Smart City : les enjeux de l’innovation et ses usages dans la ville

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Nicolas Miailhe, chercheur, directeur exécutif de People for global transformation, qui intervenait à distance, Pierrick Thébault (AXA Data Innovation Lab), Stéphane Liénéré (Cartégie), Olivier Baccialone (La Poste), Alexandre Borderies (Berger-Levrault), et Mikaël Lozano (La Tribune à Bordeaux)
Nicolas Miailhe, chercheur, directeur exécutif de People for global transformation, qui intervenait à distance, Pierrick Thébault (AXA Data Innovation Lab), Stéphane Liénéré (Cartégie), Olivier Baccialone (La Poste), Alexandre Borderies (Berger-Levrault), et Mikaël Lozano (La Tribune à Bordeaux) (Crédits : Appa)
Le Forum Smart City Bordeaux, organisé par La Tribune, a consacré sa dernière table ronde aux innovations et usages dans la ville. Pour les intervenants de ce débat, si la numérisation permet d’améliorer les services et reste créatrice de valeur ajoutée, l’enjeu est de ne pas perdre de vue les conséquences d’une ouverture des données et l’usage qui peut en être fait.

"Nous avons en Europe et en France une situation économique qui nous impose d'apprendre à faire plus avec moins. Le consumérisme n'est pas la solution avec 7 milliards d'humains sur terre, il faut développer des produits et services de qualité avec des moyens limités."

En ouverture de la dernière table ronde du Forum Smart City Bordeaux organisé par La Tribune, Nicolas Miailhe, chercheur au Ash Center for Democratic Governance and Innovation d'Harvard Kennedy School of Government, directeur exécutif de People for global transformation, groupe interdisciplinaire de 15 penseurs mondiaux co-présidé par Sam Pitroda et Hubert Védrine, rappelle aussi que

"l'un des axes du senseable lab collaboratif est l'enjeu politique : comment on collecte la donnée, comment on la traite, on la distribue, on la manipule. Il faut réfléchir à comment la donnée peut être un facteur de discrimination. Attention aux problèmes en matière d'assurance, d'accès au logement, etc. L'innovation est au centre par exemple de la question du développement durable, mais il n'y a pas assez de garde-fous. On traverse une phase d'explosion technologique et scientifique qui pose des questions globales et non plus nationales."

Les différents intervenants ont d'ailleurs pu témoigner de l'évolution de ces usages technologiques, comme Alexandre Borderies, directeur d'activité relations citoyens chez Berger-Levrault, éditeur de logiciels pour les collectivités de petite et moyenne taille qui compte 26.000 clients, qui rappelait qu'il ne faut pas perdre de vue que le "smart citizen" reste libre d'utiliser ou non la technologie :

"Il ne faut pas imposer les usages. Mais la tendance est aux démarches en ligne, à la raréfaction des moyens, à la concentration des communes en intercommunalité, aux modules de e-démocratie pour les projets d'aménagement locaux. Il faut que le citoyen puisse proposer des idées, signaler un problème et rester informé de cette requête. On est nombreux sur ce business. Quand le citoyen sera libre de choisir le canal qu'il souhaite et de donner son avis, on aura fait un grand pas."

Pierrick Thébault, en charge de la conception de navigateurs de données à AXA Data Innovation Lab, rappelait l'importance de l'implication du citoyen dans le développement de ces usages, quand il évoquait par exemple la question du design :

"Cela dépasse la forme des objets, il y a un bouleversement de la conception des objets. Aujourd'hui un objet augmenté va être vendu et diffusé sans être terminé et enrichi en fonction de la pratique : il faut réfléchir à l'usage dans la durée et aux évolutions. On parle peu de lieux connectés, c'est très couteux, pas adapté sur l'immobilier ancien, il y a un problème d'acceptation par l'usager. Investir l'espace public n'est pas évident, à cause de problèmes d'intempéries, de comportement, de maintenance. La dynamique vient des industriels qui équipent les équipementiers de l'espace public."

Stéphane Liénéré, directeur technique et innovations de Cartégie (60 salariés, 13 M€ de CA), spécialisée dans le data marketing et le management public et privé, qui collecte des données géolocalisées, a évoqué le système de carroyage des données, qui permet de donner au citoyen et à l'administration une carte extrêmement précise pour accéder à des infos très affinées.

"Ce système permet en termes de mobilité, immobilier, argent public, de connaître son territoire précisément, savoir quoi mettre en place, en mesurer les effets."

Cet outil permet de visualiser les déménagements, les sortants, les entrants, les mouvements à l'intérieur d'une même commune. C'est le cas par exemple sur la métropole bordelaise. "Cela peut permettre de mettre en place une communication directe pour accueillir les nouveaux habitants, mieux les informer sur les services autour."
Olivier Baccialone, délégué au développement régional du groupe La Poste en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, a également largement témoigné de l'évolution des services proposés cette entreprise qualifiée de "plus grande entreprise de proximité : humaine, connectée, du quotidien, concernée par le changement des usages et les moyens de se réinventer."
Evoquant le service Domino qui va être déployé en octobre pour permettre au client d'envoyer ses colis sans bouger de son domicile, le programme French IoT de soutien à l'innovation dans l'Internet des objets, ou le CES Las Vegas, événement sur lequel La Poste a accompagné des startups françaises, Olivier Baccialone donnait également l'exemple du nouveau réseau postal avec des consignes automatiques créé dans les villes pour permettre au client de récupérer ses colis 24 h/24.

"Ce réseau de proximité a une grande valeur, c'est un bien public, l'objectif maintenant est de l'équiper en numérique pour faire remonter de la donnée."

A l'évocation de l'ouverture d'un certain nombre de données à travers le Service national de l'adresse, très utile pour les services de secours ou les livreurs de colis par exemple - "un enjeu économique et social pour tout le monde", insiste Olivier Baccialone - Stéphane Liénéré, de Cartégie, rappelait que "La Poste a ouvert son modèle mais l'OpenStreetMap aussi : l'ouverture va vers la qualité même s'il faut faire attention à ce que l'on va en faire."

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