La Tribune Wine's Forum : les lauréats de l'édition 2017

 |   |  1739  mots
Les lauréats, partenaires et membres du jury de cette édition 2017 de La Tribune Wine's Forum
Les lauréats, partenaires et membres du jury de cette édition 2017 de La Tribune Wine's Forum (Crédits : Agence Appa)
La Tribune Wine's Forum a réuni plus de 350 personnes lundi 16 octobre à Bordeaux, à la Cité du vin. L'événement a alterné les keynotes, masterclass et remise des prix, couronnant plusieurs acteurs particulièrement performants et innovants de la filière viti-vinicole. Voici les lauréats.

Organisé par La Tribune, placé sous le parrainage de Kedge Business School, La Tribune Wine's Forum découle des précédentes éditions des Talents du vin. Cette année, un nouveau nom est venu chapeauter un nouveau concept, plus tourné vers les échanges entre les experts et le public présent, composé en grande partie de professionnels de la filière. Voici les lauréats qui ont été récompensés.

Catégorie Jeune vigneron : Latifa Saïkouk (Saïkouk)

Née dans le Médoc au sein d'une famille marocaine immigrée de 7 enfants, Latifa Saïkouk suit dans les vignes son père ouvrier agricole avant de suivre des études de viticulture - œnologie. En 2001, parrainée par le viticulteur Jean-Pierre Dupuy, elle s'installe à Saint-Seurin-de-Cadourne dans les vignes que son « 2e père » lui a cédées en fermage. Pendant cinq ans, elle apporte ses raisons à la cave coopérative avant de faire le saut et de vinifier elle-même sa récolte. Latifa Saïkouk produit trois vins sur 9 hectares : Château Le Mont du Puit, Saïkouk Médoc et Saïkouk Haut-Médoc (10.000 cols au total), une partie est également vendue au négoce. Les étiquettes fushia et mauve qui barrent ses bouteilles ont eu du mal à se faire accepter au milieu du classicisme médocain... Se revendiquant « Médo-marocaine », elle fait preuve d'une belle opiniâtreté.
Prix parrainé par Yannick Cambacédès, délégué financement de Bpifrance Nouvelle-Aquitaine

Catégorie Innovation : Vignobles Bernard Magrez

L' "homme aux 40 châteaux" fait déjà voler des drones au-dessus de ses vignes à Pape Clément depuis 4 ans. Bernard Magrez va désormais plus loin en structurant ses démarches d'innovation autour d'un pôle scientifique qu'il vient de créer au sein de son activité grands crus classés. Ce pôle est dirigé par Arnaud Delaherche, docteur en microbiologie, qui explique : "L'objectif de ce pôle est de proposer différentes thématiques de recherche qui présentent un intérêt au niveau régional et de trouver les partenaires de recherche avec qui nous pouvons les mettre en œuvre." L'idée est donc de faire profiter à l'ensemble des acteurs les bénéfices retirés par ces programmes de recherche. Parmi la dizaine de projets déjà définis : l'étude de 75 cépages provenant des régions méditerranéennes sur une parcelle à La Tour Carnet, la détection du mildiou et l'optimisation de son traitement grâce aux drones, la production de levures issues des vignobles Magrez, le développement de la robotique pour le travail de la vigne et pour le tri des raisins avec des capteurs mesurant la maturité... et la création d'une formation de maître charretier pour redonner un coup de fouet à la traction animale.
Prix parrainé par Dominique Garnier, directeur général de la Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique

Catégorie Equipementier : Seguin Moreau et Compagnie

Toutes deux nées à Cognac au XIXe siècle (1838 pour Moreau et 1870 pour Seguin), ces deux tonnelleries charentaises vont se développer parallèlement jusqu'à ce que la maison de cognac Rémy Martin décide de maîtriser l'élaboration des fûts destinés au vieillissement de ses eaux de vie. C'est ainsi qu'en 1958 Rémy Martin prend une participation majoritaire dans la tonnellerie Moreau qui, pour augmenter sa propre production, prend le contrôle des ateliers Seguin. Ainsi nait la société Seguin Moreau. Ancrée dans le cognac, la société se diversifie dans les grands vins au début des années 1980 et surfe sur la notoriété de bordeaux haut de gamme pour s'internationaliser.
Seguin Moreau a concentré ses efforts sur la compréhension des échanges biochimiques entre le bois de chêne et le vin, et va être à l'origine de plusieurs innovations, dont une qui permet de prédire avec une précision mathématique comment la barrique va façonner le vin rouge qu'elle contient, en fonction du type de chêne dont elle est faite. Aujourd'hui la société a son siège social en Charente, à Merpins, et un bureau à Bordeaux. Elle fabrique 80.000 fûts par an ainsi que des tonneaux de grande capacité dans 3 ateliers de production : en France à Cognac et en Bourgogne, et aux Etats-Unis à Napa. Seguin Moreau emploie 240 personnes et envoie ses productions dans 45 pays. Filiale du groupe Oeno, dirigée par Nicolas Mälher-Besse, la société a enregistré un CA consolidé de 70,5 M€ en 2016, en croissance de 14,04 %, dont 65 % à l'export. Elle compte prendre le virage numérique en installant par exemple des bondes pour mesurer en permanence le niveau de remplissage de ses barriques.
Prix parrainé par Cendrine Martinez, directrice générale déléguée de La Tribune à Bordeaux

Catégorie Commercialisation : Actiwine

L'idée de la création d'Actiwine est née en 2014 d'un constat d'Eric Lévy, cofondateur de la société, qui, en tant qu'acheteur vin pour E.Leclerc, ne cessait de déplorer le manque de temps pour se sourcer autrement que par les offres de sa centrale d'achat ou le démarchage. Un constat partagé par Benoit Routurier, cofondateur, ancien responsable de vignobles, négociant et caviste. Une difficulté pour les professionnels à se sourcer qui rejoint la préoccupation récurrente chez les viticulteurs qui savent fabriquer le vin mais pas forcément le vendre. Deux problématiques auxquelles Actiwine va s'attacher à répondre. Créée à Bordeaux en 2015 avec un troisième associé, Jean-Laurent Wotton, qui a passé 10 ans chez Google en tant que directeur performance marketing, Actiwine, désormais installée à Lormont, propose aujourd'hui une plateforme qui rassemble 250 vignerons, dont 70 de la région. La plateforme n'est ouverte qu'aux acheteurs professionnels et sélectionne les viticulteurs, qu'elle rencontre physiquement au moins une fois et dont elle teste les productions. L'acheteur garde toutefois la possibilité de négocier en faisant une offre au viticulteur qui est averti par mail ou SMS et peut ensuite accepter ou proposer un autre prix. La société propose également au viticulteur de maitriser la diffusion de son vin, puisqu'il peut choisir avec qui il veut travailler, distribution indépendante, centrale d'achat, CHR, et peut même exclure un département en particulier s'il a déjà un vendeur sur zone ou même refuser un distributeur pour ne pas pénaliser un caviste déjà client de ses vins. Panier moyen : 300 à 400 bouteilles (480 pour les clients de la distribution). Actiwine (16 emplois) revendique une croissance mensuelle de son CA 20 % (1 M€ était attendu au 1er semestre, 2,5 M€ sur l'année 2017). Clientèle : 500 acheteurs de la restauration et de la grande distribution comme Super U, E.Leclerc, Intermarché, ou Auchan.
Prix parrainé par Philippe Rodhain, dirigeant associé fondateur du cabinet de conseils en propriété industrielle IP Sphère

Catégorie Prix du jury : Dartess

Filiale du groupe Tesson, Dartess est installée à Blanquefort. La société compte au total 10 sites sur le territoire métropolitain. Le groupe propose à ses clients, parmi lesquels figurent environ 150 des 400 négociants de la place bordelaise, une gamme large de prestations : traitement de vin en vrac, embouteillage, habillage, entreposage, préparation de commandes... Le logisticien revient de loin. Dartess a en effet été placée sous procédure de sauvegarde en 2014 après le rachat de Mitsiu, logisticien historique en difficultés. La société a surmonté ce cap et cherche maintenant à consolider ses positions sur un marché où elle se classe désormais comme leader : dans la 12e édition du Top 150 des prestataires logistiques en France de Supply chain Magazine, Dartess prend la 1re place dans le classement des prestataires logistiques dédiés aux vins et spiritueux. La société, qui compte 250 collaborateurs en équivalent temps plein, a enregistré en 2016 un chiffre d'affaires de 15 M€, en progression de 5 % avec 255 clients actifs, 160 millions de bouteilles réceptionnées et expédiées pour ses clients, 10 millions de cols embouteillés et habillés, 500.000 commandes traitées, mais aussi 4,5 millions de cols expédiés pour le e-commerce en BtoC. Elle doit désormais répondre à la progression de son activité e-commerce, qui participe pour plus d'un tiers à sa croissance. Le CA de Dartess devrait progresser de 10 % cette année, croissance accompagnée par une vingtaine de recrutements. Fait notable : Dartess a mené un travail de fond important autour de la logistique répondant aux enjeux du e-commerce, de manière à s'adapter pour pouvoir traiter des commandes à la bouteille ou sur de faibles volumes en un temps record.
Prix parrainé par Jacques-Olivier Pesme, directeur de la Wine & Spirits Academy de Kedge Busines School

Catégorie Talent de l'année : Céline Lannoye, Célène Bordeaux et François-Xavier Maroteaux, Château Branaire Ducru

Fille de Françoise et Philippe Lannoye, qui possèdent 3 châteaux, Céline Lannoye a étudié à Kedge Business School, a vécu une année de césure aux Etats-Unis chez un distributeur de vins avant d'assurer la direction marketing et communication de la Coopérative du Marmandais. Elle est depuis 2015 directrice générale de Célène Bordeaux, premier élaborateur et metteur en marché de crémants de Bordeaux, une AOC en plein essor. Célène est née du regroupement de Maison Ballarin, acteur familial historique du crémant, et des trois vignobles de la famille Lannoye. Revendiquant une approche artisanale plus qu'industrielle, Célène produit et met en marché environ 1,3 million de cols par an, soit un tiers du marché des crémants de Bordeaux, principalement en grande distribution, chez les cavistes, en restauration. 15 % de la production, développée dans 3 hectares de galeries souterraines, est exportée.

François-Xavier Maroteaux codirige le Château Branaire-Ducru, 4e grand cru classé du Médoc au classement de 185 (Saint-Julien). Le fils de Patrick Maroteaux, ancien président de l'Union des grands crus entre autres, représente comme Céline Lannoye une nouvelle génération qui arrive aux commandes des entreprises de la filière, en apportant un regard nouveau. La famille Maroteaux a repris Branaire-Ducru en 1988 alors que le château était à la peine et l'a ramené au sein des grands « classiques » du Médoc (260.000 cols par an). La propriété emploie 35 personnes et réalise un chiffre d'affaires oscillant entre 5 et 8 millions d'euros.

Prix parrainé par Lydia Hérault, conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine déléguée à la viticulture et aux spiritueux

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :