Bordeaux ville la plus intelligente

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Carlos Moreno (Live in a living city), Virginie Calmels (mairie de Bordeaux) et Sunil Dubey (association mondiale Metropolis)
Carlos Moreno (Live in a living city), Virginie Calmels (mairie de Bordeaux) et Sunil Dubey (association mondiale Metropolis) (Crédits : Appa)
Modifié 15/04/2015 -17 h 34/ L’introduction de la matinée du 1er Forum Smart City (ville intelligente) de Bordeaux, organisé par La Tribune et La Tribune - Objectif Aquitaine, en partenariat avec Bordeaux Métropole et la Ville de Bordeaux, au Palais de la Bourse de Bordeaux, a permis de faire un premier tour d’horizon.

Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune et de La Tribune - Objectif Aquitaine, a donné le top départ de cette journée en compagnie de Max Armanet, responsable du pôle Live média à La Tribune, qui a souligné que désormais la ville était connectée au monde, d'où l'émergence d'une ville monde. Après avoir remercié Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, en charge de l'économie, et conseillère communautaire, Jean-Christophe Tortora a rappelé de son côté qu'il y a moins d'un an il avait présenté "la mise sur orbite du site de La Tribune - Objectif Aquitaine". Il a réaffirmé la vision stratégique où se connectent échelons global et local.

"C'est ainsi que nous avons pris le contrôle du magazine Objectif Aquitaine, il y a deux ans, qui est devenu aujourd'hui un de nos bureaux les plus dynamiques en France, a précisé notre éditeur. Les sites web du groupe La Tribune, a poursuivi Jean-Christophe Tortora, totalisent 26 millions de pages vues par mois et nous permettent d'avoir une visibilité nationale mais aussi internationale, puisque nous sommes lus à l'étranger. La manifestation d'aujourd'hui mobilise des intervenants des quatre coins du monde : Bordeaux est la capitale mondiale de la Smart City."

Notre éditeur a alors été rejoint sur scène par Virginie Calmels qui s'est réjoui d'accueillir les représentants d'autres villes du monde. "Bordeaux est une ville de taille moyenne dans une agglomération de 800.000 habitants. Bordeaux Métropole est petit mais c'est un territoire d'innovation, une ville intelligente, heureuse et ouverte. Au nom d'Alain Juppé c'est un sentiment que je tiens à partager avec vous", a déclaré en substance Virginie Calmels.

La menace des Zombis Geeks

"Grand maître de cérémonie" de cette journée du Forum Smart City de Bordeaux, comme l'a baptisée Virginie Calmels, Carlos Moreno, président du Forum "Live in a living city" (LIALC), a commencé la première série d'entretiens par un dialogue avec l'auteur et journaliste Francis Pisani, après avoir précisé que trois leviers majeurs devaient être actionnés pour faire face à la métropolisation galopante du monde : "l'inclusion sociale, la réinvention urbaine et la révolution technologique". Grand voyageur à l'écoute des pulsations du monde, Francis Pisani ne voulait pas manquer la révolution numérique qu'il voyait poindre. Installé à San Francisco en 1996, il a été déçu.

"A l'époque, les Geeks s'imaginaient que tout le monde était branché comme eux, ce qui bien sûr était faux. Aujourd'hui je pense que l'endroit où les Geeks rencontrent le monde, c'est peut-être la ville. La révolution urbaine est un fait majeur mondial. Chaque année la Chine a besoin d'un nouveau New York pour loger sa population et l'Inde d'un nouveau Chicago" a illustré Francis Pisani.

Avant de quitter la scène, il n'a pas hésité, à la demande de Carlos Moreno, à parler de ce qui lui faisait peur. "Hyper connexion ne signifie pas lien social et ce que je crains c'est l'émergence de Zombis Geeks, d'où l'importance d'avoir un ancrage social très fort".

Bordeaux, "meilleure petite ville du monde" ?

Le dialogue s'est ensuite poursuivi entre Virginie Calmels et Sunil Dubey, directeur pour l'Inde du Forum mondial Metropolis, la plus importante association mondiale d'agglomérations. Installé à Sydney, Sunil Dubey est un spécialiste du monde asiatique.

"Trois mots vont jouer un rôle clé dans la création du monde de demain : le développement humain, la durabilité et l'innovation. Nous devons partager les idées et les expériences pour éviter de refaire les mêmes erreurs. L'innovation sociale est très importante dans le développement des villes en Asie, en particulier au Japon, qui va nous montrer jusqu'où on peut aller dans la connectivité pour éviter le chaos humain", a-t-il observé.

Face au développement galopant des mégalopoles, Sunil Dubey s'est attiré un franc succès de la salle en déclarant "Les villes comme New York ou Bombay ne sont pas des villes heureuses. Mais Bordeaux fait partie des villes où l'on peut être heureux. Peut-être que Bordeaux est la meilleure petite ville du monde ?". Virginie Calmels a de son côté clairement expliqué que "Bordeaux ne serait pas Bordeaux sans le leadership d'Alain Juppé, qui a permis la transformation de la ville. Bordeaux joue collectif, en interne comme en externe". Avant de rajouter que l'innovation sociale était un sujet majeur pour éviter l'échec, "il faut susciter un développement de la croissance qui aille au-delà de la simple répartition des richesses".

Les services aux habitants

Antoni Vives i Tomas, maire adjoint de Barcelone, a mis en exergue le volontarisme politique qui a mené la capitale catalane à recevoir de nombreux prix internationaux pour son engagement dans la ville intelligente. L'élu, qui intervenait depuis Barcelone, a souligné que la technologie ne suffisait pas à rendre une ville meilleure. "Ce qui compte ce sont les services qu'on apporte aux habitants grâce à la technologie et l'avenir. Nous avons ainsi mis un pin's au point qui permet aux habitants de 75 ans et plus d'avoir du secours en appuyant dessus s'ils tombent où n'arrivent pas à aller faire leurs courses", a illustré Antoni Vives i Tomas.

Cette vision d'une ville intelligente tournée vers les besoins de ses habitants, a croisé celle du docteur Eduardo Lopez Moreno, directeur de la recherche et du développement des capacités ONU - Habitat, qui est intervenu depuis Nairobi (Kenya). Cet important programme des Nations Unies fait face aux situations extrêmes liées à l'urbanisation dans le monde. "Au début du programme Habitat, l'idée était qu'il fallait maintenir les jeunes dans les zones rurales, la ville était considérée alors comme un parasite préjudiciable au développement économique. Lors du programme Habitat 2, il y a 20 ans, on ne parlait pas encore des inégalités, car nous étions dans la pauvreté. Depuis les choses ont changé et dans le cadre du programme Habitat 3 nous traitons des droits humains et défendons la création d'Etats solides" a résumé le docteur Eduardo Lopez Moreno, qui a indiqué que désormais une nouvelle géographie économique émerge dans ce programme des Nations Unies, celle de grandes régions urbaines.

Energéticiens et ensembliers urbains

Partenaires de cette journée internationale, Bouygues Immobilier était représenté par Emmanuel Desmaizières, directeur général logement segment ouest, EDF par Jean-Pierre Frémont, directeur du marché des collectivités et Cofely Ineo (Groupe Suez Environnement) par Thomas Peaucelle, directeur général délégué. Ce dernier a mis la mobilité et la liberté qu'elle apporte au centre de son intervention. Une mobilité aujourd'hui contrariée par les bouchons et génératrice de pollution. "D'où l'importance de l'efficacité énergétique d'une ville, d'autant que le bilan énergétique d'un immeuble peut-être lui aussi corrélé au temps de transport", a expliqué Thomas Peaucelle. Définissant son groupe comme un ensemblier urbain, Emmanuel Desmaizières a noté que les promoteurs immobiliers avaient désormais de plus en plus de responsabilités dans la qualité de vie, avec par exemple la création d'espaces de coworking, à l'éco-quartier Ginko, à Bordeaux-Lac. Jean-Pierre Frémont a confirmé que la croissance galopante des villes dans le monde constituait un défi pour les énergéticiens.

"Nous avons deux enjeux : être plus efficaces dans l'usage des ressources, en particulier en réduisant notre consommation d'énergie fossile, et développer des politiques publiques permettant de capitaliser sur ces atouts" a résumé Jean-Pierre Frémont.

Une autre performance collective locale a été dévoilée par Florence Ghiron, présidente du cluster aquitain Topos. Celle de l'organisation, du 5 au 9 octobre prochain, de la 22e édition mondiale du congrès mondial ITS. "Nous sommes passés devant des villes comme Copenhague, grâce à un travail fait en commun par la Région, le Département, Bordeaux Métropole et la Ville de Bordeaux. C'est la première fois depuis vingt ans que ce congrès, centré sur l'usager au cœur des systèmes, aura lieu en France."

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Commentaires
a écrit le 07/04/2015 à 11:48 :
Avec le nouvel auditorium surgissent des vocations de joueurs de pipeau.
a écrit le 03/04/2015 à 17:04 :
J'aimerais savoir quel concept sous-tend l'affirmation selon laquelle Bordeaux serait "la ville la plus intelligente". Pour l'heure, je tiens donc un tel énoncé pour une assertion d'un rare ridicule. Que son auteur ne m'en veuille pas : j'ai soutenu ma thèse à l'Université Michel de Montaigne/Bordeaux 3.
La toute petite ville de Plozévet, dans le Finistère, est tenue depuis des décennies pour la commune de France où la densité d'agrégés est la plus élevée : que je sache, ses habitants n'en ont jamais fait tout un plat.
Au fait, la formule que je relève a-t-elle été soumise aux universitaires de Bordeaux?
Jean Rémond, Docteur en linguistique anglaise.
a écrit le 03/04/2015 à 16:22 :
"Bordeaux ville la plus intelligente":

A l'image de son maire qui prévoit déjà une porte de sortie en cas d’échec aux primaires en déclarant qu'il se présenterai à la présidentielle si celles-ci sont "bidouillées" (comprendre: si il les perds)
a écrit le 03/04/2015 à 15:54 :
Grand merci depuis le #Béarn pour ce premier résumé. En espérant que la suite sera aussi riche d'enseignements... Pour nous aider à réaliser la Ville Intelligente dans notre coin des Pyrénées...

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