Quel bilan pré-estival pour l'industrie de Nouvelle-Aquitaine ?

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Si les commandes du Rafale ont fait du bien chez Dassault Aviation et ses sous-traitants, la situation est bien plus difficile sur le marché de l'aviation d'affaires.
Si les commandes du Rafale ont fait du bien chez Dassault Aviation et ses sous-traitants, la situation est bien plus difficile sur le marché de l'aviation d'affaires. (Crédits : © Denis Balibouse / Reuters)
Quelques jours après la cohue du salon du Bourget et avant que la torpeur estivale s'empare des usines, Xavier Esturgie, délégué affaires publiques de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Nouvelle-Aquitaine, livre sa lecture de la conjoncture actuelle. Il s'appuie notamment sur l'enquête réalisée par l'UIMM Nouvelle-Aquitaine au 1er trimestre 2017.

"Il faut d'abord rappeler que la filière aéronautique, spatial et Défense est présente sur des marchés très diversifiés et qu'on ne peut donc pas faire de grande généralité, souligne Xavier Esturgie. Une fois ceci dit, on constate que la pente est plutôt ascendante, marquant une tendance de fonds qui semble durable, ce qui n'était pas arrivé depuis la crise de 2008 - 2009. Le spatial se maintient avec la fabrication de 8 fusées Ariane 5 cette année et surtout avec le premier vol d'Ariane 6 en 2020, qui va booster le tissu économique et dont les retombées attendues pour l'industrie atteignent le milliard d'euros, dont une part significative dans la région."

Sur le plan militaire, "les annonces de commandes pour le Rafale ont eu un effet très positif, juge le directeur général de l'UIMM régionale. L'aviation civile est marquée par beaucoup de commandes, notamment d'Airbus A320 et A350 même si cette année Boeing est devant à l'issue du salon du Bourget. On oublie trop souvent de parler d'ATR qui a déjà atteint son objectif de commandes. Ensuite, il y a certaines problématiques spécifiques comme celle des hélicoptères et de l'aviation d'affaires où la situation est plus compliquée et où les sous-traitants sont impactés par des cadences de production particulièrement faibles. Mais cette tendance n'est pas nouvelle et remonte à 2016." Si bien que des mesures massives d'activité partielle et d'aides à la formation sont aujourd'hui nécessaires à certaines PMI pour faire face à cette situation critique, souligne l'UIMM, ajoutant que "aucun signe tangible de rebond à court terme n'est perceptible à ce stade sur ces marchés".

Inquiétudes pour les marchés industriels de l'agroalimentaire

L'enquête régionale de l'UIMM note aussi ces derniers mois une bonne tenue de l'emploi et une reprise de l'intérim, à + 9,1 % fin mars par rapport à 2016, qui est toujours un bon indicateur du dynamisme de l'industrie. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est redressé après le trou d'air de l'été 2016, lentement mais régulièrement.

"Les inquiétudes portent plutôt sur la filière oil & gas avec des investissements qui ont décroché avec la crise du pétrole, et pour les PMI positionnées sur les marchés viticoles et arboricoles. Le gel a fait énormément de dégâts, ce traumatisme aura des effets importants l'an prochain ou en 2019", explique Xavier Esturgie.

La visibilité des dirigeants s'accroit et ils sont plus de 50 % à déclarer un chiffre d'affaires orienté à la hausse au premier trimestre. 61 % attendent même une hausse annuelle de leur CA 2017 par rapport à 2016. La fonderie, la mécanique marchent, les industries électrique et électronique se portent bien, l'automobile a vu sa croissance ralentir après quelques années de hausse, atteignant probablement un palier. Les taux de marges se sont plutôt améliorés mais cette tendance pourrait être remise en cause par la tension sur les prix, notamment dans les activités de sous-traitance. Les délais de paiement paraissent se stabiliser depuis l'été 2016. Les excédents bruts d'exploitation restent éloignés des niveaux d'avant-crise, "les investissements augmentent mais à y regarder de plus près, ils sont surtout concentrés sur quelques entreprises. Dans le contexte de l'usine du futur, un petit coup de pouce serait bienvenu !", complète Xavier Esturgie, qui fait passer un message sur un sujet crucial pour l'avenir de la branche industrie :

"Pour lutter contre l'image décalée de la réalité que peut avoir le grand public de nos métiers, toutes nos fédérations se sont regroupées sous une approche unique, « la fabrique de l'avenir ». Son but est d'expliquer très simplement que l'industrie est utile et qu'elle est au début d'une révolution de ses métiers. 70 % seront transformés, les nouvelles opportunités sont très larges et pas toutes techniques, loin de là."

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