Le Département de la Gironde tient son budget

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Jean-Luc Gleyze entouré par une partie de ses vice-présidentes et vice-présidents
Jean-Luc Gleyze entouré par une partie de ses vice-présidentes et vice-présidents (Crédits : J. Philippe Déjean)
Le Conseil départemental de Gironde se prépare au transfert à la Région de la compétence transports, à l’arrivée des migrants, et à la perte de 38 M€ de dotations d’Etat en 2017.

Jean-Luc Gleyze, président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, a choisi le pôle territorial de solidarité des Graves MDSI, à Talence, pour faire sa rentrée, entouré de ses vice-présidentes et vice-présidents. Il a réaffirmé que, face au démantèlement de la jungle de Calais, bidonville où sont bloqués par Londres près de 9.000 migrants en route pour le Royaume-Uni, "la Gironde sera terre d'accueil". Le Département devrait ainsi décider en assemblée plénière, la semaine prochaine, de mobiliser les installations de la base de loisirs d'Hostens, en sud Gironde, pour accueillir des migrants de Calais dans l'attente de l'instruction de leurs dossiers.

"900 de ces migrants sont attendus en Nouvelle-Aquitaine dont 300 en Gironde. Un centre d'accueil et d'orientation va être installé et Hostens devrait accueillir 10 % environ de ces 300 migrants, pour une durée comprise entre 45 jours et 5 mois maxi. En hiver il y a moins de monde à Hostens", relève le président de la Gironde. Les effets de loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) constituent une autre préoccupation majeure pour le président de l'assemblée départementale. Le nombre des transferts augmente.

Transports, 6 M€ de budget

"La Région n'a pas encore annoncé si elle prenait la totalité de la compétence transport, qui va du transport interurbain au transport scolaire en passant par le transport à la demande. Mais il semble bien que la Région soit prête à prendre la totalité du transport. Le transport scolaire aurait peut-être pu rester au Département... mais nous ne garderont pas cette responsabilité en agissant pour le compte de la Région. Le transport collectif c'est de la dentelle. Nous n'allons pas faire le front office pour le compte de tiers : le moindre horaire qui coince et c'est une avalanche de problèmes", éclaire Jean-Luc Gleyze.

Si la Région décide d'intégrer la totalité des services de transports du Département le transfert se fera en un bloc le 1er septembre 2017. La compétence transport concerne une centaine d'agents départementaux (sur les 6.500 du Conseil départemental) et représente un budget annuel de 6 M€. Des moyens qui seront transférés au Conseil régional si la Nouvelle-Aquitaine confirme la prise en main des transports collectifs. Les autres transferts codés par la loi Notre se font du Département en direction de la Métropole et restent cantonnés à son périmètre. Il s'agit du Fonds social logement, du fonds d'aide aux jeunes, du tourisme et des routes.

La Gironde bientôt à l'orange

"De toutes ces compétences c'est celle des transports qui est la plus importante. Le Département n'est pas en train de se liquéfier, de disparaître. L'action sociale reste le socle de notre action, avec 850 M€ de budget, nous assurons aussi la gestion des collèges et des voies de communication hors de Bordeaux Métropole", décortique le président du Département.

On s'en souvient, en début de mandat Jean-Luc Gleyze a tenu à augmenter les impôts pour préserver sa capacité d'investissement, tout en annonçant un programme d'économies en interne. Alors que la baisse des dotations d'Etat aux conseils départementaux continue à faire monter la charge financière sur le dos des ménages, Jean-Luc Gleyze, à la tête d'un département financièrement plutôt solide, garde encore une certaine marge de manœuvre.

"Le fonds de soutien de 250 M€ annoncé par Jean-Michel Baylet (ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, NDLR) au congrès de l'Association des départements de France, auquel s'ajoutent 50 M€ d'accompagnement à l'insertion, ce n'est pas forcément suffisant : 20 à 40 départements seront dans le rouge d'ici fin 2017. La Gironde ça va, mais nous allons bientôt passer à l'orange. La croissance du RSA (revenu de solidarité active) s'atténue, à 19 M€ par an, la prestation de compensation du handicap (PCH) progresse de 18 % et l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) de 3 %. En 2017, avec la baisse des dotations de l'Etat, le Département devra économiser 38 M€", prévient Jean-Luc Gleyze.

1 Md€ d'investissement maintenu

Le maintien de l'évolution de la masse salariale à 1 % et la réduction des frais généraux se doublent ainsi d'une réflexion pour arriver à économiser "sur certaines politiques publiques". Jean-Luc Gleyze maintient son programme d'investissement, de 1 Md€ sur cinq ans, et continue à soutenir le développement de l'agence d'ingénierie qui servira ensuite d'appui technique aux collectivités locales.

L'innovation sociale, notamment sur le revenu de base, est une des préoccupations fortes de la majorité départementale, qui a également piloté l'installation d'une mutuelle de village, dans la communauté de communes du Vallon de l'Artolie, en sud Gironde. Il s'agit d'une mutuelle dont les prestations ont été adaptées aux attentes de la population locale. Un exemple qui devrait être repris dans d'autres territoires du Département.

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