A Bordeaux Winefing veut sortir l’oenotourisme de son archaïsme

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Livia Gonzalves et Julie Dolon, fondatrices de Winefing, dans les locaux de l'Auberge numérique, à Bordeaux.
Livia Gonzalves et Julie Dolon, fondatrices de Winefing, dans les locaux de l'Auberge numérique, à Bordeaux. (Crédits : J. Philippe Déjean)
Donner un coup de neuf à l’oenotourisme, une activité qui n’est pas aussi traditionnelle qu’on pourrait le croire, c’est le pari fait par la startup Winefing, créée l’été dernier à Bordeaux.

La société Winefing, créée en avril 2016, a vraiment vu le jour sur le plan commercial en juillet de la même année. Fondée par Julie Dolon et Livia Gonzalves, cette entreprise a pour ambition de développer la réservation de séjours-dégustation dans des domaines viticoles via Internet.

"C'est un site web de réservation d'hébergements dans des propriétés viticoles, avec visite du domaine, dégustation et rencontre des vignerons. Nous avons rentré nos premiers contacts essentiellement par le biais des salons vignerons, éclaire Livia Gonzalves. Jusqu'ici et jusqu'au 23 mars, poursuit-elle, ce sera encore un site vitrine où les visiteurs intéressés déposent leurs demandes à la main avant que nous contactions les viticulteurs" déroule-t-elle.

Une première architecture dont la mue est déjà enclenchée. "Dans notre nouveau site il y aura un espace pour les viticulteurs et un autre pour les visiteurs afin que les contacts se créent naturellement" confirme Livia Gonzalves.

Mobiliser les blogueurs influents

Jusqu'à présent Winefing comptait 25 viticulteurs inscrits. Une offre que les associées entendent faire grimper dans les plus brefs délais.

"Nous aimerions arriver à une centaine d'offres de viticulteurs d'ici cet été, annonce Julie Dolon. Nous avons commencé la commercialisation en juillet-août 2016 et nous avions quelques clients avant décembre. Pour accélérer le mouvement, dévoile-t-elle, nous avons lancé une opération coffret cadeau : avec une nuit dans un domaine viticole accompagnée d'une bouteille de champagne et de canelés. Offre que nous avons commercialisée en passant par loisirsencheres.com. Avec un chiffre d'affaires de 3.000 euros pour un investissement de 500 euros le résultat de cette opération a été concluant" sourit Julie Dolon.

Ces deux titulaires d'un master 2, respectivement en création d'entreprise et droit de la vigne et du vin, sont accompagnées dans l'aventure par Audrey Carval, l'informaticienne qui développe le nouveau site. Pour faire connaître leur offre Julie et Livia vont inviter dans les prochains jours "des blogueurs influents sur Bordeaux" à faire l'expérience d'une nuit dans un château. Si Winefing a ses plus solides bases à Bordeaux, la jeune pousse est également déjà présente dans les vignobles de Languedoc-Roussillon et Provence, et entend bien rayonner très au-delà du Bordelais.

Un marché encore archaïque

"Il y a beaucoup de variations dans les prix proposés par les viticulteurs, entre 100 et 400 euros en moyenne la nuit. Nous nous rémunérons avec une commission de 10 % sur le tarif de la nuitée, contre à peu près 20 % pour nos concurrents, qu'il s'agisse de propriétaires qui commercialisent eux-mêmes leur offre ou bien qu'ils passent par une plateforme comme Airbnb", décrypte Julie Dolon.

L'idée des fondatrices de Winefing peut paraître simple, mais la France n'est apparemment pas le pays le plus avancé dans la gestion et le développement de l'offre oenotouristique malgré son énorme potentiel.

"Contrairement à l'Espagne et aux Etats-Unis, l'offre en oenotourisme en France est archaïque, illisible pour les touristes étrangers, ou alors c'est du très haut de gamme. Il y a encore beaucoup de propriétaires qui ne savent pas qu'ils peuvent proposer de telles offres, soit dans la catégorie des chambres d'hôtes soit dans celle des gîtes" expose Julie Dolon.

Coopération avec la plateforme Twil

En plus des blogueurs les plus influents les deux associées viennent de finaliser un accord avec la plateforme de commerce en ligne Twil (The wine I love -le vin que j'aime), dont l'application du même nom permet de s'informer sur le vin que l'on aime et d'en passer commande par correspondance.

"Il s'agit de mixer la réservation de nuitées l'achat de vin en ligne. Un client qui commande deux ou trois fois son vin par Twil on peut le contacter pour Winefing. Et à l'inverse, nous pouvons mettre en relation des viticulteurs avec Twil" synthétise Livia Gonzalves.

Hébergées pour quelques semaines encore à l'Auberge numérique, l'espace de coworking créé à Bordeaux-Bacalan par l'AEC, l'Agence aquitaine du numérique, Julia Dolon et Livia Gonzalves n'excluent pas de lancer une levée de fonds notamment pour développer leur affaire dans les vignobles d'Alsace et de Champagne où elles n'ont pas encore de contacts.


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