Levée de fonds record pour Poietis

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Poietis possède la licence exclusive d'une technologie fruit de 10 ans de recherche à l'Inserm et à l'université de Bordeaux.
Poietis possède la licence exclusive d'une technologie fruit de 10 ans de recherche à l'Inserm et à l'université de Bordeaux. (Crédits : Inserm/Alphanov. Lescieux, Ludovic/Guillemot, Fabien)
Leader français de l'impression 3D de tissus biologiques, la startup girondine Poietis boucle le premier tour de financement de sa jeune histoire, à hauteur de 2,5 M€. Elle se distingue par une campagne de financement participatif record de près de 1 M€ avec 800 souscripteurs.

En montant sur la scène de Biznext Bordeaux hier jeudi, afin de recevoir le trophée de l'Innovateur de l'année, Fabien Guillemot avait dans la poche une bonne nouvelle qu'il a annoncée à l'assemblée. La jeune startup qu'il a fondée et qu'il dirige a en effet bouclé un premier tour de financement à hauteur de 2,5 M€.

"Il a été réalisé auprès de Wiseed, pionnier et leader de l'equity crowdfunding, de business angels et des actionnaires historiques, précise l'entreprise. Cette augmentation en capital de 1,2 M€ est complétée par le biais de subventions, avances remboursables et prêts obtenus auprès de Bpifrance, du Conseil régional d'Aquitaine, de la Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique, d'EADS Développement et de Michelin Développement."

Basée à Pessac et soutenue par Aquitaine Développement Innovation, Poietis est spécialiste de l'impression 3D assistée par laser de tissus biologiques, grâce à une technologie développée après 10 ans de recherche au sein de l'Inserm et de l'Université de Bordeaux. L'entreprise, qui détient la licence d'exploitation exclusive et mondiale, emploie aujourd'hui 19 personnes et compte en embaucher 8 de plus d'ici à 2017. Les tissus qu'elle imprime peuvent servir aux acteurs de la cosmétique et de la pharmacie pour vérifier l'innocuité de leurs produits sans passer par la phase de l'expérimentation animale. Parmi les autres champs d'application, la découverte de médicaments par la fabrication de modèles prédictifs caractéristiques d'une maladie ; la médecine personnalisée avec la fabrication de tissus personnalisés à partir des cellules du patient, et la médecine régénératrice par la fabrication de greffons sur-mesure. Un marché gigantesque estimé à 2 Md€ à l'horizon 2020, rappelait hier Fabien Guillemot, président et directeur scientifique de Poietis. La startup a récemment signé un premier partenariat de codéveloppement avec le géant mondial BASF et obtenu la délivrance de deux brevets importants aux Etats-Unis et au Japon.

Près de 800 investisseurs

"Il s'agit là d'une collecte de fonds record tant au niveau du montant que du nombre de souscripteurs (800 selon nos informations, NDLR). Ces derniers, sensibles aux projets à fort impact sociétal, ont plébiscité Poietis et anticipent le fort développement du domaine de la bioimpression", indique Thierry Merquiol, cofondateur de la plateforme de crowdfunding Wiseed.

"Après avoir dressé les fondations de la société au cours de notre première année, nous allons pouvoir, grâce à ce tour de financement, consolider notre avance technologique au niveau international en développant notamment une bioimprimante de nouvelle génération dédiée à la production", explique Fabien Guillemot.

"Ces fonds nous permettront aussi de valider nos premiers produits et de les commercialiser auprès des centres de recherche et d'évaluation dermocosmétique dès 2017. Ils nous donneront enfin l'assise financière nécessaire pour engager de nouveaux codéveloppements avec des industriels leaders sur nos marchés", poursuit Bruno Brisson, directeur général et directeur du développement des affaires de Poietis.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2015 à 21:51 :
Quand on est incapable de traiter un problème avec des solutions simples qui ont fait leurs preuves, on invente des mots nouveaux, en langue anglaise ou en Globish si possible.

Voilà donc le CROWDFUNDING ou financement par la populace! Vive le populisme d’une cuisante actualité !
Personne ne s’est aperçu qu’il s’agit de la toute première étape d’un modèle millénaire, déjà connu à Babylone et qui a permis il y a plus de cent ans à notre agriculture de connaître le développement que l’on sait.

Mais pour être poli tout le monde s’en fout, et plutôt que d’exiger que les banques jouent correctement leur rôle, ou de remettre à l’honneur le modèle coopératif et mutualiste abandonné même par la plupart de ceux qui en portent encore le nom, on préfère réinventer la toute première étape de ce modèle dont il ne sortira rien tant que l’on ne sera pas capable de la dépasser.

Le drame est que les échecs répétés de l’Aide Publique au Développement où l’on a englouti en vain depuis des décennies des sommes énormes, tiennent à ce refus systématique de remettre à l’honneur un modèle sans égal, mais que des inconscients incompétents ont décidé de déclarer ringard.

« C'est quelque chose qui marche assez bien dans la musique », rappelait sans rire, Fleur Pellerin alors ministre déléguée chargée des PME qui souhaitait faciliter ce type d’ânerie en France.
Cela doit même marcher plus qu’assez bien dans la musique puisque c’est du pipeau !
Chacun sait que la musique est avec les activités de pompes funèbres un élément d’avenir de la croissance les deux étant prises en compte dans le PIB alors tant mieux si ça marche assez bien !
C’est ce genre de gamineries qui nous enfonce de plus en plus dans la crise ! Lamentable !

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