le vignoble bordelais

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(Crédits : Chambre d'agriculture de la Gironde / Twitter)
Selon les premières estimations, plus de 7.000 hectares de vignes auraient été touchés, à des degrés divers, par les violents orages de grêle le week-end dernier dans le Bordelais. L'épisode climatique, court mais destructeur, aura des conséquences économiques importantes pour une filière déjà fragilisée par le gel l'an dernier. Les pompiers girondins ont, de leur côté, effectué près de 500 interventions liées à la tempête.

Entre ceux qui ont perdu la totalité de leur récole à venir, ceux qui craignent que les dégâts sont tels qu'il leur faudra 2 ans pour remonter la pente et ceux qui ont été moins gravement touchés, les situations sont très disparates. Mais le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a estimé aujourd'hui, relayé par l'AFP, qu'entre 6.000 et 7.000 hectares de vignes (sur les 112.000 du vignoble bordelais) ont été touchés ce week-end dans le Bordelais par les violents épisodes de grêle. Les appellations Côtes de Bourg et Côtes de Blaye, dans le Nord de la Gironde, semblent avoir été les plus touchées, ainsi que Pessac-Léognan et le sud du Médoc dans un degré moindre. Un rude choc qui fait suite à une année précédente marquée par deux épisodes de gel terribles qui ont fait plonger la récolte 2017 de - 40 % en volume.

Plus au Nord, les responsables du vignoble de Cognac évoquent 10.000 hectares touchés sur les 70.000 de l'appellation.

En début de soirée lundi, la Fédération des grands vins de Bordeaux a fait passer un bilan un peu plus détaillé :

"Les surfaces grêlées atteignent près de 7.100 ha dont près de 3.400 ha le sont à plus de 80 %, compromettant la récolte 2018 et, pour certains, la récolte 2019 lorsque les bois sont très atteints. Les secteurs touchés sont, par ordre d'importance des dégâts :

  • Secteur du Blayais / Bourgeais : 5.500 ha, dont 3.000 touchés à plus de 80 %
  • Secteur du Médoc : 1.200 ha dont 400 à plus de 80 %
  • Secteur de l'Entre deux Mers : 400 ha".

Record chez les pompiers

De son côté la Chambre d'agriculture de la Gironde tiendra demain une réunion d'urgence à l'issue de laquelle elle présentera une cartographie des zones touchées.

La Fédération ajoute que dans le cadre des mesures exceptionnelles qui vont être mises en œuvre par les organisations professionnelles sous l'égide de l'Etat, elle compte demander la mise en place du dispositif de chômage partiel pour les exploitations concernées, l'activation d'un dispositif d'assistance par la Mutualité sociale agricole avec la possibilité d'échelonner les cotisations sociales ou encore la garantie par l'Etat de prêts de consolidation bancaire. Le préfet de Nouvelle-Aquitaine visitera demain matin plusieurs exploitations victimes de la grêle, en Gironde puis en Charente-Maritime. Et le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a déjà annoncé qu'il se montrerait solidaire de la filière. La sénatrice Nathalie Delattre réclame, de son côté, plusieurs mesures qu'elles jugent "essentielles" : une aide à la négociation individuelle et collective de l'assurance récolte "avec des taux de déclenchement plus bas et des bases calculées sur des prix moyens décents", la non-taxation d'une épargne de précaution que les viticulteurs pourraient provisionner en cas d'aléas, et la possibilité de stockage d'une demi-récolte par an d'avance et par chais. Actuellement, lorsque les rendements autorisés sont dépassés, la récolte doit être détruite.

Le Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde a effectué un nombre record de sortie entre vendredi soir et dimanche matin avec 832 interventions dont 499 pour des opérations diverses liées à la tempête (inondations, toitures, etc...) dans tout le département. La métropole bordelaise a concentré 591 interventions dont 416 d'opérations diverses liées à la tempête. A titre de comparaison, le seuil d'alerte en termes de mobilisation des effectifs est fixé à 500 interventions par jour. Compte tenu de la mobilisation des pompiers de Bordeaux Métropole sur les dégâts liés à la tempête, ce sont ainsi les pompiers volontaires de la caserne de Créon qui sont intervenus en première ligne dans l'incendie de la rue Fondaudège à Bordeaux !

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Commentaires
a écrit le 30/05/2018 à 8:46 :
Passer de la vigne aux pompiers ça fait bizarre ! Je ne suis pas en général pour faire deux papiers quand ça rentre dans un seule mais là je pense qu'il pouvait y avoir deux articles différents... Voir une seule dépêche afp pour les pompiers.

Monsanto et Bayer n'ont toujours pas conçu des vignes résistantes à la grêle, pas de bol...
a écrit le 30/05/2018 à 7:18 :
Les Français vont encore indemniser par le versement de subventions les dégâts a de riches producteurs vinicoles. Qu'ils se débrouillent avec leur patrimoine accumulé pendant des décennies.

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