Bordeaux avance ses pions de "smart city"

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Vue de la Garonne à Bordeaux à la tombée de la nuit, à l'aplomb du quai des Chartrons avec par dessus les toits, les deux tours de l'église Saint-Louis-des-Chartrons.
Vue de la Garonne à Bordeaux à la tombée de la nuit, à l'aplomb du quai des Chartrons avec par dessus les toits, les deux tours de l'église Saint-Louis-des-Chartrons. (Crédits : iStock)
Plébiscitée pour le dynamisme de son écosystème numérique, Bordeaux se veut en pointe sur la thématique de la "smart city". Un secteur qu'elle explore tout en cherchant à préserver la qualité de vie qui fait sa réputation. A quelques heures du Forum Smart City Bordeaux, organisé par La Tribune, focus sur les initiatives menées.

Bordeaux sort d'une période de profonds changements, ce qui ne veut pas dire que sa transformation est terminée. Moins grise, plus dynamique, davantage marketée également, la capitale girondine est jalonnée de dizaines de grues en tous points de l'horizon.

Deux gros équipements ont été livrés il y a quelques mois, la Cité du vin et le Matmut Atlantique, antre des Girondins de Bordeaux, en attendant la grande salle de spectacles qui voit le jour, rive droite, à Floirac. Le tramway poursuit son extension, avec une nouvelle ligne en cours de construction et sans doute bientôt un lien direct vers l'aéroport. Pour ce qui est du train, la ligne à grande vitesse mettra Paris à deux heures et quatre minutes de Bordeaux à compter du 2 juillet prochain.

Autour de la gare, l'opération d'intérêt national Bordeaux Euratlantique dotera la ville d'une nouvelle porte d'entrée plus séduisante. Aux Bassins à flot, beaucoup d'immeubles sont déjà sortis de terre mais les engins de chantier vont continuer leur ballet pour quelques années encore. Rive droite aussi, tout s'accélère. Le programme "50.000 logements" bat son plein aux quatre coins de la métropole.

Bordeaux Métro Pulse, un lieu d'expérimentation

Les défis ne manquent donc pas. Confrontée à d'importantes arrivées de population, Bordeaux doit absolument améliorer certains points. Assurer une mobilité plus aisée en fait partie. Et, alors que la ville a enregistré une progression de 4 % de ses prix l'an passé selon les notaires, soit une des plus grosses envolées en France, maîtriser les tarifs de l'immobilier est nécessaire, sous peine de repousser les ménages les moins fortunés au-delà des frontières de la métropole... et aggraver encore les congestions routières. La métropole bordelaise fourbit ses armes.

Apôtre de la planification stratégique, elle peut compter sur la coopération de grands groupes mais aussi de belles startups pour faire émerger de nouveaux services. Sur la thématique très transverse de la smart city, beaucoup tirent leur épingle du jeu. Sur le segment de la mobilité, Qucit jongle avec les données urbaines pour fluidifier et faciliter la vie des usagers... Parking facile cherche à optimiser les places privées restant vacantes toute la journée. Gazelle Tech avance vite sur son projet de véhicule électrique ultraléger et facilement assemblable dans des micro-usines au plus proche des clients. D'autres, comme iQSpot, aident les entreprises et les collectivités à mieux maîtriser leur consommation énergétique tout en impliquant et sensibilisant leurs collaborateurs. Les exemples sont nombreux.

Une philosophie smart ambitieuse

Pour encourager l'innovation et mettre les startups à l'épreuve des faits et de la réalité économique, la métropole vient de se doter d'un nouvel outil baptisé Bordeaux Métro Pulse, dérivé du Tube à expérimentations urbaines (TUBÁ) créé à Lyon. Physiquement, il ne s'agit que d'un local de 160 mètres carrés hébergé dans les locaux bordelais du siège régional du groupe La Poste, parrain de l'initiative avec Bouygues Immobilier, Sopra Steria et Veolia. Mais la philosophie est plus ambitieuse :

"Bordeaux Métro Pulse est un lieu de preuve, d'expérimentation pour les startups. L'objectif est de trouver la meilleure façon d'amener les nouveaux produits sur le marché, de participer à la hausse de l'emploi mais aussi au transfert de technologie pour diffuser de nouveaux usages en direction des habitants de la Métropole", précise Agnès Grangé, déléguée régionale du groupe La Poste.

"Pour faire face à l'arrivée de nouveaux habitants, nous allons devoir créer 100.000 emplois dans les années à venir. La puissance publique doit accompagner ce phénomène. Tisser des liens entre grands groupes et petites entreprises c'est très important, et ce lieu réceptacle est absolument nécessaire pour incuber des nouvelles entreprises et créer des emplois et de nouveaux services et usages pour les habitants", appuie Virginie Calmels, première vice-présidente de Bordeaux Métropole.

Un véritable living lab consacré à la smart city et pensé pour associer les citoyens, les associations... qu'il accueille volontiers dans ses murs. Car on y revient sans cesse : la ville ne sera smart que si elle associe ses habitants et si ces derniers retrouvent sérénité, confiance et plaisir d'y vivre en délaissant le fracas urbain.

"Au bout du compte, ce qui reste c'est l'envie de vivre en ville, et d'y côtoyer les habitants", affirme Tania Concko, architecte et urbaniste, invitée d'honneur de cette 3e édition de Smart City Bordeaux.

L'heure est venue de la "happy city" !

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SMART CITY BORDEAUX JEUDI 18 MAI
SOUS LE SIGNE DE LA VILLE HEUREUSE

Inscriptions : http://bit.ly/SmartcityBdx2017

Cette troisième édition du Forum Smart City Bordeaux est consacrée au thème "Sérénité et confiance, la ville heureuse". En effet, le succès de la ville de demain ne doit pas être vu que sous l'angle de la technologie. Le solutionnisme technologique a vécu et, progressivement, une nouvelle réflexion s'organise, centrée sur le bien-être et le bien-vivre ensemble des habitants du territoire. Une ville plus smart, oui, mais aussi plus heureuse ! Mobilité, logement, numérique, énergie... sont autant de leviers sur lesquels agir dans cette optique d'une métropole.

De nouvelles stratégies doivent voir le jour. Elles impliqueront nécessairement tous les acteurs : collectivités, opérateurs, urbanistes, entreprises petites et grandes... et bien sûr les citoyens, qui ne doivent pas être exclus de ces questions. Au contraire : la smart city entrera dans son âge de raison quand elle aura redonné un peu de sérénité. Moins de défiance, plus de confiance, tel est le défi.

Smart City Bordeaux sera articulé autour de quatre grandes séquences, décrites ci-après.

Séquence Mobilité

Le modèle de mobilité en vigueur dans les métropoles aujourd'hui ne fonctionne plus. Générateur de stress, de tension, de pollution... Mais à mesure que les transports en commun continuent à se développer, que la multimodalité entre dans les moeurs, des pistes se font jour. La voiture autonome toque à la porte.

Séquence Logement

À quoi ressemblera le logement de demain ? On l'imagine aisément bardé de capteurs, ultra-connecté, économe en énergie. Mais après ? Dans le prolongement de la mobilité, l'urbanisme est un enjeu majeur des métropoles de demain avec en point de mire, un objectif limpide : rendre la ville plus humaine et les citoyens plus heureux d'y vivre. Le logement doit offrir de nouvelles formes urbaines et permettre de renouer les liens entre habitants.

Séquence Sérénité numérique

Les données se multiplient au fur et à mesure que les technologies se développent. En arrière-plan, les questions qui se posent sont multiples. Qu'impliquent leur profusion et le flou juridique en matière de sécurité ? Quels rôles pour le public, pour les entreprises du numérique qui exploitent ces données, pour les collectivités locales et les États ? Et surtout, comment redonner un peu de sérénité aux citoyens alarmés par la diffusion non-contrôlée de leurs données, les piratages, les détournements ?

Séquence Énergie

Une ville plus smart cherche à répondre à plusieurs enjeux essentiels, dont celui de l'énergie. Dans ce contexte, les différents acteurs vont devoir rendre leurs données plus smarts et les collectivités, plus particulièrement les métropoles, se saisissent des opportunités générées par ces nouvelles informations pour mieux « lire » leur territoire et les aménager en conséquence.

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PROGRAMME

SÉRÉNITÉ ET CONFIANCE, LA VILLE HEUREUSE
JEUDI 18 MAI, au PALAIS DE LA BOURSE, 17 PLACE DE LA BOURSE, BORDEAUX

8h30 - OUVERTURE

Mikaël Lozano, rédacteur en chef de La Tribune Bordeaux, et Carlos Moreno - Président du comité scientifique du forum international Live in a living city.

8h50 - KEYNOTE

Tania Concko - Fondatrice de Tania Concko architects urbanists, Prix Femme architecte 2016 catégorie Œuvre originale.

>> TRANSPORTS ET INNOVATIONS, QUELLE MOBILITÉ DEMAIN ?

9h05 - KEYNOTE

Bruno Marzloff - Sociologue, fondateur du cabinet Chronos.

9h20 - TABLE RONDE

  • Éric Chareyron - Directeur de la prospective, modes de vie et mobilité dans les territoires du groupe Keolis.
  • Raphaël Cherrier - CEO de Qucit.
  • Bruno Marzloff - Fondateur de Chronos.
  • Animation par Dominique Pialot, journaliste de La Tribune.

10h - KEYNOTE

Patrick Ropert - Directeur général de SNCF Gares et connexions.

>> LOGEMENT ET TERRITOIRES, QUELLE VIE URBAINE ?

10h15 - TABLE RONDE

  • Pierre Aoun - Directeur général adjoint de LP Promotion.
  • Xavier Boulanger, directeur régional d'Icade
  • Alexandra François Cuxac - Présidente de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers.
  • Manuelle Gautrand - Architecture, présidente de l'Académie d'architecture française.
  • Rémi Heurlin - Directeur délégué Bordeaux de la Caisse des dépôts.
  • Animation par Jean-Philippe Déjean, journaliste à La Tribune Bordeaux.

11h20 - KEYNOTE

Manuelle Gautrand - Présidente de l'Académie d'architecture française.

>> SÉRÉNITÉ NUMÉRIQUE : L'AVENIR EST-IL À LA CONFIANCE ?

11h35 - KEYNOTE

Nicolas Curien - Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, membre fondateur de l'Académie des technologies.

11h50 - TABLE RONDE

  • Nicolas Curien - Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, membre fondateur de l'Académie des technologies.
  • Arnaud Lucaussy - Secrétaire général de TDF.
  • Alain Turby - Conseiller délégué chargé de la Métropole numérique à Bordeaux Métropole, vice-président d'Open Data France.
  • Diane Rambaldini - Fondatrice de Crossing Skills, présidente du chapitre français de l'Information Systems Security Association.
  • Delphine Woussen - Directrice de l'activité Smart City pour le Groupe Orange.
  • Animation par Mikaël Lozano, rédacteur en chef à La Tribune Bordeaux.

12h50 - CONCLUSION DE LA MATINÉE

Virginie Calmels - Vice-présidente de Bordeaux Métropole, adjointe au maire de Bordeaux chargée de l'Économie, de l'Emploi et de la Croissance durable.

>> L'ÉNERGIE AU CARREFOUR DES ENJEUX

14h - KEYNOTE

Roch Drozdowski-Strehl - Directeur délégué du projet REIDS, Institut de recherches pour l'énergie de la Nanyang Technological University à Singapour.

14h15 - ENTRETIEN

Thierry Gibert - Directeur régional d'Enedis Aquitaine Nord.

14h25 - TABLE RONDE

  • Benoît Brient - Directeur du développement Smart city de Suez.
  • Patrick Faucher - Directeur à la direction de l'énergie, de l'écologie et du développement durable de la Ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole.
  • Thierry Michel - Directeur territorial Aquitaine de GRDF.
  • Éric Monceyron - Chargé de mission ville intelligente sur les domaines énergie et mobilité à la Direction générale du numérique et des systèmes d'information à Bordeaux Métropole.
  • Animation par Dominique Pialot, journaliste de La Tribune.

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Commentaires
a écrit le 18/05/2017 à 14:10 :
Bordeaux "Smart city" ?
On va revoir la définition car, il y'en a besoin.

"Une ville peut être qualifiée d’« intelligente » quand les investissements en capitaux humains, sociaux, en infrastructures d'énergie (électricité, gaz3), de flux (humains, matériels, d'information) alimentent un développement économique durable ainsi qu’une qualité de vie élevée, avec une gestion avisée des ressources naturelles, au moyen d'une gouvernance participative et d'une utilisation efficiente et intégrée des TIC."

Vue la gestion des feux sur bordeaux, on voit clairement que l'utilisation efficiente des TIC n'est pas prête d'arriver. Vous avez la possibilité d'améliorer la circulation bordelaise à faible coût mais, on constate qu'il y'a une équipe de bras cassés qui "gère" le réseau de transport bordelais.

Autre point, regardez pendant une semaine et sur un axe routier important le nombre de véhicule avec seulement une personne à bord. Vous risqueriez d'avoir peur. A vue de nez, je dirai que 98% des véhicules circulant sur la CUB sont avec une seule personne à bord. Il faudrait peut être favoriser le covoiturage ?
Réponse de le 19/05/2017 à 12:43 :
Bonjour,
Nous l'avons déjà écrit récemment, précisément sur cette question du court-voiturage, la moyenne de personnes par véhicule sur la rocade bordelaise est de 1,2. Une expérimentation sera développée sur la métropole bordelaise à partir de cet été pour l'encourager. Lire ici : http://objectifaquitaine.latribune.fr/innovation/2017-05-09/trois-startups-retenues-pour-ameliorer-la-mobilite-a-bordeaux.html
Pour le reste, il n'est nulle part écrit que Bordeaux est une smart city. Il est dit qu'elle explore des pistes pour réussir à le devenir. Ce qui est fondamentalement différent.
a écrit le 17/05/2017 à 8:03 :
Pendant ce temps, en plein centre ville, de nombreuses entreprises vivent encore à l'heure de l'ADSL.... La fibre passe parfois dans une rue, mais sur un seul côté...

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