Le studio bordelais d'Ubisoft, officiellement inauguré, continue à embaucher

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Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft
Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft (Crédits : Agence Appa)
Le n°3 mondial du jeu vidéo a inauguré hier son nouveau studio de Bordeaux, le premier créé en France depuis une décennie. Pour son PDG Yves Guillemot, l'Hexagone a tous les atouts en main pour continuer à performer sur la scène internationale et Bordeaux apportera sa pierre à l'édifice, avec des équipes qui devraient passer de 37 personnes actuellement à plus de 200 en vitesse de croisière.

Grosse foule hier soir dans les locaux qu'Ubisoft a intégré il y a un mois rue Lucien Faure, dans un quartier des Bassins à flot en voie de "digitalisation accélérée" avec les arrivées réalisées ou prévues d'Ubisoft donc, mais aussi d'OVH, Niji, de Mama Works... L'éditeur de jeux vidéo a pris possession d'un vaste plateau où trônent les références de ses blockbusters : Les Lapins crétins, Just Dance... Bordeaux est le 8e studio du groupe (1,7 milliard d'euros de CA) en France, et le premier ouvert depuis plus de 20 ans dans l'Hexagone. Il est appelé dans un premier temps à travailler sur les grandes franchises du groupe, avant de plancher sur les futurs cartons planétaires. 37 salariés le font vivre pour l'instant, un total qui devrait fortement progresser dans les prochains mois puisqu'Yves Guillemot ambitionne de créer à terme plus de 200 emplois.

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Rappelant que l'industrie du jeu vidéo est prospère avec plus de 100 milliards de dollars de revenus au plan mondial, le PDG du groupe a, dans son discours, rappelé que cette filière est celle qui progresse le plus parmi le secteur des loisirs et qu'elle s'avère être un formidable terrain de jeux pour les nouvelles technologies que sont le cloud, la réalité virtuelle ou augmentée... Yves Guillemot a surtout insisté sur "l'excellence de la formation française" et juré que "sur le plan créatif, les Français font la différence". Glissant au passage qu'Ubisoft était aussi un groupe indépendant, allusion à peine voilée à la guerre larvée que le studio livre à son principal actionnaire, Vivendi, depuis deux ans, ce dernier refusant entre autres récemment la distribution gratuite d'actions aux meilleurs salariés d'Ubisoft.

La réputation bordelaise

Prenant le relais sur scène, Julien Mayeux, pilote local du studio, et Xavier Poix, directeur des studios français du groupe, ont souligné que plus de 3.000 candidatures avaient été reçues depuis l'annonce de la création du site il y a six mois. Un chiffre lié selon eux à la capacité d'attraction d'Ubisoft mais aussi "à la réputation de Bordeaux, à ses compétences et à son historique en matière de jeux vidéo, à ses écoles de très bonne qualité". Tous deux ont également expliqué que plusieurs partenariats avaient été noués avec les laboratoires de recherche régionaux, Labri-CNRS, Inria et Cnam Angoulême en tête.

Vice-présidente de Bordeaux Métropole et première adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'Economie, de l'Emploi et de la Croissance durable, Virginie Calmels a loué les qualités d'Yves Guillemot, "un vrai entrepreneur", et celles de son équipe capable d'allier "idées et exécution" au plan international. Elle a également fait le vœu qu'Ubisoft devienne un ambassadeur du savoir-faire local et que le groupe soit capable de "tirer vers le haut les startups et les talents tout en contribuant au rayonnement du territoire".

Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset lui a disputé les liens d'amitié que l'un et l'autre entretiennent avec Nicolas Gaume, figure historique bordelaise du jeu vidéo avec sa société Kalisto, aujourd'hui patron des relations stratégiques monde de Microsoft : "On ne s'approprie pas Nicolas Gaume ! Et je le connais depuis plus longtemps." Sourire au pupitre et dans l'assistance... Alain Rousset qui n'a pas caché qu'il avait réservé un accueil très frais à l'état-major d'Ubisoft lors de leur première rencontre : "J'imaginais ce studio à Angoulême, au Pôle image. Je leur ai donc dit : vous allez à Angoulême ou je ne vous aide pas !" Ubisoft maintiendra sa décision mais cela n'empêche pas Alain Rousset de souligner que les engagements pris par le studio, notamment avec les écoles angoumoisines, sont respectés et que les deux territoires sont "en complémentarité, pas en opposition". Un toujours délicat exercice d'équilibre territorial que le préfet de Nouvelle-Aquitaine Pierre Dartout a souligné, rappelant tout à la fois "l'attachement de l'Etat à créer des pôles d'excellence" et le rôle primordial des métropoles dans la croissance des régions.

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