Qui sont les startups bordelaises prometteuses ? (7/8)

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Comerso a mis au point une solution clé en main et sécurisée qui permet de valoriser les invendus de la grande distribution
Comerso a mis au point une solution clé en main et sécurisée qui permet de valoriser les invendus de la grande distribution (Crédits : Comerso)
[SERIE NUMERIQUE 7/8] Certaines jeunes pousses innovantes bordelaises sont désormais installées depuis plusieurs années dans le paysage médiatique. Derrière, une nouvelle génération arrive et nourrit elle aussi de fortes ambitions. Sélection, forcément non exhaustive, de projets prometteurs.

Comerso, pour valoriser les invendus

Comerso a mis au point une solution clé en main et sécurisée qui permet de valoriser les invendus de la grande distribution, en proposant un service de collecte et de redistribution des produits alimentaires aux associations. Depuis sa création en 2013, 5 millions de repas ont ainsi pu être distribués. Pour promouvoir sa solution anti-gaspi, Comerso, créée à Agen mais hébergée à Bordeaux au Village by CA, a levé l'an dernier 2,2 M€ auprès d'Impact Partenaires et Aquiti Gestion. Distinguée pour sa croissance, elle a également rejoint le réseau Bpifrance Excellence. La société propose également à clients de la grande distribution de récupérer les attestations fiscales auprès des associations, et leur fournit des statistiques pour gérer plus finement leurs déchets. Elle travaille désormais avec 300 magasins et autant d'associations, et se rémunère sur les économies générées liées aux dons et au traitement des déchets. Depuis sa création en 2013, elle multiplie chaque année son chiffre d'affaires par 4 et emploie 18 personnes, auxquelles s'ajoutent les 52 chauffeurs en insertion qu'elle fait travailler via un partenariat avec le réseau Envi. Récemment primée par la Fondation d'entreprises MMA des entrepreneurs du futur, la société étend désormais son offre aux produits secs mais aussi non alimentaires.

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base 10, pour partager ses espaces de travail

Base10 est à l'origine d'une application mobile qui permet à ses membres de partager et de valoriser leurs espaces de travail libre ou d'en trouver un. Proposant des tarifs accessibles, uniques et à la demi-journée (bureau à 15€ HT, poste de co-working à 9€ HT, salle de réunion à 3€ HT par place disponible), elle s'adresse notamment aux indépendants d'un côté, et aux entreprises, mairies, associations... qui disposent de matière récurrente de places vacantes dans leurs locaux et qui cherchent à rentabiliser ces espaces inoccupés. "Je viens de l'immobilier d'entreprise où l'on voit beaucoup de choses se passer dans la mobilité, avec l'arrivée de types de travaux différents du salariat et la forte croissance du freelance. Les structures traditionnelles sont en plein bouleversement : le travail passe par les tiers-lieux", analyse ainsi son cofondateur Vincent Panier. Base 10 a pour ambition de créer un important réseau collaboratif en rapprochant entreprises et personnes en recherche d'emploi ou en reconversion ainsi que des auto-entrepreneurs, créateurs et porteurs de projets. Elle a déjà signé des partenariats avec Groupama, Société générale, Alliance Villes emploi, ainsi que Wolkswagen France qui ouvre les bureaux de ses concessions aux indépendants et coworkeurs. Base10 recense à ce jour plus 1.500 postes de travail disponibles.

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Linguali, la traduction facile

Interprète depuis plus de vingt ans, James Anderson a imaginé, avec François-Xavier Bodin, une application qui simplifie le recours aux services d'un interprète pour les organisateurs d'événements et en allège le coût en s'affranchissant de tout le matériel loué à prix d'or. Ils créent Linguali SAS en 2014. S'en suivent deux ans de R&D pour mettre au point leur application et concilier qualité du son et instantanéité de la traduction. "On pensait disrupter le marché mais en fait on ouvre le marché où l'interprétariat n'existait pas ou n'existait plus parce que cela coûtait trop cher", résument les cofondateurs. Les agences d'interprétation, frileuses de devoir abandonner et donc ne plus louer des équipements chèrement acquis qui ne sont plus nécessaires avec Linguali, réalisent qu'elles peuvent désormais adresser des évènements qui leur échappaient jusqu'à présent à cause du prix de leur prestation équipements compris. La société espère être rentable à la fin de l'année, soit 20.000 € de chiffre d'affaires par mois. "C'est ambitieux mais réaliste. Il n'y a plus aucun doute sur la pertinence de notre produit", assurent les deux cofondateurs.

Linguali

Les deux fondateurs de Linguali (photo Agence Appa)

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Invivox réinvente le compagnonnage médical

Plateforme mondiale de mise en relation des chirurgiens et experts pour des formations en bloc opératoire ou en salle, Invivox, créée en 2015 à Pessac, a convaincu notamment l'université de New York d'utiliser sa plateforme et, six mois après le lancement de sa version bêta, a permis la formation de plus de 200 médecins de 28 nationalités différentes. Sur un marché de la formation médicale estimée à 30 milliards de dollars, Invivox s'adresse à plus de 8 millions de chirurgiens, dont 1,2 million font partie de son cœur de cible. La société a levé l'an dernier 1,2 M€. Invivox compte désormais aux Etats-Unis 3 personnes, venues renforcer son équipe de 10 collaborateurs à Pessac. La société a décroché le concours d'innovation numérique de Bpifrance, qui va lui permettre de se muscler pour améliorer son service R&D. Invivox est également finaliste du Galion Booster. Soutenue par le fonds d'investissement ISAI, la société a été choisie par Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister) et Tatiana Jama (Sélectionnist) qui l'accompagneront jusqu'à la grande finale le 6 juillet prochain. Invivox, qui lancera cet automne une nouvelle levée de fonds, pourrait être rentable fin 2018.

Lire aussi : Invivox concrétise son rêve américain

Displayce, l'affichage digital intelligent

La startup bordelaise se positionne sur un marché plein de promesses : l'affichage digital, autrement appelé Digital out of home (DOOH). Dans la rue, au bord des routes, dans les centres commerciaux... Un peu partout, les mobiliers digitaux fleurissent, permettant à travers ces écrans de toucher une cible en mouvement. Cofondatrice de Displayce avec Marie Gaestel, Laure Malergue observe néanmoins que "la façon d'acheter des campagnes diffusées par ces panneaux n'a pas changé : par packs, avec 15 jours d'avance... On achète du digital comme on achète du papier." Displayce a donc mis en place une plateforme programmatique qui permet de toucher potentiellement plus de 21 millions de personnes via un inventaire de 31.000 panneaux digitaux, soit plus de la moitié du parc français. La startup mise sur deux leviers : la contextualisation et l'automatisation. Sa plateforme s'appuie notamment sur l'open data et les coordonnées GPS des panneaux digitaux pour calibrer des campagnes de communication plus pertinentes pour le passant. Lors du Salon Viva Technology, Displayce affichait ainsi via son démonstrateur des annonces de biens immobiliers du site Seloger.com situés à proximité, ou des messages informant les visiteurs du salon des différents moyens de transports à leur disposition. Après un premier tour de table de 850.000 € fin 2016, Displayce a pris de fortes positions en France et prépare une 2e levée de fonds début 2018 afin de conforter ses premiers pas européens.

Lire aussi : Displayce et Dynamic Screen collaborent sur l'affichage digital

L'Addition, des comptes solides

Peu l'ont vu arriver. En début d'année, L'Addition a levé 5 M€ d'un coup et annoncé le recrutement de 40 personnes. La startup bordelaise est sortie du bois à cette occasion, elle qui était resté discrète jusqu'à présent. « Le concept de notre application sur iPad est simple : proposer un logiciel extrêmement ergonomique spécifiquement pensé pour les métiers de la restauration, depuis la prise de commande jusqu'à la comptabilité », explique Sébastien Constant, cofondateur de la société Adstellam, qui édite L'Addition, avec Olivier Repessé. Fondée en 2012, aujourd'hui à l'équilibre, L'Addition ne fait pas partie des startups "cash burners". Elle compte désormais plus de 9.000 utilisateurs et 2.500 clients. Son application propose plus de 300 fonctionnalités et s'adresse à un large spectre de professionnels, du triporteur ou du food truck jusqu'à la grande brasserie de 4.000 m2. Un partenariat tout juste noué avec un autre acteur, Bi Média, lui permet maintenant de décliner son offre sur tous les produits d'Apple (iPad, iPhone iPod).

Lire aussi : L'Addition lève 5 M€ et recrute 40 personnes

Gazelle Tech, premier constructeur de véhicules électrique en matériaux composites

Gazelle Tech avance sur son projet de véhicule électrique ultraléger et facilement assemblable dans des micro-usines au plus proche des clients. Fondée en 2014, la startup qui vient de déménager à l'Ecoparc de Blanquefort prévoit le montage de sa micro-usine pilote dès juillet 2017 pour un assemblage du prototype industriel en septembre ou octobre prochain. L'homologation du véhicule devrait intervenir en 2018 avant une commercialisation dans la 2e partie de l'année. Parallèlement, alors que des demandes émanent d'Asie et d'Afrique, des micro-usines devraient voir le jour l'année prochaine dans des pays émergents. "L'objectif de Gazelle Tech est de donner accès à tous à une mobilité durable : consommer moins d'énergie quand on se déplace et produire localement", résume Gaël Lavaud, fondateur de la startup qui prépare une levée de 1,5 M€ entre fin 2017 et début 2018.

Gazelle Tech

Lire aussi : Véhicule électrique : 1er lâcher de Gazelle réussi à Bordeaux

Mobalib, premier réseau social dédié aux personnes en situation de handicap

C'est un petit nouveau dans le monde des startups bordelaises. Mobalib, hébergée depuis le début de l'année au sein de l'incubateur-pépinière Newton de Bègles, développe le premier réseau social et collaboratif dédié au handicap. La première version du site Internet est disponible sur www.mobalib.com. Alors que 12 millions de personnes en situation de handicap en France sont confrontées à l'isolement lié à la difficulté d'accès à l'information et à son manque de fiabilité, les 3 associés fondateurs (Marina Désiré, Jonathan Dupire et Jessica Amrane-Delafosse) ont décidé de créer un outil permettant de trouver un service ou un lieu adapté à leurs besoins, de le recommander et d'échanger en direct via le réseau social. « Le but de notre démarche est d'être un facilitateur de vie », explique Marina Désiré. La startup qui participe à de nombreux concours ne prévoit pas de levée de fonds d'ici à 2019, raflant concours sur concours.

Mobalib

Lire aussi : Mobalib, premier réseau social dédié aux personnes en situation de handicap

Actiwine, la marketplace 100 % pros

Actiwine est une marketplace spécialisée dans la mise en relation des viticulteurs avec des acheteurs professionnels uniquement, grandes surfaces à ses débuts puis restaurateurs, créée en 2015 à Lormont dans la banlieue de Bordeaux par Eric Lévy, ex-acheteur vin pour E.Leclerc, Benoit Routurier, ancien responsable de vignobles, négociant et caviste, et Jean-Laurent Wotton, ex- Google UK. Elle a racheté il y a quelques semaines son concurrent Douzedegrescinq.com, fondé par Sydney Beynat, acheteur de France Boissons pendant 15 ans. Une opération qui lui permet d'enrichir considérablement son offre et ses débouchés. Au moment de cette opération, Actiwine proposait sur sa plateforme la production de 250 vignerons dont 70 de la région. Douzedegrescinq.com s'adressait aux restaurateurs, en proposant 4.000 références dont des vins de marque du négoce. Un marché sur lequel Actiwine se positionne sérieusement depuis le début de l'année, la proportion de clients grande distribution/CHR ayant évolué de 70/30 à quasiment 50/50 désormais. La société, qui compte 12 personnes, table sur 2,5 M€ de chiffres d'affaires en fin d'année. Après avoir levé l'an dernier 650.000 €, elle prépare pour cet automne une nouvelle levée de fonds de 500.000 à 1 M€, auprès de business angels et d'investisseurs institutionnels.

Lire aussi : Bordeaux : Actiwine renforce son offre avant une 3e levée de fonds

Skeyetech, des drones 100 % autonomes

Skeyetech, société d'ingénierie mécatronique experte des technologies du drone, a été créée fin 2014 sur la technopole Bordeaux Technowest. Elle s'organise autour de deux activités. D'abord le développement de drones sur mesure et la fabrication pour des clients comme par exemple Helper Drone, inventeur du drone sauveteur, ou Invenio (centre de recherche et d'expérimentation de la filière fruits et légumes en Nouvelle-Aquitaine). Deuxième activité : la fabrication et la commercialisation de sa propre solution, un drone 100 % autonome, fourni avec une station qui le recharge et l'abrite, programmable à distance et destiné au marché de la sécurité et de la surveillance. Ce drone a nécessité deux ans de R&D. La société est aujourd'hui la 1re et la seule en France à avoir obtenu de la DGAC le droit de faire du vol sans pilote sur site privé. Avec 12 salariés aujourd'hui en CDI, elle vise en fin d'année un chiffre d'affaires de 800.000 €. Skeyetech cherche actuellement des partenaires financiers pour lever 1 M€ afin d'accélérer sur l'industrialisation et la R&D notamment. L'objectif est de boucler cette levée de fonds en septembre. Trois personnes devraient être recrutées d'ici la fin de l'année.

Skeyetech

Photo David Vultaggio - Skeyetech

Lire aussi : Drones : le bordelais Skeyetech prépare une première mondiale !

Entomo Farm, des insectes poules aux œufs d'or ?

L'AgTech girondine Entomo Farm, dédiée à la production de farines d'insectes, vient de mener avec succès une campagne de crowdfunding qui devrait dépasser les 700.000 € à sa clôture fin juin sur la plateforme Sowefund, sur laquelle elle avait réussi à lever l'an dernier 900.000 €. Ses dirigeants, Grégory Louis et Clément Soulier, vont faire appel à des fonds d'investissements puisque l'objectif global est de lever cette année 2 M€. Cette levée de fonds va lui permettre de structurer son équipe actuelle de 15 personnes, avec le recrutement de 7 salariés cette année. L'entreprise, qui prend possession fin octobre de son usine de Libourne, a complètement revu son modèle et va désormais se concentrer sur la production de larves d'insectes pour en confier l'élevage à des agriculteurs, après la décision européenne qui s'appliquera en juillet et autorise l'usage des protéines d'insectes dans l'alimentation des poissons d'élevage. Elle va déléguer l'élevage de ses insectes à 8 agriculteurs. Sur cette première phase, Entomo Farm estime être en capacité de produire 400 tonnes de farine par an. La commercialisation sera lancée dès 2018 par la société, qui regarde aussi vers l'international.

Entomo Farm

Clément Soulier et Grégory Louis, cofondateurs d'Entomo Farm (photo Agence Appa)

Lire aussi : Entomo Farm lève des fonds et redéfinit sa stratégie

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Au sommaire de notre enquête sur les réalités de l'écosystème numérique et innovation de Bordeaux :

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Commentaires
a écrit le 13/07/2017 à 16:43 :
Et Rhinov qui débarque enfin à Bordeaux aussi ! Une révolution pour l'aménagement et la décoration d'intérieur. Bravo ! #économie #décoration

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