Deux dirigeants de Ford Europe reçus par le ministre de l’Industrie

 |   |  535  mots
L'entrevue avec le ministre de l'Industrie permettra sans doute d'en savoir plus sur les intentions de Ford.
L'entrevue avec le ministre de l'Industrie permettra sans doute d'en savoir plus sur les intentions de Ford. (Crédits : © Carlos Jasso / Reuters)
Le dossier de Ford Aquitaine Industries (FAI), à Blanquefort (Bordeaux Métropole), connait un nouveau rebondissement avec la quasi convocation par le ministre de l’Industrie, Christophe Sirugue, de deux cadres dirigeants de Ford Europe, maison mère de FAI le 20 février prochain.

Les syndicats de Ford Aquitaine Industries, filiale de Ford spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses automatiques, craignent désormais une fermeture pure et simple de leur usine. L'entreprise emploie plus de 900 salariés à temps plein et les syndicats en appellent depuis des semaines à l'intervention des élus. Un cri entendu par Pascale Got, députée (PS) de la Gironde, qui a alerté le gouvernement.

"Je tiens quand même à préciser que je ne suis pas la seule élue à être mobilisée, la maire de Blanquefort, Véronique Ferreira, est également sur le pont, ainsi que de nombreux acteurs des collectivités locales" corrige d'entrée la députée du sud Médoc, pour dissiper auprès de La Tribune tout malentendu sur la mobilisation.

Contrairement à ce que semblait craindre certains syndicalistes, Pascale Got ne s'est pas laissée endormir par le comité de suivi consacré à FAI organisé en juillet dernier à la préfecture, notamment en présence de cadres de Ford Europe.

"Ce comité de suivi a été l'occasion d'entendre une langue de bois rare, en compagnie de cadres de Ford qui n'avaient aucun pouvoir décisionnaire. C'était un comité de suivi un peu flottant. La situation annoncée lors de ce comité ne se vérifie pas et les indicateurs sont aujourd'hui plutôt mauvais" diagnostique Pascale Got.

Une réunion sans doute décisive

La députée, qui a posé une question écrite au ministre de l'Industrie, fait valoir son relationnel. Elle a eut le temps de rencontrer Christophe Sirugue pour le briefer.

"Ford doit se prononcer au 2ème trimestre 2017 mais j'ai expliqué au ministre que 2018, année de la fin du protocole d'accord signé en 2013 par Ford avec les pouvoirs publics, c'est demain. Je lui ai demandé qu'il fasse venir des cadres de Ford Europe qui soient décisionnaires" décortique Pascale Got.

Une conscientisation qui semble avoir fait son effet puisque le ministre a invité deux cadres dirigeants de Ford Europe dans son bureau le 20 février prochain.

"Au cours de cette rencontre, il (le ministre) préconisera également la diversification de la production de l'entreprise, notamment en faveur de la mobilité électrique, qui pourrait bénéficier du programme d'investissement d'avenir" précise le communiqué.

Autre information : le ministre demande au préfet d'organiser aussi vite que possible un nouveau comité de suivi "avec les différentes parties prenantes".

L'avenir de Ford Aquitaine Industries inquiète depuis des années puisque ce dossier a commencé à s'imposer en 2009, quand Ford a pour la première fois essayé de se débarrasser de sa filiale girondine. Mais le nouveau contexte créé par l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, son discours protectionniste et de plus en plus ouvertement anti-européen, ont mis la puce à l'oreille de la députée.

"Je ne pense pas que le président Donald Trump nous facilite la tache sur ce dossier et même la direction du groupe Ford se montre vigilante. C'est pourquoi je reste très très mobilisée" conclut celle qui s'est largement investi dans la bataille de la fin des années 2000 pour obtenir le retour de Ford à Blanquefort.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :