Bordeaux Fintech va scruter le secteur à la loupe

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Bordeaux Fintech en est à sa 3e édition
Bordeaux Fintech en est à sa 3e édition (Crédits : DR)
Les 5 et 6 octobre prochains, Bordeaux Fintech s'installe à Bordeaux pour analyser les tendances de la fintech. La finance à l'heure 3.0, c'est du 100 % digital, des relations clients repensées, des nouveaux services avec l'intelligence artificielle, la blockchain... Autant de sujets qui interrogeront les professionnels comme le grand public à l'occasion de cette 3e édition.

C'est l'un des sujets à la mode ces derniers mois : la blockchain. Cette technologie permet notamment d'authentifier une transaction et, sécurisée, transparente, fonctionne sans organe central de contrôle. Certaines blockchains sont publiques, d'autres privées, mais chacune s'apparente à un livre de comptes ou chacun peut écrire mais pas supprimer la moindre information. Considérée comme inviolable et infalsifiable, la blockchain est "en train de s'accélérer", entrevoit Louis Alexandre de Froissard, l'organisateur de Bordeaux Fintech avec Montaigne Conseil. Particulièrement autour des différentes cryptomonnaies, Bitcoin et Ether en tête.

"Lors d'une levée de fond par exemple, des gens émettent des jetons et vous proposent un droit aux dividendes ou revenus futurs, ajoute Louis Alexandre de Froissard. Cette monnaie virtuelle est vendue et correspond à un revenu ou à un droit. C'est une augmentation de capital, mais sans diluer votre pouvoir. Les gens peuvent donc récolter de l'argent sans régulateur."

Une manière de faire qui pourrait arriver rapidement dans notre quotidien, mais qui pour le moment génère encore encore des doutes chez Louis Alexandre de Froissard, pointant du doigt certaines dérives liées aux cryptomonnaies :

"Vous imaginez bien qu'il y a plein de petits malins qui ont compris comment récolter beaucoup d'argent. D'ailleurs la Chine vient d'interdire les levées de fonds en cryptomonnaies."

La plateforme bordelaise participative Lumo utilise déjà son côté la cryptomonnaie SolarCoin pour ses levées de fond orientées dans les énergies renouvelables. Désormais elle utilise également la blockchain. Non seulement pour la gestion d'outils financiers participatifs, mais également pour émettre des certificats de décarbonisation, bien moins coûteux ainsi.

Lire aussi : La levée de fonds en monnaie virtuelle ou "ICO" arrive en France

L'intelligence artificielle améliore-t-elle la relation client ?

Vous avez besoin de poser une question à votre conseiller en pleine nuit, un week-end ? Vous pourrez discuter avec un robot autonome, un chatbot capable de répondre à vos questions. Pour une démarche de demande d'emprunt, par exemple, il lui sera possible de vérifier la conformité des pièces envoyées. En revanche, pour la négociation du taux, il va toujours falloir passer par votre conseiller bancaire...

L'intelligence artificielle va aussi améliorer la relation client dans les banques : c'est le "conseil augmenté". Nous laissons tous des informations sur nos manières de vivre à chaque fois que nous utilisons Internet. Que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les recherches effectuées... Grâce à toutes ces données disséminées, la relation avec son banquier pourrait bien changer, les conseillers bancaires s'appuyant dessus pour émettre des propositions de produits adaptés au plus près des centres d'intérêts de leurs clients.

"Avec les réseaux sociaux, ce que nous faisons avec nos smartphones, les mouvements des comptes, détaille Louis Alexandre de Froissard, les grosses structures vont pouvoir mieux anticiper les mouvements du client."

IBM sera justement représentée à Bordeaux Fintech et expliquera quels sont les atouts de Watson, son programme d'intelligence artificielle, pour les banques et les entreprises.

La question de la protection des données personnelles risque une fois de plus d'être posée : à qui appartiennent-elles ?

"C'est toute la limite, concède Louis Alexandre de Froissard. Mais d'un autre côté avec l'intelligence artificielle, demain nous pourrons automatiser des procédures. Elle pourra par exemple demander des justificatifs aux clients tous les ans. Ainsi, nous pourrons nous concentrer avec ce même client sur les vrais sujets : ses projets. Ces rendez-vous à valeur ajoutée peuvent s'appliquer à tout type d'entreprise."

L'open banking, quand le banquier devient coach

Une autre manière de gérer la relation client, mais cette fois avec l'assentiment du principal concerné, c'est l'open banking. Il s'agit de partager ses informations bancaires avec une plateforme choisie et d'obtenir un coaching personnalisé en fonction de ses besoins et de ses difficultés. La technologie semble reprendre du poil de la bête, et c'est justement le fil rouge de cette édition de Bordeaux Fintech 2017. Il devient possible d'émettre une facture avec un lien pour être payé en carte bancaire, d'obtenir des informations pour mieux gérer ses comptes, et de payer soi-même moins cher les services.

Le financement des entreprises n'échappe pas à ces tendances. Le crowdlending, autrement dit le prêt d'argent à des TPE, des PME et même les particuliers, de manière participative, fera partie des sujets présentés à Bordeaux Fintech 2017. Une étude de Montaigne Conseil réalisée au niveau européen reviendra d'ailleurs sur les rendements observés. Le taux d'intérêt peut y être attractif, certaines plateformes proposant jusqu'à un rendement de 12 % par an et par projet.

"Les taux de rendement sont assez élevés, entre 6 et 7 %, précise Louis Alexandre de Froissard, également gérant du cabinet conseil Montaigne Patrimoine. Nous proposons cette solution à nos clients autant par conviction que par souci de performance."

Toutes ces innovations seront également présentées au grand public, notamment à travers le concours de pitchs du 5 octobre. Une première pour Bordeaux Fintech, dont le but initial était justement de "contribuer à la vulgarisation de la digitalisation du secteur financier" :

"On veut que l'épargnant se réapproprie les décisions financières. Qu'il se réapproprie son argent. Plus les épargnants sont éduqués, mieux ils pourront gérer et peut-être qu'ils pourront plus tard prêter leur argent aux TPE et PME", assure Louis Alexandre de Froissard.

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