Vers un Silicon vignoble à Bordeaux ? (6/8)

 |   |  548  mots
Aidan O'Brien
Aidan O'Brien (Crédits : Agence Appa)
[SERIE NUMERIQUE 6/8] Senior partner chez Dell Technologies, intrapreneur et spécialiste de la transformation numérique, Aidan O'Brien porte à Bordeaux un projet très ambitieux baptisé "Silicon vignoble".

Cet évangéliste de la transformation numérique ne se départit presque jamais de ses grandes feuilles de papier, roulées dans une pochette, sur lesquelles il a patiemment griffonné les étapes-clés du développement d'une startup, les enjeux de la plateformisation, les révolutions des modèles économiques, et tout ce que cet Anglais passé par Accenture, aujourd'hui senior partner chez Dell Technologies, juge fondamental. Installé depuis un an à Bordeaux, Aidan O'Brien a la ferveur des convaincus. Et convaincu, il l'est justement par Bordeaux et son écosystème, au point de vouloir contribuer à y créer un "Silicon vignoble". Plus précisément, il envisage l'émergence "d'un noyau dur d'une trentaine de sociétés exponentielles, ce qui implique la genèse de près de 150 startups aux fortes ambitions, compte-tenu du taux d'échec".

Très direct voire décomplexé là où le Bordelais est typiquement tout en rondeurs, Aidan O'Brien, fort d'un carnet d'adresse long comme le bras, pense temps long et se passionne pour les nouvelles formes de travail, notamment le crowdsourcing (recherche de compétences en dehors de l'entreprise en fonction de ses besoins). Il voit dans ce Silicon Vignoble "l'opportunité de donner à Bordeaux des options à nos enfants" sans que ces derniers aient à s'expatrier pour rejoindre des pépites mondiales, mais il est aussi parfaitement conscient qu'il ne fera pas tout, tout seul.

"Il y a à Bordeaux une vraie volonté de construire de la part des différents acteurs de l'écosystème, qui n'est pas forcément répandue ailleurs, souligne-t-il. Mais il manque des liens entre le monde académique et l'entreprise, les équipes des startups ne sont souvent pas assez équilibrées. Mais surtout, ce qui pèche vraiment, l'expérience et l'international, le réseau, pour que les projets décollent. J'ai envie d'y contribuer."

Aller sur le marché avant les autres

L'architecte de ce Silicon Vignoble ne vise pas un secteur en particulier :

"Vin, médical, aérospatial... Peu importe. Business, technologies, numérique... les frontières disparaissent. L'enjeu n'est pas forcément d'avoir la meilleure technologie mais d'aller vite et de s'imposer sur son marché avant les autres. Nous devons jouer sur nos points forts et créer des écosystèmes transverses. Bordeaux est un nom qui parle partout dans le monde, il faut absolument capitaliser dessus."

Aidan O'Brien porte un premier projet de startup, désormais bien avancé, sur lequel il reste discret pour le moment. Et espère vivement que cette première pierre du Silicon vignoble en appellera d'autres rapidement.

"Je ne veux pas créer un incubateur, résume-t-il. L'idée de ce projet est de créer une grande communauté qui permet à chacun de monter en compétences, de donner du travail aux 50.000 étudiants de l'Université. Que fait-on pour eux ?"

-----------------

Au sommaire de notre enquête sur les réalités de l'écosystème numérique et innovation de Bordeaux :

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/07/2017 à 8:45 :
Tres intéressant et tellement pertinent !

Je partage tout ce qu'écrit Adrien

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :