2017, tournant pour le ferroviaire en Nouvelle-Aquitaine ?

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La fréquentation des TER Nouvelle-Aquitaine a baissé de près de 6% en 2016 et les recettes directes ont diminué de 5,9% par rapport à 2015.
La fréquentation des TER Nouvelle-Aquitaine a baissé de près de 6% en 2016 et les recettes directes ont diminué de 5,9% par rapport à 2015. (Crédits : CRA)
L’offre ferroviaire va être chamboulée avec l’arrivée de la LGV le 2 juillet prochain. La Région Nouvelle-Aquitaine annonce un "big bang" ferroviaire avec la mise en place de nouvelles grilles pour les TER et de nouveaux horaires. La Région est optimiste quant à la réduction de temps de parcours. Elle l’est beaucoup moins quand elle évoque la chute de la fréquentation en 2016, les problèmes de ponctualité et de fiabilité des trains. En ligne de mire : SNCF Réseau.

"Nous avons l'ambition que 2017 marque un tournant dans le ferroviaire." Renaud Lagrave, vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge des infrastructures et des transports, ne mâche pas ses mots en abordant le sujet du ferroviaire. "Cette année sera déterminante à plus d'un titre", insiste-il.

Une offre TER adaptée à la LGV

2017 sera surtout l'année de l'arrivée de la LGV, précisément le 2 juillet prochain, qui aura pour conséquence des changements radicaux sur tous nos territoires.

"L'offre TER sera calée sur celle de la ligne à grande vitesse. Cela a été un travail de romain de pouvoir bouleverser l'offre sur l'ensemble de la région mais tous les horaires changeront bel et bien. La LGV constituera de fait un axe structurant pour la mobilité en Nouvelle-Aquitaine", explique Renaud Lagrave qui met parallèlement en avant l'harmonisation tarifaire débutée en 2016. "Le covoiturage historique, c'était le train",  rappelle-t-il. "Nous poursuivons dans cette direction."

Harmonisation tarifaire

"Nous proposons déjà un tarif tribu pour les mini-groupes (plus de 100.000 billets vendus en 2016), un forfait pass océan vers la Côte Atlantique pour l'été, Fest'TER qui propose 50 % de réduction pour se rendre aux événements majeurs ciblés par la Région (+47 % de billets vendus en 2016 par rapport à 2015). Lors de la prochaine séance plénière, le 10 avril, j'aurai le plaisir de proposer deux nouveaux tarifs : un tarif jeune et un tarif scolaire. Enfin, l'harmonisation des abonnements et des tarifs sociaux est en cours d'étude et devrait intervenir d'ici à fin 2017, courant 2018."

Les questions liées aux horaires, à la qualité du service et aux travaux d'infrastructures pourront d'ailleurs être abordées lors des comités de lignes TER. La première réunion aura lieu le 3 avril prochain à Biganos. "Cela sera l'occasion de dire ce qui va et surtout ce qui ne va pas."

La SNCF demande des comptes à SNCF Réseau

En la matière, Renaud Lagrave a déjà sa petite idée. Là, il ne parle ni des horaires ni de l'offre, mais du déficit de fiabilité et d'une ponctualité qui n'est pas au rendez-vous.

"Les résultats de 2016 ne sont pas satisfaisants, loin de là, puisque la fréquentation a baissé de près de 6 %. Pour nous, Région, autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs en charge des dessertes et des gares TER, c'est proprement scandaleux. Tous les jours, on nous annonce des limitations de vitesse, des travaux en retard et je ne parle pas d'une ligne en particulier, je parle de toutes les lignes ! Avec Alain Rousset, président du Conseil régional, nous avons demandé à Patrick Jeantet, président directeur général de SNCF Réseau, un plan d'urgence d'investissement. Les investissements réalisés par SNCF Réseau ne sont pas à la hauteur des enjeux et du financement de la Région qui verse plusieurs millions d'euros par an dans le cadre de la maintenance du réseau. Que font-ils avec cet argent ? Nous n'avons pas de réponse",  lâche Renaud Lagrave.

La Région rappelle également avoir financé un vaste programme de modernisation du transport ferroviaire régional en faisant une commande massive de nouveaux matériels Régiolis et Régio2N (trains à deux niveaux). Cet effort régional porte sur un montant total de 485 M€.

La Région Nouvelle-Aquitaine qui récupérera la compétence du transport interurbain et scolaire à partir du 1er septembre prépare actuellement le schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire qui disposera d'un volet mobilité. "Les semaines et le mois qui viennent seront chargés", souligne Renaud Lagrave.

"J'annoncerai par ailleurs le 10 avril en séance plénière un syndicat mixte de la mobilité. Quant à la question de la LGV au sud de Bordeaux, elle reste d'actualité. Je précise que ce n'est pas une demande de la Région mais de la Commission européenne. C'est un axe stratégique pour irriguer la péninsule ibérique."

En Nouvelle-Aquitaine,  53.000 personnes prennent le TER chaque jour.

"Nous avons l'ambition que les voyageurs soient plus nombreux à l'avenir. Mais, pour y parvenir, vous l'aurez compris, nous attendons des réponses", conclut Renaud Lagrave.

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a écrit le 19/06/2017 à 13:49 :
J'habite le long de la voie du TER 33 reliant Bordeaux au Médoc. Il passe 41 trains par jour dans les deux sens sur une amplitude de 14 heures. Il n'y a que 5 à 15 passagers par rame, et même fréquemment aucun ! Cela représente entre 200 et 300 passagers par jour, en étant très optimiste.
Peut-on accepter le coût d'exploitation exorbitant de cette ligne pour quelques centaines de passagers? Je ne parle pas de supprimer cette ligne, mais de diminuer drastiquement le nombre de trains, au profit de lignes surchargées.
a écrit le 29/03/2017 à 14:36 :
La Région devrait cesser de proférer des contre-vérités."Quant à la question de la LGV au sud de Bordeaux, elle reste d'actualité. Je précise que ce n'est pas une demande de la Région mais de la Commission européenne." dit Monsieur Lagrave. CECI EST TOTALEMENT FAUX. L’UE n’exige aucunement la création de lignes nouvelles à grande vitesse de la part de ses états membres mais recommande :
- une utilisation optimale des capacités existantes
- une interopérabilité des réseaux
- une résorption des goulets d’étranglements
- une compatibilité des systèmes
- un comblement des chaînons manquants

(DÉCISION N° 1692/96/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 23 juillet 1996 sur les orientations communautaires pour le développement du réseau) transeuropéen de transport. Le règlement (UE) No 1315/2013 du parlement européen et du conseil de l'Europe précise : "Le réseau transeuropéen de transport devrait être développé à travers la création de nouvelles infrastructures de transport, à travers la réhabilitation et la modernisation des infrastructures existantes ainsi que par des mesures visant à promouvoir une utilisation économe en ressources de ces infrastructures."
a écrit le 28/03/2017 à 7:38 :
Quand est-ce qu'il y aura un veritable RER autour des villes en France. L'Allemagne, la Suisse, l'Autriche et d'autres pays en Europe ont déjà des réseaux pour les villes de plus de 50'000 habitants.
La seule ville en France qui aura un tel réseau est Annemasse, grâce à Genève dès 2019 avec un horaire cadancé à 15 ou 30 minutes.
www.lemanexpress.ch ou www.ceva-france.fr

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