Le bénéfice de Lectra en hausse de 63 % !

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Numéro 1 mondial de la conception (haut de gamme) de collections et de la découpe de vêtements, Lectra, qui intervient sur d'autres marchés, continue à croître.
Numéro 1 mondial de la conception (haut de gamme) de collections et de la découpe de vêtements, Lectra, qui intervient sur d'autres marchés, continue à croître. (Crédits : TAL Group)
Lectra boucle l’année 2015 dans la partie supérieure de ses prévisions, avec d’excellents résultats à la clé. Dans un contexte devenu plus instable, Lectra, dirigé par les frères Harari, dispose de très solides bases financières.

Le groupe Lectra (1.500 salariés dans le monde, dont 600 dans son berceau girondin de Cestas), coté en Bourse, leader mondial en conception et développement de systèmes de découpe de matériaux souple (progiciels, machines) pour la confection ou l'automobile (revêtement des sièges) finit l'année 2015 sur les chapeaux de roue. Un résultat supérieur aux prévisions qui a été salué ce vendredi matin par le marché avec une hausse de près de 11 % du titre quelques minutes après l'ouverture de la séance, à 12 €. C'est hier à la clôture du marché que Daniel Harari, directeur général de Lectra, qu'il codirige avec son frère André (président), a commenté pour La Tribune Bordeaux ce résultat annuel.

Le coup de boost de l'euro

"Les commandes de nouveaux systèmes ont progressé de + 9 % par rapport à 2014, ce qui est inférieur à nos prévisions, puisque nous nous étions fixés + 15 % à données comparables. Mais sur tous les autres paramètres nos résultats sont meilleurs que ce qui était prévu", synthétise Daniel Harari.

Entre 2014 et 2015 le dollar s'est nettement renchéri vis-à-vis de l'euro, rendant la monnaie européenne plus compétitive sur le marché mondial. Les données comparables citées dans les résultats de Lectra sont ainsi les chiffres 2015 traduits aux cours de change 2014. Une précision importante, sachant que la baisse de l'euro par rapport au dollar a augmenté le chiffre annuel de Lectra de + 7 %, soit 16,4 M€. Au 4e trimestre, le chiffre d'affaires est en hausse de + 8 % (+ 3 % à données comparables), à 62,2 M€, tandis que le cash flow libre (trésorerie) atteint 6,7 M€ : contre 4 M€ au 4e trimestre 2014 et hors encaissement de 5,7 M€ "correspondant au crédit impôt recherche 2010".

"Notre besoin de cash est négatif"

Le résultat net trimestriel connaît lui aussi une forte hausse par rapport à la même période en 2014, à 7,4 M€, soit + 55 %. L'évolution annuelle du groupe à la fois installé à Paris, où se trouve son siège social, et Cestas (conception, fabrication), se traduit par une hausse du chiffre d'affaires de 13 % (+ 5 % à données réelles), à 237,9 M€, tandis que son résultat opérationnel bondit de 61 % (+ 16 % à données comparables) à 31,8 M€. Le résultat net de Lectra a bondi de 63 %, à 23,4 M€ et son cash flow libre est monté à 21,5 M€ (contre 19 M€ en 2014).

"L'an dernier nous avons généré 59,3 M€ de cash (trésorerie nette) et passé le break even (seuil de rentabilité) dès février : je n'y croyais pas. Nous avons également achevé notre programme d'investissement de 50 M€, conformément à notre feuille de route stratégique 2013-2016. Le groupe n'est pas endetté et notre besoin de cash est négatif", analyse avec appétit Daniel Harari.

Carton en Amérique du Nord

Sur le terrain, Lectra commence à toucher les dividendes de sa politique volontariste. "Nos ventes ont progressé de + 64 % en Amérique du Nord car nous avons beaucoup investi sur les hommes dans le cadre du plan de transformation du groupe", observe ainsi Daniel Harari. Si la situation est favorable dans les Amériques, avec une hausse du CA de 24 % en Amérique du Sud, il n'en va pas partout de la même manière.

"Notre divisons notre marché mondial en quatre quarts (Amériques, Europe, Asie, France). Ce n'est pas pareil de rouler en voiture sur un cylindre ou sur quatre. Nous avons bien restructuré nos équipes en Amérique du Nord et les USA sont devenus notre premier marché cette année, alors que jusqu'à fin 2014 nous n'arrivions pas à y trouver une dynamique. En Asie, la situation en Chine est devenue plus dure. Je suis optimiste pour ce pays à moyen terme mais je ne sais pas ce qu'il va s'y passer à court terme. En Europe, nous restons confiants dans l'Italie où nous avons réalisé de bons résultats en 2015 et qui reste le premier marché européen de la mode. Je suis raisonnablement optimiste au sujet de 2016", conclut Daniel Harari.

Les incertitudes du marché mondial ne sont pas à négliger mais le groupe girondin a les moyens de faire face.

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