Record à l'export des vins et spiritueux en 2015

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Si les exportations de vins et spiritueux ont augmenté de 8,7 % en valeur par rapport à 2014, l'évolution est à la baisse en volume avec 188 millions de caisses exportées (-3,6 %).
Si les exportations de vins et spiritueux ont augmenté de 8,7 % en valeur par rapport à 2014, l'évolution est à la baisse en volume avec 188 millions de caisses exportées (-3,6 %). (Crédits : Hervé Lefebvre pour Vinexpo)
La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a publié les chiffres de l'année 2015 qui a enregistré des records avec un chiffre d'affaires de 11,7 milliards d'euros en hausse de 8,7 %, portée notamment par les taux de change. Mais si les vins mousseux continuent leur progression principalement grâce aux champagnes, les vins tranquilles poursuivent leurs pertes en volume.

Après deux années en léger recul, le chiffre d'affaires des vins et spiritueux a retrouvé en 2015 le chemin de la croissance pour atteindre un niveau historique de 11,7 milliards d'euros, en hausse de 8,7% par rapport à 2014. Soit l'équivalent de la vente de 146 Airbus, précise la FEVS. L'augmentation des ventes résulte d'abord des effets de change positifs : initiée en 2014, la baisse de l'euro face aux devises de nos principaux partenaires commerciaux a stimulé les exportations, en particulier vers les Etats-Unis. En euros constants, cette progression est ramenée à 1,6 % par rapport au précédent record de 2012.
Les vins et spiritueux retrouvent le 2e rang parmi les excédents de la balance commerciale de la France, avec un solde positif de 10,4 milliards d'euros, juste derrière l'aéronautique (+22,2 Md€) et devant les parfums et cosmétiques (+9,2 Md€). Ils restent le premier contributeur à l'excédent commercial de l'agroalimentaire.
Pour la troisième année consécutive, les volumes de vin expédiés sont en recul. La baisse s'établit à 3,6 % avec un volume de 188 millions de caisses. Si les vins mousseux continuent leur progression (en volume comme en valeur) grâce notamment aux performances du champagne, à l'inverse, les pertes de volumes en vins tranquilles se poursuivent. Ainsi pour les bordeaux, le volume s'établit à 22,6 millions de caisse de 12 bouteilles, en baisse de 2,8 % alors qu'en valeur l'évolution s'établit à la hausse (+2,9 %) à 1,82 Md€.
En trois ans, les exportations de vins tranquilles ont diminué de 16 millions de caisses (1,4 million d'hectolitres), soit, chaque année, l'équivalent de 25 % des exportations de bordeaux. La hausse des prix qui en résulte vient pénaliser la compétitivité des produits français sur les marchés.
La bonne performance du Cognac, qui constitue 70 % des exportations de spiritueux, permet de retrouver une évolution positive du chiffre d'affaires des spiritueux (+13,2 %), pour la première fois depuis 2012. Les volumes de spiritueux restent en revanche orientés à la baisse (-3,7 %).

Premier marché : les Etats-Unis

Les premiers marchés à l'export vins et spiritueux confondus sont les Etats-Unis à 2,6 Md€ (22,2 % des exportations), suivis par le Royaume-Uni (11,8 %), l'Allemagne (7,3 %), la Chine (7,1 %) et Singapour (6,8 %).
Les vins et spiritueux français enregistrent une augmentation de leur chiffre d'affaires sur les vingt premiers marchés d'exportation, à l'exception de l'Allemagne. Si ces pays absorbent désormais 88 % du total des ventes en valeur (et 86% en volume), ils n'en représentent pas moins la diversité des exportations françaises.
En valeur absolue, l'accroissement des ventes aux Etats-Unis et sur l'ensemble Chine/Hong-Kong/Singapour constitue, à lui seul, 85 % de l'augmentation des exportations enregistrée en 2015.
Avec plus de 28 % d'augmentation, le chiffre d'affaires des vins et spiritueux français aux Etats-Unis dépasse pour la première fois le seuil de 2,5 milliards d'euros. La croissance de l'économie américaine, la dépréciation de l'euro face au dollar ainsi qu'une plus forte demande des consommateurs pour des produits à forte valeur ajoutée ont contribué au développement du marché des vins et spiritueux. Le dynamisme des Etats-Unis tire également les exportations à destination du Canada (+9,7 %) et du Mexique (+10,8 %). Au total, les ventes de vins et spiritueux dans les pays d'Amérique du Nord dépassent les 3 milliards d'euros en 2015 (+25 %).

Le rebond de la Chine

Après deux années de forte baisse liée à la politique anti-ostentation, les exportations à destination de la Chine (+23%) retrouvent leur niveau de 2013, soit environ 830 millions d'euros. Ce rebond bénéficie également aux deux pays de transit vers la Chine que sont Singapour (+1%) et Hong-Kong (+17%).
L'augmentation des volumes exportés (+19%) semble signaler la fin de la période de déstockage initiée par les importateurs et distributeurs chinois en 2013. L'évolution du mix produits, la poursuite de la politique anti-ostentation et les fragilités de l'économie chinoise incitent néanmoins à la prudence quant au rythme effectif de la reprise à court terme de ce marché.

Volumes en baisse en Europe

Si la situation économique demeure convalescente, les ventes au sein de l'Union européenne (+1 %) retrouvent une orientation légèrement positive sur la quasi-totalité des pays de la zone. Ce résultat s'effectue néanmoins, pour la première fois, sur la base d'un volume inférieur à 100 millions de caisses exportées (-9 %) ; une raréfaction de l'offre qui pénalise d'ores et déjà les produits français sur les marchés à forte élasticité prix tel que l'Allemagne (-10 % en valeur).

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Commentaires
a écrit le 12/02/2016 à 10:52 :
Il se fait de bons vins un peu partout dans le monde il est logique que les exportations baissent d'autant qu'on que les gros producteurs de vins français continuent de massivement empoisonner leurs vins avec des produits chimiques liés à l'agro-industrie, du coup franchement autant acheter un vin national plutôt que de payer une fortune un vin français bourré de pesticides et qui se ressent fortement dans au goût.

Pour être passé au vin naturel ou bio il n'y a pas photos en ce qui concerne le goût, on retrouve enfin le goût du fruit et de la terre qui l'a produit et non cette acidité exponentielle de plus en plus mauvaise en bouche.

Le vin français pourrait devenir précurseur mondial, ce qui serait en plus un symbole fort et une publicité gratuite générale, en s'affranchissant définitivement de l'influence néfaste de l'agro-industrie mais cette dernière est bien trop implantée au sein de nos institutions pour craindre quoi que ce soit.

Il n'y a plus que le consommateurs qui pourront imposer de retrouver un goût vrai, j'aurais bien aimé connaître la part du vin bio et naturel au sein du marché intérieur français, parce qu'on se doute bien que produisant peu ce ne sont pas des géants de l'export.

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