Open data : Quorum Impact et Mapotempo innovent pour les élections régionales

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Panneaux-election permet aux militants de trouver le parcours optimal lorsqu'ils font des tournées d'affichage.
Panneaux-election permet aux militants de trouver le parcours optimal lorsqu'ils font des tournées d'affichage. (Crédits : Panneaux-election.fr)
Quorum Impact et Mapotempo, deux startups aquitaines, ont collaboré pour réutiliser des données publiques en vue des élections régionales. Sur panneaux-election.fr, les militants en charge de coller les affiches peuvent télécharger un itinéraire optimisé reliant tous les panneaux électoraux du canton. L'initiative concerne la France entière, à l'exception notable de quelques départements.

Nombre de cambriolages, pourcentage de logements vacants, ou encore répartition du budget de l'Etat : voici quelques exemples de données numériques d'origine privée ou publique, mises à disposition de tous gratuitement. Depuis 2010, le mouvement de l'Open Data a permis en France de libéraliser une multitude de données. Ces dernières font l'objet de réutilisations de plus en plus inventives et utiles.

À l'occasion des élections régionales les 6 et 13 décembre prochain, deux startups aquitaines ont créé un site Internet qui permet de faciliter le travail des militants en charge des tournées d'affichage. En allant sur panneaux-election.fr, les citoyens engagés affinent leur sélection jusqu'à trouver leur canton, et peuvent imprimer ou télécharger un itinéraire optimal, qui fait le tour de tous les panneaux électoraux.

Un double objectif

À l'origine du projet, Quorum Impact se présente comme une "civictech", qui conçoit des applications web et mobile pour l'action civique. La jeune pousse collabore avec Mapotempo, nominée en 2014 aux Pulsinnov et qui cherche à démocratiser les logiciels d'optimisation de tournées.

"On avait l'ambition d'être utile, le premier objectif est de simplifier le travail des militants [...] et par ailleurs on voulait sensibiliser à l'open data et les services que ça peut créer", explique Florent Barre, dirigeant de Quorum Impact.

Le projet a nécessité un long travail de collecte des données, avec des préfectures plus ou moins réceptives. La civictech annonce avoir passé près de 200 appels téléphoniques, et avoir envoyé 300 mails. Une fois les documents récoltés, il lui a fallu géocoder des données souvent peu précises. Certaines préfectures n'ont pas transmis leurs données, d'autres ont envoyé des documents imprécis...

" C'est lourd comme logistique. Et puis c'est vraiment à géométrie variable, en fonction de la sensibilité du département à l'open data. Parfois, les gens ne savent pas ce que c'est, ou ne sont pas sensibles au fait qu'on puisse créer des services", interprète M. Barre.

En revanche, les militants ont fait un accueil chaleureux au projet sur Twitter :

Quorum Impact : fournisseur de technologie

Le projet panneaux-election.fr est un moyen de communiquer sur la valeur ajoutée qu'apporte Quorum Impact. Créée sur des fonds propres, la jeune pousse fait entre autres de l'algorithme prédictif, proposé sur abonnement mensuel. Elle met au service de candidats aux élections, d'ONG, de collectivités territoriales, d'associations ou encore de leaders d'influence des nouveaux outils et moyens de communication.

"Recevoir des donations, recruter des bénévoles... Ça marche de moins en moins sur Internet. Il y a un vrai retour sur le terrain car c'est toujours le contact humain qui a plus d'efficacité. On veut donner les outils qui optimisent le retour sur le terrain", résume le dirigeant de Quorum Impact.

Les données décrivent des usages, et occupent donc une place de plus en plus importante dans le domaine de la communication. En politique par exemple, gagner une élection passe avant tout par communiquer sur le fait qu'il y a des élections.

" C'est notre objectif justement d'identifier les zones les plus susceptibles d'être démobilisées [...]  Quand on a conscience des problématiques d'un territoire, on peut s'y rendre et mobiliser les gens sur le terrain", explique M. Barre.

Utiliser ces nouveaux outils peut avoir un impact décisif dans la course politique. L'élection de Barack Obama en 2008 est un cas d'école de mobilisation d'une coalition peu encline à voter : les jeunes, les femmes, et ceux faisant partie des "minorités".  Cette technologie permet de mobiliser plus fort, de créer de l'engagement.
Mettre de tels moyens dans les mains de tous peut poser des questions éthiques, que le dirigeant de Quorum Impact balaye d'un revers de main :

" On n'influe pas du tout sur les messages, ce n'est pas note rôle. On donne les outils qui permettent de faire parler un territoire mais l'action derrière, ce n'est pas en nos mains. On se veut universel, et on est totalement apolitique", explique-t-il.

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