Le préfet Dartout, VRP de l’emploi et du coût du travail

 |   |  1126  mots
Pierre Dartout, préfet de Région ALPC, rappelle que l'emploi, la formation et la baisse du coût du travail sont des priorités pour l'Etat.
Pierre Dartout, préfet de Région ALPC, rappelle que l'emploi, la formation et la baisse du coût du travail sont des priorités pour l'Etat. (Crédits : Appa)
Invité du Petit Déjeuner interactif de La Tribune Bordeaux et du Crédit agricole Aquitaine organisé à l'hôtel Mercure de la Cité mondiale, à Bordeaux, et interviewé par Jean-Philippe Déjean, Pierre Dartout, préfet de la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et de la Gironde, est revenu sur la préfiguration de la grande région et il a surtout évoqué les sujets les plus importants à ses yeux : l’emploi et le coût du travail.

Arrivé à Bordeaux il y a dix mois, Pierre Dartout, préfet de la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et de la Gironde, et ses équipes ont préparé, dans le cadre de la mission de préfiguration de la grande région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes qui lui était confiée par le Premier ministre, un projet de réorganisation des services de l'Etat. Soumis au gouvernement en juin dernier, le projet concernait la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), la Draaf (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt), la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), la DRJSCS (Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale) et la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi).

Grande région : réorganisation actée

"Nous avons pris soin de ne pas déséquilibrer, en nombre de fonctionnaires, les grandes villes de la grande région", précisait le préfet qui rappelait que désormais, après arrêt des arbitrages du gouvernement (en juillet dernier), "la réorganisation est faite dans ses grands principes, mais qu'il faudra 2 ou 3 ans pour qu'elle soit totalement mise en œuvre car le gouvernement veut limiter au maximum les mobilités géographiques contraintes, privilégiant d'abord les mobilités fonctionnelles via la formation. Cela prend du temps, mais c'est nécessaire. Je rappelle par ailleurs que les services de l'Etat ont vu leurs moyens de fonctionnement baisser depuis 10 ans, leurs effectifs aussi depuis 5 ans, car 1/3 voire 50 % des départs en retraite ne sont pas remplacés. Jusque-là, aucune réforme structurelle n'avait accompagné les services de l'Etat afin qu'ils puissent continuer à réaliser un service de qualité tout en coûtant moins."

Désormais donc, Bordeaux centralise la Drac, la Direccte et la DRJSCS, Poitiers récupère la Dreal, Limoges la Draaf.

"La région étant immense, des spécialités de ces différents services sont réparties en fonction des spécificités économiques sur l'ensemble du territoire. Pour la Draaf par exemple, le suivie de l'agriculture et du vin se positionne à Bordeaux, l'élevage est piloté depuis Limoges et les grandes cultures depuis Poitiers."

S'il note les résistances qui ont pu se faire jour, notamment concernant l'installation de la Draaf à Limoges, Pierre Dartout estime "qu'après une concertation inadaptée dans un premier temps, le dialogue a permis aux choses de rentrer dans l'ordre".

100.000 emplois aidés : la grande région est dans les clous

S'estimant devoir être en première ligne sur le front de l'emploi, le préfet Dartout a rappelé  les grands chantiers en cours pour faire reculer le chômage.

"Si sur les jeunes nous faisons mieux que le reste de la France, sur les seniors, les plus de 50 ans, et les chômeurs de longue durée, inscrits depuis un an et plus, nous ne sommes pas au niveau. C'est sur ces demandeurs-là que nous devons faire l'effort."

Sur l'objectif de 100.000 emplois aidés lancé par le ministre d'alors, François Rebsamen, la région est dans les clous pour le contrat d'accès à l'emploi (CAE) et le contrat initiative emploi (CIE) : "Nous sommes à 100 % de l'objectif dans la grande région", précise Pierre Dartout. Sur les emplois d'avenir (CEA), par contre, le préfet entend mobiliser les collectivités territoriales qui semblent avoir été moins demandeuses que prévu.

"Ce qui compte surtout pour tous ces emplois aidés, c'est la gestion de l'après. Avec la Direccte, nous regardons ce qui se passe en matière d'intégration professionnelle, de formation suite à ces contrats. Il apparait que les emplois d'avenir, qui concernent par définition des jeunes, débouchent sur plus d'intégration professionnelle, c'est un peu moins vrai avec les autres contrats aidés... même sur le CIE semble, pour les publics ciblés, être une bonne formule d'intégration."

500.000 formations  : "Il faut aller vite, l'emploi est une priorité absolue"

Le programme de 500.000 formations de chômeurs voulu et annoncé par François Hollande dans le cadre de son plan d'urgence en faveur de l'emploi "va entraîner un doublement, voire un triplement de nos efforts dans ce domaine. Nous devons surtout gommer le hiatus entre les offres d'emplois et les demandes, entre les formations et les besoins réels des entreprises", explique Pierre Dartout.

"Nous allons accentuer les efforts sur les métiers en tension dans les bassins d'emplois où le chômage reste fort dans la région. Je pense au Bergeracois ou au Lot-et-Garonne par exemple. Nous avons, dans le cadre de ce plan de formation national, proposé 40.000 formations dans la région ALPC. Nous sommes au début du processus suite à l'annonce du Président de la République, le gouvernement doit arrêter les orientations définitives sur les formations soutenues, en fonction des besoins régionaux... mais il faut aller vite, l'emploi est une priorité absolue, les emplois en tension doivent être pourvus au plus vite !"

"Le coût du travail ? Moins élevé qu'en Allemagne !"

Profitant de la présentation du dispositif Embauche PME, qui verra l'Etat verser une subvention de 500 €/trimestre et par poste créé dans une PME, le préfet de Région a souligné le fait que "ce dispositif n'est pas isolé et s'inscrit dans un nombre conséquent de mesures qui visent à alléger toujours plus le coût de l'emploi dans les entreprises. Aujourd'hui grâce au CICE, qui a réduit les charges des entreprises de 500 M€ en Aquitaine en 2015, et aux exonérations de charges sociales pour les plus bas salaires, le coût de l'emploi en France est désormais moins élevé qu'en Allemagne !"

Ford Aquitaine Industries : "rassuré pour les trois ans à venir"

Interrogé sur le dossier Ford Aquitaine Industries, Pierre Dartout a précisé que l'entreprise de 1.000 salariés produisant des transmissions à Blanquefort, près de Bordeaux, pour le groupe Ford, "est  pilotée par une nouvelle équipe dirigeante dont le discours rassurant, lors du dernier comité de pilotage, me laisse à penser que pour les trois ans qui viennent l'activité et l'emploi ne sont pas menacés".
Plaidant pour des réunions plus fréquentes du comité de suivi pour ce dossier FAI, le préfet a exposé une partie de son credo en matière de dialogue et d'économie.

"Je pense que l'efficacité des entreprises repose beaucoup sur le dialogue. A ce titre, je trouve que nous devrions nous inspirer du modèle rhénan, en Allemagne, qui, par le dialogue entre patronat et salariés, a toujours réussi à régler les problèmes par anticipation. On doit s'en inspirer", concluait-il.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :