Pétrole : Vermilion assure éviter 100.000 tonnes de gaz à effet de serre

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Un puits de Vermilion dans le lac de Parentis
Un puits de Vermilion dans le lac de Parentis (Crédits : D.R)
Après l’annonce du projet de loi de Nicolas Hulot sur l’arrêt de l’exploitation du gaz et du pétrole en France en 2040, Vermilion, le groupe pétrolier canadien de Calgary, fait valoir que sa production pétrolière française en circuit court est bonne pour l’environnement.

Résolument pragmatique, Jean-Pascal Simard, en charge des relations publiques Europe du groupe pétrolier canadien Vermilion, dont le siège de la filiale se trouve à Parentis-en-Born, dans les Landes, comprend la volonté du gouvernement de réaliser la transition énergétique mais se dit surpris de l'annonce faite par Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique et solidaire. Son premier argument, axé sur la lutte contre les gaz à effet de serre, fera bondir plus d'un lecteur mais n'est pas sans cohérence.

"Nous avons 400 puits en activité en France, pays qui produit 815.000 tonnes de pétrole par an et où nous sommes le premier producteur, avec les trois-quart de cette production nationale. Ce pétrole est extrait, raffiné et consommé en France. La consommation d'énergie ne va pas en diminuant et si nos puits sont fermés il faudra importer autant de pétrole de l'étranger. La production de gaz à effet de serre due au transport va s'en ressentir. Parce que notre activité locale fait économiser l'émission de 100.000 tonnes de gaz à effet de serre par an à la France" avance Jean-Pascal Simard.

Plusieurs centaines d'emplois

L'Aquitaine ne disposant plus de raffinerie depuis 1986, le pétrole pompé dans les Landes est acheminé par bateau jusqu'au port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) puis raffiné tout près, à Donges, et revendu aux automobilistes des régions proches. Jean-Pascal Simard souligne que Vermilion, qui emploie 200 salariés en France, dont 140 dans les Landes et 60 dans le Bassin parisien, a recruté 25 jeunes salariés au cours des quatre à cinq dernières années, qui n'auront pas atteint l'âge de la retraite en 2040.

"Nous générons aussi 400 postes de travail chez les sous-traitants et 2.000 à 2.500 emplois induits" relève ce dernier. Le groupe pétrolier canadien, qui a commencé par exploiter en Aquitaine de vieux puits délaissés par Esso mais pas encore vides, réalise en France un quart de son chiffre d'affaires mondial, soit 200 M€. "Nous sommes rentables car nous devons démontrer la rentabilité de l'exploitation pour obtenir une concession, c'est obligatoire" éclaire Jean-Pascal Simard.

Jean-Pascal Simard

Jean-Pascal Simard (DR)

Vermilion veut 10 ans de plus

Jean-Pascal Simard évoque avec inquiétude les 7 permis d'exploration détenus par sa compagnie en France, dont 5 en Aquitaine et 2 en Ile-de-France. Car une fois la loi votée, plus aucun permis d'exploiter ne sera accordé.

"Les permis d'exploration peuvent être renouvelés deux fois, pour une durée totale de dix ans. Si l'on trouve du pétrole lors de l'exploration, alors on demande une concession. Nous avons 26 concessions en France" observe-t-il.

Le projet de loi ne menace pas l'exploitation pétrolière de Vermilion à court terme. Le groupe canadien pourra continuer à exploiter ses puits jusqu'à 2040. Mais Jean-Pascal Simard estime que le gouvernement aurait dû fixer la fin de l'exploitation du pétrole et du gaz en France à 2050, car cette mesure va financièrement pénaliser la filiale Europe de Vermilion, qui pourrait porter l'affaire en justice. Mais Vermilion n'ira pas en justice pour se défendre avant que le parlement n'ai fait du projet de loi Hulot une loi.

"Nous avons 400 puits à démanteler, à boucher, et autant de sites à remettre en état. Nous avons rencontré des représentants de cabinets ministériels et allons voir les parlementaires qui sont sur nos territoires pour nous aider à plaider notre dossier" relève Jean-Pascal Simard.

Si la cause paraît entendue, la bataille du pétrole n'est pas encore finie.

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Commentaires
a écrit le 11/09/2017 à 19:01 :
Eh oui; on n'est pas prêt à se passer des fossiles (même du charbon !!!).

Cette loi Hulot est un très mauvais signal: Elle donne l'image d'un pays irréaliste, donneur de leçons et prétentieux. Surtout concernant l'arrêt de la prospection, qui révèle un coté "obscurantiste" (défense de chercher).

On fera rire à l'étranger car tout le monde sait qu'en 2040 les réserves en production Françaises (métropole du moins) seront vraisemblablement (presque) épuisées.
Sauf ...si le pétrole atteint des valorisations inédites, ce qui IMPLICITEMENT supposerait l'échec de la transition énergétique telle qu'on la conçoit, sur trente ans. Je pense que la transition énergétique se fera par necessité....en deux cent ans au moins (reserves de gaz).

L'effet "symbole" fera pschit. De toute façon la real politik fait fi des symboles.
On l'a vu récemment en Equateur: Les pays riches n'ont pas voulu indemniser ce petit pays pour qu'il renonce à développer ses réserves situées dans un parc national Amazonien! Le développement du champ est en cours; l'impact sur la forêt pourra, on le peut et je l'espère, être minimisé (dépend du gouvernement équatorien, qui doit choisir un bon opérateur et le contrôler).

Il y a certes l'impact global du réchauffement climatique... A mon avis ces phénomènes ont une telle inertie qu'il faudra apprendre à vivre avec (on plantera de la vigne en Norvège)... Trop tard pour corriger !

Pour finir, il n'est meme pas prouvé que ce réchauffement soit lié aux émissions de CO2 humaines (présomptions seulement). Mais ce débat est presque vain: La démographie galopante de peuples avide du "progrès" accentuera à l'évidence la demande en hydrocarbures. La méthode Coué a ses limites.

Surtout que les mêmes qui refusent les hydrocarbures refusent souvent aussi le nucléaire. Les apôtre de la croissance zero... entre deux vols en helico.

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