TGV Bordeaux-Paris : "La hausse des prix ne sera pas proportionnelle au gain de temps"

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Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF
Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF (Crédits : Léa Crespi)
Prix du billet, TGV low cost, refonte du plan de transports initial : directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard fait le point sur la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Paris dans moins de six mois, en juillet 2017. L'infrastructure mettra les deux villes à 2h04 l'une de l'autre, au lieu de 3h15 actuellement.

Sur quelle fourchette de prix travaillez-vous pour un Bordeaux - Paris ?

"La gamme de prix Bordeaux - Paris est en cours de finalisation et d'homologation avec le ministère des Transports. Je ne peux donc pas encore vous donner les montants. Les voyageurs vont bénéficier pleinement du gain de temps : un tiers de temps gagné, c'est énorme ! Néanmoins, la hausse des prix ne sera pas proportionnelle au gain de temps. Nous souhaitons attirer le plus de monde possible dans nos trains, et pour cela nous allons bien entendu proposer des prix compétitifs pour tous, les familles, les jeunes, ceux qui voyagent occasionnellement ou fréquemment... Nous préparons également les tarifs et services pour la clientèle affaires pour faire de notre offre un véritable bureau à grande vitesse entre Paris et Bordeaux."

Le TGV à petits prix Ouigo a été annoncé desservant Bordeaux à partir de 2017. La ligne Bordeaux Paris sera-t-elle concernée ? Peut-on imaginer un Bordeaux-Paris à partir de 10 € en réservant avec beaucoup d'avance ?

"Effectivement Ouigo va venir desservir Bordeaux en 2017 avec deux dessertes quotidiennes : une entre Bordeaux et Paris Charles-de-Gaulle, l'autre entre Bordeaux et Massy-Palaiseau."

Lire aussi : Bordeaux-Paris : ce que la LGV va changer

A quelle échéance précisément sera revu le plan de transports initial, comprenant notamment 18,5 allers-retours directs entre Paris et Bordeaux ?

"Une desserte vit et évolue ; avant d'envisager des modifications de ce plan de transport, nous allons nous laisser le temps d'étudier comment il vit à partir du lancement. Il est important de se laisser le temps de voir comment les clients se positionnent vis-à-vis des horaires et fréquences proposées, que ce soit sur des périodes d'activités, de vacances... Nous avons voulu une offre de dessertes ambitieuse, dynamique et positive pour les villes et la région. Pour Bordeaux ce sera une vraie navette ! Et cette desserte va offrir beaucoup plus de capacité : c'est plus de 35.000 places par jour entre l'Ile-de-France et Bordeaux, deux sens confondus, pour les seuls TGV rapides. C'est presque 5 fois plus que l'aérien, qui propose chaque jour 7.000 places."

Maintenez-vous toujours un report modal de l'avion vers le train de deux-tiers des 2,3 millions de voyageurs supplémentaires attendus sur la ligne entre les deux capitales ?

"Nous avons effectivement un objectif fort de conquête des voyageurs, notamment ceux qui actuellement utilisent l'avion. Désormais, il faudra seulement 2h04 pour relier en TGV les deux capitales, de centre-ville à centre-ville et avec une fréquence importante, notamment en heure de pointe. Sans oublier un confort inégalé à bord de nos nouvelles rames TGV L'Océane : un véritable bureau connecté, grâce aux prises et ports USB et la connexion Wifi.  Les sièges, de première classe comme de seconde, ont été entièrement revus pour plus de confort et d'espace pour les jambes. Grâce aux gains de temps, TGV devient de loin l'offre la plus compétitive par rapport à l'avion et à la voiture.

Les sondages que nous avons réalisés auprès des Bordelais sont sans appel. 55 % des Bordelais qui privilégiaient jusqu'alors la voiture et 66 % de ceux qui privilégiaient jusqu'alors l'avion, envisagent de prendre davantage le TGV. Ces arguments vont rapidement nous aider à convaincre les voyageurs d'affaires, auxquels nous allons proposer des offres et des services dédiés, sur tout leur parcours : des salons grands voyageurs en gare entièrement repensés aux services en mobilité."

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Cet article a initialement été publié dans l'Edition Bordeaux de La Tribune, en kiosque le 8 décembre 2016, dans le cadre de notre dossier sur les impacts économiques de la LGV Bordeaux-Paris.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2017 à 21:49 :
Le prix de vente des billets n'a quasiment aucun lien avec leur coût, dans une entreprise hyper subventionnée (subventions directes, retraites payées par le contribuable,,..)
Dans ces conditions la SNCF peut afficher les prix de vente qu'elle veut. C'est donc, comme dans l'ex URSS, le ministère des transports qui fixe les prix. Non, nous ne rêvons pas, nous sommes bien en 2017...
a écrit le 10/01/2017 à 5:47 :
Hahahaha!
Comment justifier le difficilement acceptable en changeant de paradigme...
Donc si je comprends bien en creux, puisque c'est un bénéfice pour les voyageurs que de ne pas payer en fonction du temps de transport, l'inverse sera également vrai. Les retards seront indemnisés, non pas en proportion totale du temps concerné, mais en partie du moins... Non? Comme c'est étonnant.
a écrit le 09/01/2017 à 21:27 :
Bordeaux était à 2h55 de Paris. On a volontairement degradé la desserte pour mieux vendre la ligne nouvelle et son surcout.
2 heures 05 au lieu de 2 heures 55, c'est juste 50 minutes de mieux avec un investissement trop cher:
- PPP et son surcoût,
- ancienne signalisation pour plaire à la SNCF qui voulait pouvoir utiliser ses vieilles rames (qui vont à la casse à tours de bras),
- les prix moyens vont prendre 40 % comme c'est la règle depuis le TGV Est, mais on ne communiquera que sur les prem's et les personnes ayant une réduction...

C'est tellement délirant sur le plan tarifaire qu'Air France -qui n'est pas un mécène- réouvre des livres fermées à cause du TGV (Nantes) ou ré-augmente leur desserte (Marseille, Lyon, etc.)...
a écrit le 09/01/2017 à 17:55 :
" ...c'est plus de 35.000 places par jour entre l'Ile-de-France et Bordeaux, deux sens confondus, pour les seuls TGV rapides. C'est presque 5 fois plus que l'aérien, qui propose chaque jour 7.000 places."
Plus de 35 000 places d'un côté, 7 000 places de l'autre : ce n'est pas "presque 5 fois plus" mais PLUS de 5 fois plus.
Visiblement les dirigeants de la SNCF ont du mal avec les chiffres.
On comprend mieux le déficit abyssal de cette entreprise d’État.....

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