Loisirsenchères.com boucle sa 2e levée de fonds en 6 mois

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Thomas Boisserie, président cofondateur de Loisirsenchères.com
Thomas Boisserie, président cofondateur de Loisirsenchères.com (Crédits : DR)
La plateforme bordelaise, qui propose aux enchères des offres de voyages, d'hôtels et de loisirs, boucle sa 2e levée de fonds en tout juste six mois. Après 275.000 € levés, ce 2e tour collecte 525.000 € auprès de partenaires historiques (Bpifrance, Conseil régional) et de business angels. Président cofondateur de Loisirsenchères.com, Thomas Boisserie présente la stratégie de la startup, passée de 1 à 16 emplois en un an d'existence, et explique comment elle bouleverse les équilibres historiques de fixation des prix.

Le principe est limpide : choisissez sur le site une offre de spectacle, de loisirs ou de séjour, et enchérissez gratuitement. Celui qui propose le prix le plus élevé remporte la mise. Ce concept créé en Hollande puis en Espagne, Thomas Boisserie l'a découvert au gré de discussions. Le jeune Bordelais, passé par une école de commerce, venait de passer quelques années en mission pour une ONG dans plusieurs coins du monde, avant de revenir à Bordeaux pour prendre en charge le mécénat au CAPC, le musée d'art contemporain. Constatant que la plateforme hollandaise réalise aujourd'hui 100 M€ de CA dans un pays quatre fois plus petit que la France et qu'un quart de la population y est inscrit, il met en route Loisirsenchères.com en juillet 2014. Le jeune dirigeant part du postulat suivant :

"Ventes à prix cassés, pastilles - 50 %, ça ne rime à rien et les internautes sont arrivés à saturation. La question de la légitimité du prix est remise en question. Quand vous voyez sur un site la séance de massage affichée à un prix de 130 € barré et ramené à 30 €, ou le tarif initial est largement surévalué, ou le massage se fera à l'huile de moteur. Les mentalités commencent à évoluer."

Mettre en enchères des séjours, des nuitées, des sorties : le modèle bouscule les acteurs classiques du tourisme et de l'hôtellerie-restauration.

"Ce qui arrive à Fram est symptomatique, analyse Thomas Boisserie. De nouveaux acteurs arrivent. Ils sont encore sous-estimés, mais ils proposent une nouvelle approche. Concernant Loisirsenchères.com, nous n'avons pas de concurrent direct en France. C'est une bonne chose, mais ça veut dire aussi que l'on essuie les plâtres."

Développer les startups en région

Pour le moment, le démarrage est réussi. Après un premier tour de table de 275.000 € il y a 6 mois, Loisirsenchères.com vient de boucler une seconde levée qui porte son pécule à 800.000 €. Bpifrance apporte une bourse French Tech, le Conseil régional est au soutien et plusieurs business angels ont apporté leur écot. "Ces derniers sont à 50 % locaux et à 50 % internationaux", souligne Thomas Boisserie. "Pas de business angels parisiens dans ce tour de table, ni de fonds d'investissement."

Le jeune patron n'est pas allergique à Paris mais il milite pour la présence et le développement des startups dans les régions, se réjouissant notamment qu'une jeune génération arrive aux commandes dans le monde du vin, prête à élargir son spectre et à investir dans des jeunes pousses nées dans le Bordelais. Thomas Boisserie ne cache pas que la question d'un déménagement de sa plateforme vers la capitale s'est posée mais explique son choix :

"Nous avons eu la chance de pouvoir intégrer la pépinière éco-créative des Chartrons. Dans un rayon d'un kilomètre autour de nous, il existe 20 écoles dans lesquelles nous pouvons recruter. Le niveau de vie est 22 % moins cher à Bordeaux qu'à Paris, et ne parlons pas du cadre de vie."

Volume d'affaires en hausse constante

Retenue par Le Village by CA, Loisirsenchères.com a donc un bureau à Paris... mais pas plus. Sur son équipe de 16 personnes, cinq cherchent à débusquer des offres attractives auprès des professionnels. Le volume d'affaires a grimpé en flèche : " 1.250 € le premier mois, 220.000 € ce mois-ci", sourit Thomas Boisserie. En fin de journée, chaque employé de la startup sans exception prend son téléphone et félicite de vive voix les gagnants des enchères du jour. Une manière d'humaniser le processus mais aussi de récolter auprès des visiteurs du site de précieuses informations : ergonomie du site, pistes pour élargir l'offre, bons plans...

La plateforme s'attache à proposer une offre assez large et sortant des sentis battus : pas question de mettre aux enchères un hôtel en bord d'autoroute ni haut de gamme par exemple, pas plus qu'un repas dans un restaurant en plein cœur d'un centre commercial. Plutôt que les grands circuits touristiques, la startup mettra plutôt en valeur la découverte des passages couverts de Paris en compagnie de comédiens en costumes d'époque.

Quant à l'attrait des professionnels pour un site qui les démarche sans leur annoncer un prix fixé à l'avance, Thomas Boisserie précise sa stratégie :

"Pour les hôtels par exemple, la plupart ont 20 % de chambres vides à l'année. Que ces chambres soient occupées ou non, leurs frais fixes sont les mêmes. Plutôt que de placer des nuitées dans les circuits promotionnels des majors hégémoniques qui imposent souvent leur prix, certains sont prêts à tester la loi du marché. Ce n'est que du bonus pour les hôteliers puisque leur établissement est de toute façon rentable avec un taux d'occupation de 80 %."

Désormais une agence de voyage

Depuis une semaine, Loisirsenchères a franchi les étapes nécessaires pour décrocher officiellement l'agrément d'agent de voyage. Ce qui va lui permettre de proposer des séjours tout compris, vols inclus. Thomas Boisserie aimerait ainsi mettre aux enchères des voyages à New York d'ici la fin de l'année.

"Devenir agent de voyage nous offre un horizon presque illimité. Entre 20 et 30 recrutements sont programmés en 2016. Si on suit la croissance du précurseur hollandais, nous pourrions atteindre à termes les 400 emplois."

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