A Bordeaux, les promoteurs reprennent espoir

 |   |  982  mots
Sylvia Pinel
Sylvia Pinel (Crédits : Agence Appa)
La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a élu pour la première fois une présidente à sa tête lors du congrès de Bordeaux. Une manifestation où la ministre du Logement a été bien accueillie et qui s’est déroulée sous le signe d’un certain optimisme. Autre fait marquant : l’émergence d’un sujet de plus en plus central, celui du dialogue avec les habitants concernés par les programmes immobiliers.

Le président de la FPI, François Payelle, a officiellement achevé sa troisième année de mandat à la tête de la fédération lors du 45e congrès de la FPI, qui s'est tenu à Bordeaux les 24 et 25 juin, en présence de Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l'Egalité des territoires et de la Ruralité. François Payelle, qui a été accueilli au Palais des congrès de Bordeaux par Alain Ferrasse, président de la Fédération des promoteurs immobiliers d'Aquitaine Poitou-Charentes (FPIAC), a fait un bilan rapide de ses trois années de mandat passées à la tête de la FPI.

 "Je crois qu'en matière d'incertitudes, d'inquiétude ou de préoccupations, nous avons eu largement notre dose pendant ces trois années ! (...) Et pourtant, au moment où pour la première fois depuis longtemps certains indicateurs s'améliorent, même si de nouvelles menaces surgissent et des inquiétudes existent toujours, je crois que notre fédération sort renforcée de la période écoulée", a souligné en particulier François Payelle.

"Des discussions franches et directes"

Rappelons que c'est lors de ce congrès qu'a été élue Alexandra François Cuxac, la première femme à prendre la tête de la fédération, dont elle était vice-présidente depuis trois ans. Sylvia Pinel, la ministre du Logement, de l'Egalité des territoires et de la Ruralité, est montée sur scène juste après cette intervention. La loi qui porte son nom rassure les opérateurs de la filière immobilière et Sylvia Pinel était un peu comme chez elle.

Revenant sur son Tour de France de la construction, qui l'a conduit en Gironde en début d'année, la ministre a rappelé qu'elle avait eu "des discussions franches et directes avec les acteurs locaux pour répondre aux attentes des Français". Elle a souligné une nouvelle fois les trois objectifs de son plan de relance de la construction : "relancer l'activité économique, répondre aux difficultés rencontrées par le secteur du bâtiment, notamment du point de vue de l'emploi, permettre aux Français d'accéder à un logement de qualité à des prix abordables".


Le retour du PTZ


Attachée à "l'importance du défi de la mixité sociale", Sylvia Pinel a expliqué que sa politique commençait à produire des effets.

"Les résultats positifs s'observent notamment dans le domaine des ventes de logements au détail, qui enregistre une progression de plus de 20 % entre le 1er trimestre 2015 et le 1er trimestre 2014, le dispositif d'investissement locatif est aussi à l'origine d'une augmentation de presque 60 % des ventes. Et dans le domaine de l'accession à la propriété, le rééquilibrage du PTZ (prêt à taux zéro - NDLR) en faveur des ménages modestes a permis une hausse de 30 % du PTZ au 1er trimestre 2015 par rapport au 1er trimestre 2014".

Les conférences-débats organisées pendant ce 45e congrès de la FPI ont également permis de confirmer l'émergence d'un nouvel enjeu pour la construction, celui de la consultation des habitants.

Ne pas confondre information et consultation


La rencontre organisée le 24 juin, intitulée "Villes de demain : les clés de la réussite", a montré l'importance déterminante de ce rapport avec les habitants. Détaillant la relance économique de la ville de Québec, Serge Viau, architecte et urbaniste émérite, ancien directeur général de la capitale québécoise, a souligné qu'en créant des comités consultatifs de quartier, l'administration de Jean-Paul L'Allier, alors maire de la Ville, s'était dotée d'un levier puissant pour faciliter la relance de la construction.

"Il faut parler avec les aménageurs, les habitants, pour avoir une vue d'ensemble. En France, on souffre du changement permanent de règles fiscales sur le foncier, etc., et nous sommes très en retard, parce que l'on confond l'information des habitants avec leur consultation", a tranché Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.


Le risque de l'entre soi


Sans démentir l'importance de la consultation des habitants, Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos, a incité à la prudence. "L'autre pendant de cette consultation se situe entre la mixité sociale et l'entre soit. Cet entre soit qui se développe et qui risque de gagner si l'on consulte à tout va", a-t-il prévenu. De son côté, Hervé Le Bras, démographe, directeur d'études à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), est monté au créneau pour défendre le système actuel. "En France on prend une décision politique puis ensuite on fait face aux réactions, aux recours, et ça devient long mais c'est une forme de démocratie", a nuancé le démographe. La conférence débat du 25 juin n'a pas pu faire elle non plus l'économie de cette question. Intitulée "Et maintenant : quels objectifs, quelle gouvernance urbaine ?", elle a permis à des positions plus tranchées de s'exprimer.


Concertation générale


"Prendre une décision c'est de la responsabilité de l'élu qui a été désigné, et ensuite il y a une co-construction avec les citoyens. Les territoires qui ont réussi comme Nantes ou Bordeaux pratiquent la concertation et ont développé des programmes urbains", a recentré  Benoist Apparu, ancien ministre, député-maire de Châlons-en-Champagne (Marne). Rompu à ce type d'exercice, François Pupponi, président de l'Anru (Agence nationale de renouvellement urbain), député-maire de Sarcelles (Val d'Oise), a estimé que "quand tout le monde travaille ensemble, ça marche : il faut inviter les professionnels dans ces conseils citoyens". Comme l'ont montré les dernières élections municipales, en particulier dans l'ex-Communauté urbaine de Bordeaux, ce rapport avec les habitants concernés par un programme immobilier devrait continuer à prendre de l'importance.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/07/2015 à 16:34 :
Pauvre dame, ils vont lui faire porter la responsabilité de l'eclatement de la bulle... Alors qu'elle n'y peut rien. Personne n'achète parceque tout est sur-évalué de 65%. Personne n'ayant étudié le sujet n'achetera un bien à la veille d'une chute vertigineuse des prix.
a écrit le 30/06/2015 à 15:05 :
Tous les prix de l'immobilier sont à 95 % abusifs. Le taux de plus value devrait être de 100% et non d'une misère. Plus de prêts aux hyper possédants, aux sociétés écrans, plus d'avantages fiscaux successions comprises. Amortissement d'une construction habitation sur 60 ans si non entretien sur les 20 premières années et les suivantes passage pour pas un centime au parc national/régional.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :