Profils, zones d’emploi, secteurs d’activité : l’emploi saisonnier à la loupe en Nouvelle-Aquitaine

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Les saisonniers en Nouvelle-Aquitaine sont surtout employés dans les communes du littoral. Ici, Arcachon.
Les saisonniers en Nouvelle-Aquitaine sont surtout employés dans les communes du littoral. Ici, Arcachon. (Crédits : CRTA_Laurent Reiz)
L’Insee Nouvelle-Aquitaine a dévoilé hier une étude sur l’emploi saisonnier menée en partenariat avec la Région dans la perspective de l’élaboration du futur schéma régional du développement touristique et des loisirs. Au total, plus de 171.000 contrats saisonniers ont été signés entre novembre 2012 et octobre 2013.

"L'emploi saisonnier est un enjeu économique très fort pour la Région", insiste d'emblée Sandrine Derville, vice-présidente du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge du tourisme.

"Le but est d'améliorer la connaissance qualitative et quantitative de ce secteur, l'idée étant d'analyser son poids économique par zone d'emploi et par zone touristique pour ensuite adapter nos interventions", poursuit-elle.

A ce titre, la Région a fait appel à l'expertise de l'Insee qui a étudié l'emploi saisonnier entre novembre 2012 et octobre 2013. Ainsi, sur cette période, 146.100 salariés ont signé 171.200 contrats saisonniers déterminés (hors intérim) en Nouvelle-Aquitaine. Cela représente 17.000 emplois en équivalent temps plein, soit 1,2 % de l'emploi salarié régional sur la période.

Deux profils : les jeunes et les "salariés modestes"

Deux profils ont été clairement identifiés. 4 saisonniers sur 10 sont de jeunes étudiants qui ont exercé un job d'été et n'ont occupé qu'un seul poste pour la grande majorité d'entre eux. L'autre profil est celui des "salariés modestes", plus âgés, qui cumulent ou enchaînent des postes saisonniers et non saisonniers. Ils travaillent davantage dans les activités de services administratifs et de soutien et dans le commerce.

De manière générale, les contrats saisonniers sont peu qualifiés et de courte durée. L'Insee a recensé une majorité de contrats d'ouvriers ou d'employés et seulement 5 % de contrats de cadres. Conséquence de cette qualification moindre, le travail saisonnier est moins rémunéré que le travail non saisonnier dans la plupart des secteurs d'activité. Le salaire médian net horaire s'élève à 8,80 euros contre 10 euros pour un contrat non saisonnier.

Par ailleurs, le recrutement est avant tout local mais un tiers des contrats concernent des saisonniers habitants hors de la zone d'emploi où ils travaillent.

1 emploi saisonnier sur 2 dans le tourisme

En Nouvelle-Aquitaine, les trois quarts des contrats saisonniers sont générés pas le tourisme et l'agriculture. Le secteur de l'hébergement-restauration est le premier pourvoyeur d'emplois saisonniers. Il regroupe 33 % des contrats signés. Le deuxième secteur d'emploi saisonnier est celui de l'agriculture-pêche (22 % des contrats saisonniers). 52 % des contrats sont signés sur les mois de juillet et août. Beaucoup d'emplois saisonniers sont à pourvoir dans les stations balnéaires mais aussi dans les grandes villes de la région. Les six zones d'emploi de Bordeaux, Dax, La Rochelle, La Teste-de-Buch, Bayonne et Royan concentrent à elles seules la moitié de l'emploi saisonnier en équivalent temps plein.

De manière plus précise, 69.500 salariés saisonniers ont travaillé dans les activités liées au tourisme entre novembre 2012 et octobre 2013, ce qui représente la moitié de l'emploi saisonnier régional. Les contrats sont signés à 90 % dans l'hébergement-restauration, le commerce et les arts et spectacle. Le littoral est très demandeur, mais le Périgord Noir l'est également, sans oublier le massif pyrénéen avec deux saisons distinctes, l'hiver et l'été, et la zone du Futuroscope.

Un Schéma régional en janvier 2018

Cette étude détaillée servira de base à l'élaboration du Schéma régional du développement du tourisme et des loisirs qui inclura le Plan régional des saisonniers.

"Nous allons travailler sur la question de la formation mais aussi sur la problématique du logement en soutenant les hébergeurs et en ouvrant par exemple les lycées hors période scolaire. Cette étude est une base très solide pour nos réflexions", reconnait Sandrine Derville.

Le Schéma régional devrait voir le jour début 2018.

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