Europlasma attend son dernier moteur Jenbacher

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La centrale Cho Power à Morcenx.
La centrale Cho Power à Morcenx. (Crédits : Appa)
Un des deux moteurs additionnels livrés par le constructeur autrichien Jenbacher au groupe landais Europlasma, pour sa centrale Cho Power, est déclaré bon pour le service. Il faudra attendre la qualification du second pour que Cho Power puisse être vraiment commercialisée.

Le groupe Europlasma, à Morcenx (Landes), dont la direction administrative et commerciale se trouve à Pessac (Gironde), coté en Bourse, où il est un des titres les plus spéculatifs, et qui emploie près de 70 salariés, annonce la réussite, le 18 février (après un redémarrage de la centrale le 21 janvier), de la qualification du premier des deux moteurs additionnels à gaz. Testés sur banc par leur fabricant autrichien Jenbacher en août dernier ces moteurs d'une puissance de 2 MW ont été livrés à Morcenx en septembre et devaient être techniquement qualifiés avant la fin de l'année 2016.

En décembre la direction d'Europlasma annonçait un report de cette qualification à janvier 2017. Il aura fallu plusieurs semaines pour régler le premier moteur en lui permettant d'atteindre sa puissance minimale garantie, à 1,5 MWe, et la question est de savoir si ce sera aussi long pour le second.

"Nous avons une idée de la date à laquelle le second moteur sera qualifié mais notre objectif est d'obtenir la "final acceptance "(livraison définitive, NDLR) de la centrale Cho Power pour la fin du premier trimestre, en mars. Pour y arriver il faut que le second moteur soit qualifié, donc nous pensons aller beaucoup plus vite", éclaire Anne Bordères, chargée de la communication.

En développement depuis 2012

Cet optimisme vient du fait que le second moteur Jenbacher est absolument identique au premier. La production d'électricité à partir de la gazéification est un procédé très complexe car il faut en particulier contrôler la température du gaz de synthèse produit par la combustion des déchets solides et celle de la biomasse, qui va faire tourner les turbines. Lancé en 2012, moyennant une première tranche d'investissement de 42 M€, Cho Power a déjà failli entrainer l'effondrement du groupe Europlasma (destruction de déchets dangereux, énergie renouvelable...) à cause de l'énorme quantité de capitaux que dévore la mise au point de ce prototype grandeur nature.

Depuis l'origine la centrale, qui doit à terme produire 11 MWe d'électricité à partir de 55.000 tonnes de déchets et biomasse, est équipée de deux moteurs Caterpillar et il a fallu des mois avant que le besoin de deux moteurs additionnels s'impose comme une nécessité. Aujourd'hui le temps presse car le groupe, dont Jean-Eric Petit est le directeur général, a signé des contrats avec plusieurs collectivités territoriales, dont la communauté de communes de Thouars (Deux-Sèvres), où doit être construite la centrale Cho Tiper.

Cho Power reste la clé du futur

"Nous travaillons sur le montage financier pour assurer la mise en service de la deuxième usine, dans les Deux-Sèvres. Elle représente un investissement de 50 M€. Nous avons toutes les autorisations d'exploiter et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) nous a apporté une aide de 12 M€. Il ne nous reste plus qu'à trouver les 38 M€ restants. Bien sûr la "final acceptance" de Cho Power à Morcenx nous rendra les choses plus simples", confirme Anne Bordères.

Cho Tiper, à Thouars, doit permettre de traiter 45.000 tonnes de déchets par an, qui seront principalement collectés auprès des entreprises. D'autres projets sont prévus notamment en Bretagne. En 2015 le chiffre d'affaires d'Europlasma a atteint 14,1 M€ et depuis cet exercice le groupe a réussi à faire d'importantes levées de fonds.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2017 à 21:53 :
Enfin le bout du tunnel pour Europlasma !? Enfin M. Petit va pouvoir vendre 2 ou 3 cho pour les Alpes-Maritimes et M. Estrosi ...

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