Le financement participatif, pour tout le monde ? (8/8)

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Philippe Gaborieau, fondateur de la plateforme bordelaise de crowdfunding Happy Capital
Philippe Gaborieau, fondateur de la plateforme bordelaise de crowdfunding Happy Capital (Crédits : DR)
[SERIE NUMERIQUE 8/8] Passer ou non par le financement participatif pour lever des fonds ? Si certaines startups regrettent de s'être lancées dans cette voie, d'autres en tirent un bilan très positif tout en reconnaissant que le processus est chronophage et que tous les projets ne sont pas adaptés à ce type de campagne.

Un don, un prêt ou encore un financement de projet par investissement au capital, le financement participatif, également appelé crowdfunding, se décline aujourd'hui sous plusieurs formes. Il a conquis de jeunes pousses, en a déçu d'autres. Avec le recul, la startup bordelaise Samboat parle même d'un échec.

"A l'époque, c'était vraiment très tendance. Nous avons échoué : on s'y est mal pris, c'était sans doute trop tôt dans l'histoire de Samboat avec des chiffres certes encourageants mais pas suffisants, et on a mal communiqué. Au final, nous avons collecté 43.000 € sur les 250.000 € recherchés, dont beaucoup de « love money » grâce à nos proches. C'est un processus très chronophage pour des résultats financiers souvent faibles", estime le directeur général et cofondateur Laurent Calando.

Effet de levier et accélérateur

Tout le monde est effectivement d'accord pour dire que passer par une campagne de financement participatif demande beaucoup de temps.

"Je n'ai fait que ça pendant 6 mois car il faut savoir que si nous avons 50 personnes à convaincre, il faut multiplier les efforts par 50", explique Philippe Bruno, fondateur de BlookUp qui propose de transformer en livre les contenus de blogs et de réseaux sociaux. "Pour autant, dans la mesure où nous proposons une solution BtoC, passer par le crowdfunding avait du sens. C'était un bon moyen de communication."

Alors effet de levier ? Pour Allan Floury de la startup bordelaise CforGood, la réponse est oui :

"C'est un bon accélérateur même si ça ne doit pas être la seule source de financement. En l'occurrence la campagne que nous avons menée nous a permis d'être ensuite suivis par un fond d'investissement."

Pas pour tout le monde

De manière générale, les campagnes permettent de financer des besoins en personnel, en R&D, en communication et parfois en matériel. "Mais attention, toutes les startups ne sont en effet pas faites pour le crowdfunding", insiste Philippe Gaborieau, fondateur de la plateforme bordelaise de financement participatif Happy Capital. "Inutile notamment de se lancer quand l'activité est confidentielle ou compliquée. Par ailleurs, dans le cas de l'equity crowdfunding avec entrée au capital, des personnes investissent parce qu'elles croient en un projet. Si la startup n'a rien envie de construire avec elles, cela ne marchera pas."

Si certaines startups sont sceptiques à l'idée de voir de nouvelles personnes entrer au capital, BlookUp qui a levé 200.000 € par le biais d'Happy Capital sur une opération totale de 650.000 €, se veut, elle, rassurante. "Tous les actionnaires sont réunis dans une holding donc ils ne forment eux-mêmes qu'un seul acteur. Mais au-delà, c'est une vraie motivation. Dans notre cas, 49 personnes ont investi dans BlookUp." "L'intervention des actionnaires n'est pas intrusive, complète Philippe Gaborieau. Ils s'impliquent en apportant leur expertise mais aussi leurs relations."

Avec l'expérience, Philippe Gaborieau a également remarqué que les startups qui ne parviennent pas à lever les fonds escomptés pendant la campagne sont souvent recontactées par la suite par d'autres types d'investisseurs. "Ce n'est pas synonyme d'échec", reconnait-il aujourd'hui. Donc, on se prépare bien en amont, on reste actif et convaincu tout au long de la campagne et on ne passe qu'une seule fois par le financement participatif. Voici quelques-uns des conseils distillés par BlookUp, CforGood, Pressing privé et Happy Capital.

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Au sommaire de notre enquête sur les réalités de l'écosystème numérique et innovation de Bordeaux :

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