LGV : les vins de Bordeaux se sentent ignorés par GPSO

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Les vignes des appellations Sauternes et Barsac sont au coeur des inquiétudes des acteurs de la filière des vins de Bordeaux dans le cadre du futur tracé des lignes à grande vitesse du GPSO.
Les vignes des appellations Sauternes et Barsac sont au coeur des inquiétudes des acteurs de la filière des vins de Bordeaux dans le cadre du futur tracé des lignes à grande vitesse du GPSO. (Crédits : Objectif Aquitaine)
Le projet de ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et Bordeaux et Dax continue de faire parler… et écrire. Après la décision de l’Etat en septembre dernier de valider le projet et son tracé originel qui étaient pourtant rejetés par l’enquête publique, les acteurs du vin de Bordeaux, inquiets, ont adressé une lettre au chef de mission.

Après avoir alerté, dès 2014, le chef de mission GPSO (Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest) des conséquences potentielles sur la production des vins d'appellations Sauternes et Barsac des futures lignes à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse et Bordeaux-Dax, la Fédération des grands vins de Bordeaux a repris la plume hier.
Il faut dire qu'après avoir transmis un avis défavorable au tracé retenu à l'époque, la filière viticole n'a que peu goûté la décision de l'Etat, fin septembre dernier, de passer outre son avis et sa proposition de tracé, ainsi que de l'avis négatif, lui aussi de l'enquête publique (mars 2015). Au lieu de cela, l'Etat validait le projet sur sa base du tracé initial.
Hier donc, la Fédération des grands vins de Bordeaux et le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a écrit au chef de mission pour lui demander des informations supplémentaires sur l'impact patrimonial et environnemental du projet de tracé sur l'appellation Sauternes notamment.

"Nous attendons du porteur de projet qu'il nous apporte des garanties que celui-ci n'aura aucune incidence sur ce territoire emblématique, sur des conditions de production de ces vins liquoreux et sur l'avenir de nos viticulteurs", écrit notamment Laurent Gapenne, président de la Fédération, qui cosigne la lettre avec le président de la chambre d'agriculture de la Gironde, le président du CIVB, celui de l'ODG (organisme de gestion) Sauternes et Barsac et le président de l'ODG des Graves.

Il note également que le tracé retenu détruit 15 hectares des Graves et coupe en deux la porte d'entrée du vignoble au sud de Bordeaux... un plateau viticole qui est le point de départ d'un parcours œnotouristique dont le succès pourrait être accentué par l'ouverture en 2016 de la Cité du vin mais qui est, de fait, remis en cause.
Les auteurs du courrier relèvent enfin que si les conclusions des dernières expertises sont favorables au tracé actuel retenu, elles font apparaitre une demande... d'expertises supplémentaires, ce qui "obère la valeur de leurs conclusions". Ils regrettent au passage que les ODG concernées n'aient pas fait l'objet d'une étude hydrogéologique et climatique "alors que des problèmes particuliers pourraient intervenir du fait de la traversée ferroviaire de leur territoire", concluent-ils dans le courrier envoyé hier.

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a écrit le 04/12/2015 à 10:45 :
Dans la plupart des cas, le client n'est pas si pressé qu'on croit, surtout quand on lui présente correctement le surcoût ! Regardez le cas du prolongement de la ligne TGV Paris-Strasbourg...
a écrit le 04/12/2015 à 9:00 :
C'est grave et méprisant...!
a écrit le 03/12/2015 à 15:48 :
Hormis une vrai volonté politique pour faire cette ligne il y a d autres soucis plus important

Si Vinci ne trouve pas un équilibre pour bx Paris , comment vont ils faire sur un ligne Toulouse . Ils vont mettre plus de train pour aller à Toulouse qu à Paris ???
Les comptes de SNCF sont trop opaques et se servent des aides des régions pour rester en équilibre . La region paye les 2/3 du cout les usagers qui un tiers au niveau ter , c est la region qui paye les rames également , mais où on va ???

Il n y a pas énormément de traffic global entre Toulouse et Bordeaux meme les chiffres d utilisation au niveau passager sont faux aussi bien train que autoroute

Essayez de trouver les voitures en nombre qui font réellement bx Toulouse peu comme sur autoroute Pau d ailleur

Pour les trains c est idem peu de passagers bx Toulouse.

Toulouse c est Airbus pas le train
Réponse de le 03/12/2015 à 21:21 :
Pour nourrir le débat, j'ajouterais que :
- si les discours et promesses sont tenus, on nous annonce un Toulouse-Paris en 3h05 par la future infrastructure, de centre ville à centre ville
- sachant que prendre l'avion Toulouse-Paris prend au minimum 3h30 de centre à centre (contrôles, bagages, préacheminement jusqu'aux aéroports, parkings, navettes, ...), le train deviendrait compétitif en terme de temps de trajet. D'ailleurs, l'exemple de Paris-Marseille est éloquent : le trafic aérien entre ces deux villes a fondu dès l'ouverture de la LGV. Noter au passage que la ligne aérienne Toulouse-Paris est la plus fréquentée d'Europe!! Outre les retombées écologiques, il y a donc un potentiel factuel de fréquentation de cette future LGV. Et les 3 trains/jour qui manquent au buziness-plan de Liséa seraient tous trouvés.
On remarquera aussi que les collectivités locales situées en amont de Bordeaux (région Midi-Pyrénées, départements traversés par la LGV, communes, etc...) ont été sollicitées pour mettre la main au portefeuille pour financer la partie publique du PPP de la LGV Tours-Bordeaux au motif qu'ils en profiteraient plus tard. Tout abandon du segment Bordeaux-Toulouse devrait donner lieu, en toute justice, au remboursement des millions ainsi avancés.
Ajoutez à ceci, que la mode est à la chasse au CO2 (COP21 oblige), et la solution LGV est gagnante sur ce créneau. Pour information, il faut savoir que tout train qui freine génère de l'énergie électrique qui est réinjectée dans le réseau, ce qui fait que, globalement parlant, un réseau ferroviaire électrique est plutôt "économe" en énergie.

Après, il y a tout ce qui relève du subjectif plus ou moins manipulé par divers groupes de pression (les politiques, les chasseurs de palombes, les propriétaires de résidences secondaires ou pas qui ont leurs entrées au bon endroit, les chercheurs de champignons et j'en passe!)

PS : l'autoroute Bordeaux-Pau est effectivement l'exemple type de l'investissement coûteux et inutile qui aurait pu être reporté à la décade suivante vu le trafic qu'elle supporte ! Mais comment comprendre alors qu'elle ait pu être construite en plein Grenelle de l'environnement de M. Borloo ?? ;-)

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