Wecomfrom, le réseau des "expatriés régionaux" démarre fort

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Wecomfrom revendique 14.000 communautés d'utilisateurs de la plateforme dans le monde.
Wecomfrom revendique 14.000 communautés d'utilisateurs de la plateforme dans le monde. (Crédits : Wecomfrom)
1 Français sur 4 serait confronté à un changement de région au cours de sa vie professionnelle et personnelle. S'emparant du sujet, la startup bordelaise Wecomfrom a créé un réseau social dédié à ces nouveaux arrivants qui cherchent à se faire un réseau. Moins de deux ans après sa création, la plateforme compte 14.000 communautés de membres et débute sa phase de monétisation.

Comme souvent, tout part d'une histoire personnelle. Natif de Paris, Christophe Bruneau quitte l'Ile-de-France pour Toulon. Muté par son employeur, le jeune homme de 23 ans éprouve les difficultés souvent rencontrées par tout nouvel arrivant dans une région qu'il ne connaît pas, et notamment le sentiment de solitude au quotidien...

"J'ai eu beaucoup de mal à m'intégrer à Toulon, explique-t-il. J'ai alors cherché une plateforme internet qui pourrait m'aider à rompre cet isolement mais je n'ai rien trouvé de pertinent. J'ai donc construit un site internet, un peu comme quand on lance une bouteille à la mer, destiné aux expatriés régionaux."

Depuis, Christophe Bruneau a quitté Toulon pour Bordeaux, où il a lancé officiellement Wecomfrom en juin 2015. Le réseau social s'adresse donc aux expatriés inter-régionaux qui peuvent se retrouver au sein de "communautés" virtuelles.

"Wecomfrom permet de faire le lien entre les locaux qui ont envie de faire découvrir leur ville en tant que guide et les nouveaux arrivants qui ont besoin de conseils. Le service de localisation mis en place sur la plateforme permet aux usagers d'affiner leur recherche par ville pour trouver des personnes originaires de la même région qu'eux : rencontrer des Parisiens à Bordeaux, des Bretons à Marseille...", énumère Christophe Bruneau, associé dans l'aventure à Elodie Dievart, cofondatrice.

Pas de concurrence sur l'expatriation inter-régionale

Le jeune chef d'entreprise s'attaque à un marché encore vierge :

"Aujourd'hui, de nombreux sites dédiés aux expatriés internationaux envahissent la toile mais jusqu'ici, personne n'avait osé entreprendre ce projet à l'échelle de l'expatriation régionale, alors que près de 690 millions de personnes sont concernées à travers le monde. Par ailleurs en France, plus d'un million de personnes changent de région chaque année. Selon l'Ifop, 55 % des personnes qui ont vécu une mobilité régionale la vive comme une contrainte. Et 76 % des expatriés régionaux sont fiers de leur région natale ! Pour les nouveaux arrivants, il peut effectivement être difficile de s'intégrer, de se recréer un cercle d'amis et pénétrer des réseaux déjà établis, surtout lorsqu'on est plus étudiants. Beaucoup sont donc déçus. Il ne faut pas non plus sous-estimer les différences culturelles d'une région à l'autre, qui existent bel et bien."

Un an après son lancement, le bilan de la plateforme, qui existe en 6 langues, est plutôt flatteur. Elle est utilisée dans 97 pays et plus de 14.000 communautés (de 2 membres minimum) ont été créées. Les internautes l'utilisent pour s'échanger des bons plans, prévoir des sorties entre eux, publier des photos...

Wecomfrom

La carte des communautés fondées autour de "Wecos", usagers de Wecomfrom

Début de la monétisation

"Nous entrons maintenant dans une phase de monétisation, ajoute Christophe Bruneau, qui nous permettra entre autres de lancer une application mobile. Nous avons lancé en interne une régie publicitaire, qui va notamment cibler les agences immobilières. Les premiers contrats devraient arriver fin mars.
Nous avons aussi testé ces derniers mois un service destiné aux entreprises proposant des activités sportives. Salles de sport, clubs d'escalade... pourront ainsi faire leur promotion, sur des pages dédiées aux bons plans, auprès d'un public demandeur de ce type d'informations. Les membres du réseau bénéficieront quant à eux d'avantages en passant par Wecomfrom. Nous pensons également développer une offre à destination des bloggeurs en leur donnant la possibilité de mettre en avant leurs articles."

Contrairement à de nombreuses startups, Wecomfrom ne cherche pas forcément à passer prochainement par l'étape de la levée de fonds. La société a concentré ses efforts sur la construction d'une "pieuvre géante", comme la qualifie Christophe Bruneau, qui se référence sur 124.000 combinaisons de requêtes sur les moteurs de recherche afin de ressortir dans les tout premiers résultats.

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