Argolight à la conquête de l'espace

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Cette lame d'étalonnage des microscopes à fluorescence a été développée par Argolight.
Cette lame d'étalonnage des microscopes à fluorescence a été développée par Argolight. (Crédits : Argolight)
Cocorico ! La solution développée par la société girondine Argolight va bientôt s’envoler dans l’espace pour équiper le microscope de la Station spatiale internationale. Un vol est programmé en avril. Argolight, créée en 2012, a développé une technologie qui permet de détecter les défaillances d’un microscope à fluorescence.

"Il y a deux ans, nous avons été contacté par un sous-traitant de la Nasa avec ce simple mail : "Pourriez-vous nous aider à améliorer la précision de notre microscope sur la Station spatiale internationale ?" Argolight, lancée fin 2012, était à l'époque une très petite entreprise composée de quatre personnes installées à l'université de Bordeaux 1. Nous avons vu cela comme un challenge", se souvient Gautier Papon, Docteur en physique et cofondateur d'Argolight avec le Dr. Arnaud Royon.

A partir de là, de nombreux échanges ont suivi. Le produit développé par la startup girondine a finalement été livré il y a un an. Il partira très prochainement dans l'espace. Un vol est prévu en avril prochain direction l'ISS.

"Nous sommes des scientifiques très éloignés de l'aérospatial. Ce n'était pas un rêve d'enfant mais c'est une très belle aventure et nous avons la chance de la voir arriver à son terme. On espère que l'astronaute français Thomas Pesquet utilisera notre produit", sourit Gautier Papon.

Une solution multifonctions

Concrètement, Argolight a mis au point une solution de haute technologie pour le réglage des microscopes à fluorescence.

"Notre solution est constituée d'une lame de verre brevetée qui est placée sous l'objectif du microscope, et d'un logiciel qui analyse les données. Nous avons inventé une technologie qui remplace toutes les solutions actuelles en un seul outil. C'est donc plus simple. Notre solution permet de savoir si le microscope fonctionne bien à l'instant T, mais elle apporte également un suivi de la qualité du système dans le temps. C'est la nouveauté. On parle de maintenance prédictive. Les mauvais réglages, les soucis sont ainsi détectés. La prochaine étape sera de mettre en place un logiciel suffisamment intelligent pour que lui-même propose une solution au problème rencontré."

Marché cible : la recherche et l'industrie de bioscience

Argolight réalise 50 % de son chiffre d'affaires dans la recherche universitaire et 50 % dans l'industrie pharmaceutique et cosmétologique, un pourcentage en forte croissance d'année en année.

"Le suivi de la qualité dans l'industrie est indispensable mais c'est de plus en plus complexe et cela prend de plus en plus de temps aux clients. Nous apportons une solution en automatisant le process", explique Gautier Papon.

Aujourd'hui, les microscopes "classiques" existent toujours mais le marché industriel est également composé de microscopes automatisés et robotisés. "Notre solution est adaptable y compris sur la nouvelle gamme de produits."

Une croissance de 120 % par an

Argolight, qui connait une croissance de 120 % par an, fait 74 % de son chiffre d'affaires à l'export essentiellement en Amérique du Nord, en Australie et en Asie.

"Il y a un marché en France mais dès le départ Argolight a été conçue comme une entreprise mondiale. Nous ne privilégions pas la France", explique-t-il simplement.

Mathématiquement, l'entreprise se développe mais n'a pas souhaité communiquer son chiffre d'affaires. 8 personnes travaillent désormais pour Argolight. "Trois ont été embauchées en 2016 donc nous ne prévoyons pas de recrutement cette année", précise Gautier Papon. La société, qui n'est désormais plus une startup naissante, a également déménagé. Elle est installée à Pessac à la Cité de la photonique. Une première levée de fonds en 2013 avait permis le lancement de l'entreprise. Un deuxième tour de table de 500.000 € est attendu dans les prochains mois. Objectif pour Argolight : continuer à produire et poursuivre sa croissance.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2017 à 2:37 :
Voilà une start-up qui ne brasse pas du vent. Espérons que l'équipe récoltera plus que les malheureux 500k€ escomptés.

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