Les effectifs, enjeu de la rentrée dans les universités

 |   |  822  mots
Vincent Hoffmann-Martinot, président de la Comue d'Aquitaine, Olivier Ducrip, recteur de l'académie de Bordeaux, et Manuel Tunon de Lara, président de l'Université de Bordeaux
Vincent Hoffmann-Martinot, président de la Comue d'Aquitaine, Olivier Ducrip, recteur de l'académie de Bordeaux, et Manuel Tunon de Lara, président de l'Université de Bordeaux (Crédits : LTB / Mikaël Lozano)
Le rectorat annonce des effectifs globaux en augmentation dans les universités de Bordeaux. Si celles de la capitale régionale restent à peu près stables, l'Université de Pau et des Pays de l'Adour voit le nombre de ses étudiants gonfler de 4,5 %.

Le recteur de l'académie de Bordeaux a fait le point sur la rentrée universitaire mardi matin, entouré des représentants de l'Université de Bordeaux, de Bordeaux Montaigne, de Pau Pays de l'Adour, de Sciences Pau, de Bordeaux INP et du président de la Comue (Communauté d'établissement) d'Aquitaine Vincent Hoffmann-Martinot. Si au plan national, une hausse des effectifs est attendue à hauteur de 1,8 %, la situation est plus contrastée à l'échelon régional.

Les tendances indiquent une stabilité à l'Université de Bordeaux (54.500 étudiants attendus dont 12 % d'internationaux) et à l'Université Bordeaux Montaigne (16.000 étudiants). En revanche l'Université de Pau et des Pays de l'Adour enregistre une croissance de 4,5 %, atteignant 13.000 étudiants au total. La hausse découle naturellement du nombre de bacheliers en juin dernier, lui aussi en augmentation. Lors de l'année 2015 - 2016, le nombre d'étudiants suivant une formation d'enseignement supérieur était déjà en hausse de 2,9 %.

Répondre aux sureffectifs

Plusieurs dossiers sont sur le dessus de la pile en cette rentrée universitaire. Notamment la sécurisation des parcours des masters, qui prévoit quelques changements à mettre en place. L'admission en master est désormais ouverte à tous les titulaires d'un diplôme sanctionnant un 1er cycle ou bénéficiant d'une validation d'études, d'expériences professionnelles ou d'acquis personnels. Une liste limitative de 1.300 masters a également été créée, prévoyant pour les formations concernées que l'admission en 2e année peut dépendre des capacités d'accueil et peut être subordonnée à la réussite d'un concours ou à l'examen d'un dossier. 12 masters sont concernés dans l'académie bordelaise.

Les capacités d'accueil : c'est justement un des défis qui préoccupent les universités. Ce n'est plus une nouveauté et c'est un problème national : certaines filières saturent. "En quelques années, nous sommes arrivés à une situation où nous devons faire face à 20 % d'étudiants en plus avec 20 % de moyens en moins, résume vertement Mohamed Amara, président de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. Ça craque de partout, mais on y arrive pour le moment."

"Le droit et la santé saturent mais on y fait face, complète Manuel Tunon de Lara, président de l'Université de Bordeaux. Nous pouvons toujours retransmettre un cours dans un second amphi. Nous testons également la délocalisation à Pau de la première année commune en études de santé. Si ce test est concluant, nous pourrons ensuite envisager d'étendre le dispositif. En Staps et en psycho, ça sature malgré l'augmentation des capacités d'accueil. En sciences et technos, les effectifs augmentent mais pas au point d'atteinte le point de blocage."

La délocalisation de la 1re année de santé en test

En cas de filière saturée, c'est le tirage au sort qui est mis en œuvre. C'est le cas en Staps et en psycho. Une situation qui reste inacceptable pour Manuel Tunon de Lara, affirmant que "pas un seul président d'université ne peut y être favorable". Le patron de l'Université de Bordeaux indique que le problème des sureffectifs est national et que c'est surtout la première année qui pose problème. Pour la filière santé, "c'est au moment du concours en fin de 1re année que se fait la sélection. En droit, la régulation se fait malheureusement par l'échec avec un taux de réussite de la 1re année de 30 %."

Olivier Dugrip a passé en revue les différentes nouveautés qui marquent cette rentrée universitaire : maintien du gel des droits d'inscription et pour la première fois, gel de la cotisation du régime de Sécurité sociale, réforme des bourses étudiantes, création de l'aide à la recherche d'un premier emploi avec une somme de 200 à 300 € mensuels octroyée pendant 4 mois maximum pour les jeunes diplômés... Par ailleurs, le recteur a rappelé que 838 logements étudiants seront construits ou rénovés d'ici à 2020.

La Rochelle va rejoindre la Comue

Vincent Hoffmann-Martinot a de son côté évoqué le changement de périmètre de la Comue d'Aquitaine. La réforme régionale au 1er janvier dernier ayant entraîné la fusion de l'Aquitaine, de Poitou-Charentes et du Limousin, il serait logique que la Communauté d'établissements adopte le même périmètre pour plus de cohérence dans la politique de formation développée. Problème : les pôles universitaires de La Rochelle, Poitiers et Limoges font partie de la Comue Léonard de Vinci, avec Orléans et Tours. Vincent Hoffman Martinot a confirmé que le conseil d'administration de La Rochelle vient de voter, à une large majorité, sa sortie de la Comue Léonard de Vinci. Les résultats du scrutin sont effectivement sans appel : 25 voix pour, 4 abstentions, 0 contre. Au terme du préavis d'un an, La Rochelle quittera donc Léonard de Vinci. Les discussions ont débuté pour rallier la Comue d'Aquitaine.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :