L’A63 va expérimenter la route solaire dans les Landes

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Olivier Quoy, directeur général d'Atlandes (à gauche) et Pascal Duhoo, responsable Wattway chez Colas (à droite).
Olivier Quoy, directeur général d'Atlandes (à gauche) et Pascal Duhoo, responsable Wattway chez Colas (à droite). (Crédits : DR)
La route solaire arrive dans les Landes. Un revêtement solaire de 50 m2 sera posé mi-mai pour alimenter la gare de péage de Saugnacq-et-Muret. Après cinq années de recherche menées par Colas et l’Institut national de l’énergie solaire, le projet Wattway est testé depuis moins d’un an en France.

Il aura fallu cinq ans de recherche pour que la route solaire devienne une réalité il y a un peu moins d'un an. Aujourd'hui, une douzaine de revêtements routiers photovoltaïques sont opérationnels dans l'Hexagone et 7 à 10 commandes sont en cours. La prochaine route solaire sera mise en service mi-mai en Nouvelle-Aquitaine, précisément au niveau de la gare de péage de Saugnacq-et-Muret située sur l'A63 dans les Landes.

"Concrètement, 50 m2 de panneaux photovoltaïques au sol permettront d'alimenter la gare de péage en électricité à savoir une partie des équipements des voies proches tels que le monnayeur, les feux lumineux et les divers équipements électroniques. Il n'y aura ni stockage ni revente. L'idée est de développer l'autoconsommation, explique Olivier Quoy, directeur général d'Atlandes, société gestionnaire de l'A63. La nuit ou lors d'un ensoleillement très faible, la production sera à l'arrêt. Le réseau Enedis prendra le relais", précise-t-il.

Atlandes était en discussion depuis un an avec la société Colas, leader mondial de la construction routière, qui a développé l'innovation Wattway aux côtés de l'Institut national de l'énergie solaire (Ines). Tout est allé très vite. Alors qu'Atlandes souhaitait étudier de nouveaux modes de production d'énergie innovants sur son territoire, le conseil d'administration a validé le projet fin 2016 pour une application quelques mois plus tard.

"On parle beaucoup d'autoroute à énergie positive mais l'idée est surtout de tirer parti de l'infrastructure. Nous avons des réflexions en cours pour nos aires de repos et de services avec la pose de panneaux photovoltaïques", explique Olivier Quoy.

Une technologie brevetée

Avec les dalles posées sur 50 m2, Colas prévoit une production de 7 à 8 MWh par an pour une durée de vie d'une dizaine d'années.

"Wattway est une dalle très fine (7 mn) et ultra-résistante constituée de cellules photovoltaïques en silicium. Elle est collée directement sur la chaussée existante qui garde les caractéristiques d'une chaussée normale, antidérapante puisqu'une plaque de résine est posée dessus. Par ailleurs, c'est important de le signaler, il est possible de marcher dessus sans risque. Wattway fonctionne en très basse tension", précise Pascal Duhoo, l'un des responsables de Wattway, porté par Colas.

Cette technologie est protégée par 3 brevets.

"Pour le moment, personne dans le monde n'a réussi à mettre en place un dispositif de ce type. Des Hollandais font des tests pour les vélos, des Américains font des essais sur les trottoirs. En France, nous faisons passer des poids lourds et des voitures à longueur de journée sur ces dalles", complète Pascal Duhoo.

Wattway participera au suivi de la mise en œuvre du système de production de la route solaire landaise et servira d'interface avec l'Ines pour le traitement des données techniques. L'Ines qui par ailleurs participe à la fabrication de ces routes. Une entreprise de l'Orne, SNA, est quant à elle chargée de la pré-industrialisation des dalles Wattway.

"Nous avons peu de recul mais en neuf mois, personne ne nous a appelé pour signaler un quelconque désordre sur les routes", signale Pascal Duhoo.

"C'est un budget de recherche"

Sur la question du coût et de la rentabilité, Olivier Quoy et Pascal Duhoo répondent sans détour.

"On investit dans la R&D, on n'achète pas un produit. Effectivement cela représente une dizaine de milliers d'euros mais c'est un budget de recherche. On ne parle pas de rentabilité économique à court terme. C'est un vrai sujet de sécurisation de l'énergie", explique Olivier Quoy.

"C'est une démarche de territoire", complète Pascal Duhoo qui rappelle quelques échéances : "En 2050, nous aurons besoin de deux fois plus d'énergie sur la planète, ce qui équivaudrait à 1.500 centrales nucléaires supplémentaires. A un moment donné il faut faire des choix. L'électricité aura un rôle de plus en plus important dans la mobilité."

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