Patrick Seguin : retour sur le parcours du futur président de la CCI Bordeaux Gironde

 |   |  1022  mots
Patrick Seguin reste président de la société mérignacaise Greease.
Patrick Seguin reste président de la société mérignacaise Greease. (Crédits : Agence Appa)
Le 6 mars prochain, Patrick Seguin sera le seul candidat en lice à se présenter à la présidence de la Chambre de commerce et de d'industrie Bordeaux Gironde. Après la présentation de sa feuille de route, 2e partie de notre entretien sur son parcours personnel et professionnel, hors des sentiers battus.

"Souffler ? Je n'aime pas." 2 phrases, 5 mots mais déjà beaucoup de choses dites. Patrick Seguin aurait pu prendre une retraite bien méritée. Au lieu de cela, le voilà bientôt élu à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Bordeaux Gironde. Une situation "inimaginable" de son propre aveu il y a encore quelques mois. Sa candidature d'union Medef-CGPME, la seule, sera soumise aux votes du bureau consulaire le 6 mars. Sauf raz-de-marée, la présidence ne lui échappera pas.

Lors du long entretien qu'il a accordé à La Tribune mi-février, Patrick Seguin a présenté la feuille de route offensive qu'il compte mettre en œuvre dans les prochains mois. Mais il est aussi revenu sur son parcours personnel et professionnel. Ce Charentais de naissance revendique sans ambages ne posséder aucun diplôme. Un total autodidacte. Pas son dessein, plutôt son destin :

"Je suis né dans une famille très modeste au sud de Cognac, éclaire-t-il. Nous étions 6 enfants. Mon père avait une petite entreprise de transport de sable et de gravier, pour approvisionner les maçons notamment sur leurs chantiers. Il avait deux employés. Un mardi matin, il a dû partir à l'hôpital. Je me suis retrouvé à 16 ans à sa place au lieu d'aller à l'école."

L'aménagement du territoire comme fil conducteur

De retour du service militaire, Patrick Seguin part pour un stage d'un an, sorte de tour de France sur le modèle du compagnonnage. Entre 1977 et 1994, il va alors voguer de poste en poste, toujours dans l'univers de l'aménagement du territoire, jusqu'à celui de directeur général. Au total vont s'enchaîner 14 déménagements sur cette période, avec femme et 3 enfants. Un temps à Abidjan, un autre à Tombouctou, puis une période de stabilisation à Compiègne, dans l'Oise, où il s'établit en tant que DG d'une entreprise familiale, Barriquand, exploitant une technologie sous licence américaine dans l'assainissement de l'eau.

"Nous ne pouvions pas couvrir tout le territoire et nous avons donc signé un contrat avec une autre société, SOC, qui s'occupait du Sud de la France. J'ai vite sympathisé avec le dirigeant de l'époque, Claude de Kerhor, reprend Patrick Seguin. Je me suis proposé pour reprendre l'entreprise. Claude voulait plutôt me recruter comme DG. Il a mis deux ans à se décider. J'ai failli tout quitter, j'avais une autre opportunité à Toulouse et j'ai bien fait de ne pas y aller : la société a fait faillite 6 mois après !"

Reprises, restructurations

Patrick Seguin arrive donc à Bordeaux en 1997 et développe la SOC, "qui n'était pas en très bonne santé mais qui avait des compétences humaines et un vrai savoir-faire". Avec son associé il restructure l'entreprise, qui réalisait alors 9 M€ de CA et perdait 100.000 € par an. 2002, la SOC reprend, restructure puis développe un de ses sous-traitants, Techniréseaux, qui utilise des robots pour réparer les canalisations. 2007, la SOC va bien mieux, les propositions de rachat ne manquent pas et Patrick Seguin se pose la question de reprendre ou non les parts de son associé, sur le chemin de la retraite. Sentant le vent de la crise de 2008 arriver, il choisit plutôt une autre voix plus sécurisante pour l'entreprise :

"Au salon Pollutec de Lyon, j'ai rencontré par hasard le directeur général de NGE, premier groupe indépendant de travaux publics multimétiers en France. Une semaine après, il venait à Bordeaux. La cession s'est faite sur une simple feuille A4 et s'est passée à merveille."

Patrick Seguin reste président de la SOC pendant deux ans sans plus en être actionnaire et finit par tourner cette page fin 2009. La retraite ne le tente toujours pas : "Je voulais rester chef d'entreprise. Par l'intermédiaire de la CCI j'ai rencontré deux petites sociétés, ICSE et Kel'Air, avec toutes deux un savoir-faire sur des marchés de niche et qui cherchaient un accompagnement et de l'argent." Le dirigeant bordelais opère la même recette : il entre au capital des deux bureaux d'études, restructure et réoriente vers le marché de l'efficacité sanitaire, et fusionne les deux entités qui adoptent la marque Greease. Lui fixe l'orientation en tant que président, un nouveau DG gère l'opérationnel. Installée à Mérignac, Greease réalise aujourd'hui 1,7 M€ de chiffre d'affaires et dégage 7 % de marge nette.

"J'ai appris mon métier de dirigeant au CJD"

Ce poste de président de Greease, Patrick Seguin va le conserver et lui consacrera deux demi-journées par semaine. Ses autres engagements ne manquent pas. "J'ai toujours été militant patronal", revendique celui qui intègre l'Union patronale en 1994 dans l'Oise et qui évolue pendant presque 20 ans au Centre des jeunes dirigeants - "C'est là que j'ai appris le métier de dirigeant". Passé par la présidence d'une Jeune Chambre économique, Patrick Seguin s'implique dans le Medef girondin dès 1997, intègre son conseil d'administration il y a plus de 10 ans, devient membre associé puis membre titulaire à la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux, préside la commission paritaire régionale lors du dernier mandat consulaire ainsi que le Centre de médiation de Bordeaux.

Lire aussi : CCI Bordeaux Gironde : la feuille de route offensive du futur président Patrick Seguin

Quelle que soit la charge de travail future, Patrick Seguin compte bien en tout cas préserver ses engagements personnels dans Mécénat chirurgie cardiaque, avec qui il accueille des enfants étrangers dans l'attente de leur opération cardiaque à Bordeaux, et dans l'association Les Yeux d'Aïcha : "Quel que soit mon emploi du temps, cela ne changera pas." Cela nécessitera sans doute quelques virages serrés. Pas de quoi effrayer ce pilote détenteur, comme son épouse co-pilote, d'une licence sportive de la Fédération internationale automobile leur permettant de courir au plus haut niveau dans les grands rallyes-raids internationaux. A son palmarès figure notamment la première place lors du Dakar 2016 dans la catégorie des camions de courses T4-3, couru sous les couleurs de Mécénat chirurgie cardiaque.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :