Pour trouver des bras, la filière vin se met en lumière

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(Crédits : Agence Appa)
La filière viti-vinicole souffre d'un énorme écart entre ses besoins réels et le nombre de postulants. La première édition de la Semaine des métiers de la vigne et du vin débute donc ce lundi 12 mars avec 25 rendez-vous dédiés à l'emploi viti-vinicole partout en Gironde, afin de mettre en lumière la diversité de ses métiers et les formations qui peuvent être mobilisées.

"Le vin est un marqueur essentiel de la Gironde et Pôle emploi souhaite proposer une action forte et qualitative dans ce sens-là. Il faut qu'on aide les jeunes à se faire une autre idée de la viticulture et de la viniculture car il existe un très large panel de métiers", expliquait vendredi matin le directeur territorial de Pôle emploi Gironde Benoît Meyer, dans les locaux du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

L'événement est organisé par Pôle emploi avec le soutien de l'Anefa Gironde et du CIVB. Il présentera les formations et les recrutements en cours en s'appuyant sur un réseau d'une cinquantaine d'entreprises, et s'adresse autant aux saisonniers qu'à ceux qui souhaitent se former sur le long terme ou se reconvertir dans le secteur. Ce sera aussi "l'occasion de mettre en valeur des métiers encore méconnus", ajoute Benoît Meyer. Au programme, la découverte des métiers de la filière du bois, du bio et de la biodynamie et des séances de recrutements dans la logistique et l'embouteillage.

En Gironde, 4.000 exploitations viticoles emploient du personnel, pour un total de 50.000 salariés, selon l'Anefa et Pôle Emploi Gironde. À cela s'ajoutent également des emplois dans la tonnellerie, l'entreposage mais également dans les activités de l'œnotourisme.

Le virage environnemental emprunté par le secteur viticole bordelais tend à limiter l'utilisation des pesticides pour se tourner sur le long terme vers la biodynamie. "La diminution de l'utilisation de la chimie va entraîner l'augmentation des besoins mécaniques et humains", explique Christophe Château, directeur de la communication du CIVB. Lors de la présentation de la Semaine, il est aussi revenu sur "l'importance de l'emploi viticole" et "le fort besoin de bras et de cerveaux pour faire tourner la filière". Une vision que partage le responsable Gironde de l'Association nationale emploi formation en agriculture (Anefa) Bruno Meunier : "Le besoin en machinisme devrait plus que doubler d'ici deux à quatre ans, avec environ 4.500 permanents d'exploitations à remplacer". Avant de souligner "la difficulté à recruter aujourd'hui un vigneron tractoriste qualifié". Et ces métiers sont loin d'être masculins, avec 53% de femmes viticultrices en Gironde. Les besoins sont criants et deux chiffres le montrent bien : 70.000 embauches ont été enregistrées dans la culture de la vigne, la vinification et la fabrication de vins en 2016, alors que 6.200 demandeurs recherchaient un emploi dans la viti-viniculture fin décembre 2017.

Même si une baisse de la consommation de vin est à constater en France, elle est en augmentation dans les pays comme la Chine, avec 90 millions de bouteilles écoulées en 2017. Une demande qui s'est aussi intensifié aux Etats-Unis ces trois dernières années.

>> Le programme est à retrouver ici

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Commentaires
a écrit le 12/03/2018 à 18:13 :
il faut avoir envie de travailler en viticulture, travail sous payer, pesticides à longueur d'années, travail pénible, conditions climatiques pénibles.
il faudrait penser à augmenter le salaire afin d'attiré des bras .
20 ans de viticulture et je n'y retournerais pas pour tout l'or du monde.
Il est temps de penser aux ouvriers qui s'empoisonnent en faisant ces travaux viticoles !

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