Les infrastructures de transport à la peine au Pays basque

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Des aménagements paysagers aux abords de l'autoroute A63 entre Biriatou et Biarritz sont prévus après l’arrachage de centaines d’arbres.
Des aménagements paysagers aux abords de l'autoroute A63 entre Biriatou et Biarritz sont prévus après l’arrachage de centaines d’arbres. (Crédits : N.H.)
Les trafics aériens et ferroviaires sont en baisse pour les dix premiers mois de l’année. Côté portuaire, les voyants sont également au rouge, seule la route poursuit son développement entre Adour et Bidassoa.

British Airways annonce son arrivée et Air France vient tout juste de confirmer la reprise, en mars 2016, de sa ligne Biarritz - Paris-Roissy après sept ans d'arrêt, mais les résultats enregistrés par l'aéroport du Pays basque entre janvier et août 2015 sont en baisse de 2,6 % par rapport à 2014, soit une perte de 19.085 passagers. Néanmoins, le trafic international progresse avec pour les liaisons vers Londres une augmentation de 4 % soit près de 100.000 passagers supplémentaires sur les neuf premiers mois de l'année. La rotation avec Genève est également en forte hausse (+46,6 %) notamment grâce à la venue d'une troisième compagnie, Swiss, depuis juin 2015.

Quant aux lignes avec l'Europe du Nord, en dépit d'importantes campagnes de communication, elles sont à la peine (-28,8 %) sur Stockholm et Copenhague. Seule la liaison avec Helsinki connait une croissance de 16,4 %. Pourtant l'accessibilité est d'une importance majeure pour le développement économique du Pays basque.

Comme le précise le président de la CCIT, André Garreta, "Dans une économie ouverte et mondialisée où les marchés n'ont pas de frontière, le transport aérien devient un enjeu déterminant. Ses insuffisances sont autant de freins à la croissance. Des pans entiers de l'économie du Pays basque dépendent du marché mondial et donc de liaisons aériennes performantes. C'est vrai du secteur industriel, comme la filière aéronautique ou les industries de la glisse, dont les exportations dans la valeur ajoutée sont dominantes. C'est vrai aussi de la filière touristique et en particulier du tourisme d'affaire et des congrès."

Gares et port en rade

Côté rail, la situation n'est guère plus favorable. Dans les principales gares du Pays basque, sur la période janvier-août 2015, le recul est de 6,4 %. Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz ont ainsi enregistré 63.454 passagers de moins. Alors que les prévisions pour 2025  concernant les flux de voyageurs et de marchandises indiquent respectivement des hausses comprises entre 54 et 109 % pour les premiers et entre 68 % et 123 % pour les seconds, le ralentissement qui persiste depuis 2014 pose question. D'autant que les tergiversations sur la future LGV Bordeaux-Hendaye et son raccordement hypothétique à l'Y basque, versant espagnol, sont toujours durablement d'actualité.

Dans les eaux de l'Adour, l'avenir n'est pas plus clair. Sur les neufs premiers mois de l'année 2015, le trafic du port de Bayonne s'établit à 1.681.738 tonnes, soit une baisse de 12,5 % par rapport à l'an dernier qui enregistrait déjà un recul de 7,7 %. Pour la CCI basque, cette nouvelle diminution s'explique en partie par l'arrêt de production prolongé et conséquent, au début de l'année, du groupe sidérurgique Celsa, la baisse des volumes d'engrais solides en raison des récoltes décalées durant la saison 2015  et du report par les industriels d'une partie des commandes sur le premier trimestre 2016.

Pour enrayer cette chute et relancer l'activité, la CCI locale, gestionnaire du port, mise sur le rail. Si le port basque est le 9e port français en tonnage, il est le 5e pour sa connectivité mer-rail avec 9 km de voies ferrées intégrées à l'infrastructure portuaire sur les berges de l'Adour.

L'opérateur ferroviaire de proximité contesté par la CGT

Porteuse du projet, la CCI Bayonne - Pays basque voit, avec plusieurs industriels locaux, dans la création d'un opérateur ferroviaire de proximité (OFP) un outil de développement et un atout territorial majeur. Toutefois, avant même de connaître les contours exacts de ce projet, la CGT-Cheminots de Bayonne et d'Hendaye a d'ores et déjà annoncé son opposition à la création d'un OFP sur le port de Bayonne. Cet OFP devrait cibler principalement trois marchés : le sud des Landes, le bassin de Lacq et le Pays basque espagnol.

Si le salut du port basque ne venait pas du rail, il pourrait accompagner la croissance bleue. Une hydrolienne fluviale, Urabaila, a été plongée dans les eaux de l'Adour. Dotées d'une puissance 18 KW, les deux turbines fourniront l'énergie à la CCI  installée à proximité. Cette hydrolienne expérimentale de Bertin Technologies (Tarnos) est aussi un test dans le cadre de projets de réalisation de fermes d'hydroliennes sur l'ensemble du territoire national.

La route entre mobilités et disparités

Mais ce sont les infrastructures routières et surtout l'autoroute qui voient le trafic continuer de croître. Alors que la population de l'Agglomération bayonnaise, comme celle de son bassin de vie, augmente deux fois plus vite que la moyenne nationale et concentre sur ce territoire près de 410.000 déplacements quotidiens, le recours à la voiture y est l'un des plus élevés de France. Si un plan de déplacement urbain 2015-2025 a bien été initié par l'Agglomération Côte basque Adour (ACBA) et le plan vélo accéléré, seulement 5 % de la population y emprunte les transports en commun.

Avec une hausse démographique annoncée de 20.000 personnes sur la côte basque d'ici à 2020, le littoral pourrait compter jusqu'à 12.800 voitures supplémentaires. De quoi inquiéter élus locaux et spécialistes des maladies liées à la pollution !

Si le Syndicat local des transports et l'ACBA ont bien impulsé et développé le réseau Chronoplus en constatant même une hausse de 30 % de fréquentation des bus depuis 2011, force est de constater que les échanges entre le nord et le sud du littoral tout comme avec le Pays basque intérieur peuvent s'avérer des plus complexes et surtout des plus longs via le réseau local. Côté autoroute, le chantier d'aménagement de l'A63 bat son plein pour atteindre l'objectif de livrer d'ici 2018, une autoroute à 2x3 voies, sur 22 km entre Biarritz et la frontière espagnole.

L'autocar crée la surprise

Selon les chiffres donnés par Vinci Autoroutes, la circulation quotidienne entre Biriatou et la barrière de péage de Biarritz est de 36.500 véhicules dont 8.500 poids lourds dans les deux sens et peut atteindre des pics de 72.000 passages lors de certains week-ends estivaux. C'est une augmentation de trafic de 3,8 % en 2014. Et cet axe important à l'échelle régionale, nationale et internationale pourrait voir son trafic passer à 45.000 passages quotidiens.

L'autocar crée également la surprise. Avec la libéralisation de ce mode transport générée par la loi  Macron, trois nouveaux opérateurs ont fait leur apparition au Pays basque : Isilines, Starshipper et FlixBus pour des voyages vers Paris, Bordeaux ou Toulouse. Si le car est gagnant sur les tarifs, le taux de remplissage des bus, notamment hors période estivale, oscillerait entre 20 et 70 % selon les opérateurs. De quoi remplir un peu plus les axes autoroutiers.

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Commentaires
a écrit le 19/11/2015 à 9:04 :
Bonjour,

La CGT Cheminot travaille depuis plus de 2 anset demi sur ce projet, les cheminots connaissent très bien les contours exacts de ce projet.
Ce projet est inutil et ne va pas développer le trafic du port de Bayonne, le problème du port de Bayonne ce n'est pas l'accès au ferroviaire puisqu'il est déjà desservi par la SNCF est que tois les clients qui le veulent peuvent avoir recours au ferroviaire.
Celsa et le fondoir a souffre par exemple y ont recours.
Les sillos de Maisica possèdent des installations ferroviaires mais préfèrent utiliser le camion qui est et restera moins cher OFP ou pas....

Vous pouvez d'ailleurs me contacter si vous souhaitez plus de renseignements (vous avez mon mail), ceci afin de rectifier la teneur de votre article (ne faut il pas connaître les contours exacts d'un sujet avant de le critiquer ?)

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