Airbus Safran Launchers : des retards à l’allumage qui inquiètent

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En août 2015, Airbus Safran Launchers se voyait notifier par l'ESA un contrat concernant le développement d'Ariane 6. Le flou entourant l'achèvement de la création d'ASL peut-il nuire au calendrier du programme spatial ?
En août 2015, Airbus Safran Launchers se voyait notifier par l'ESA un contrat concernant le développement d'Ariane 6. Le flou entourant l'achèvement de la création d'ASL peut-il nuire au calendrier du programme spatial ? (Crédits : ESA)
L’avenir de la joint-venture entre les groupes Airbus et Safran, Airbus Safran Launchers (ASL), présente sur huit sites en Europe, dont deux en Bordelais (Le Haillan et St-Médard-en-Jalles), inquiète les syndicats CFE-CGC et CFDT qui viennent d’adresser une lettre au Président de la République et au ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, entre autres.

Dans un courrier adressé vendredi par les syndicats CFE-CGC et CFDT du comité du groupe Safran au Président de la République, à Michel Sapin, ministre des Finances, à Jean-Yves Le Drian, ministre de Défense, et au DG de Safran, Philippe Petitcolin, notamment, les représentants syndicaux rappellent que François Hollande avait donné son accord, en juin 2014, pour le rapprochement des activités spatiales des deux groupes Safran et Airbus.
Cet accord a débouché sur la création, en décembre 2014, de la joint-venture Airbus Safran Launchers (ASL) dotée, en phase 1 de sa création, de 400 salariés issus des deux groupes dont certains éléments d'Airbus St-Médard-en-Jalles (Gironde).
En août 2015, Airbus Safran Launchers se voyait notifier par l'ESA un contrat concernant le développement d'Ariane 6. Un mois plus tard, la DGA notifiait son accord pour la production du missile M51 chez Airbus Safran Launchers.
Dans le même temps, les institutions représentatives du personnel français et européen des deux groupes validaient le transfert de leurs actifs dans Airbus Safran Launchers, ce qui donnait, normalement, le coup d'envoi de la phase 2 de la constitution d'ASL prévue pour octobre 2015.
Les directions des sociétés informaient les 6.500 salariés français des différentes entités des groupes concernés, Snecma, Herakles (Safran) et Airbus, de la bascule de leur contrat de travail dans ASL courant octobre 2015.

La "phase 2" ne répond plus...

Sauf que CFE-CGC et la CFDT rappellent dans leur courrier qu'à ce jour, la fusion n'est toujours pas effective. Pire, selon ces représentants, "aucune information crédible n'est produite vers les salariés ou leurs représentants quant à la date de la mise en œuvre de cette fusion".
Ce retard à l'allumage de la phase 2 de la création de la JV pose des problèmes de gouvernance selon les signataires (Philippe Joubert, CFE CGC, et Claude Salles, élu CFDT). Pour eux "les salariés déjà en place, chargés des études de R&D d'Ariane 6 n'ont pas d'interlocuteurs hiérarchiques pour prendre des décisions", ce qui sous-entend des retards prévisibles concernant ce programme spatial capital pour l'Europe.
Dans leur courrier, les représentants syndicaux estiment que le flou régnant autour de la constitution finale d'ASL nuit à sa crédibilité auprès de ses futurs clients potentiels. Ils signalent également pour les salariés qui devaient rejoindre ASL en phase 2, une forte inquiétude, voire un rejet grandissant vis-à-vis de la JV en constitution.
Les signataires du courrier demandent à rencontrer au plus vite les destinataires, au premier rang desquels figure le Président de la République pour échanger sur le sujet en question. Ils souhaitent, au plus vite, une issue "favorable" au dossier soit une phase 2 de création d'ASL dans les conditions "initialement convenues entre Airbus et Safran".

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Commentaires
a écrit le 14/12/2015 à 20:24 :
Une honte:
Airbus aurait obtenu de Bercy une exonération de l'impôt qu'il devait payer sur une soulte de 800 millions d’euros versée par Safran pour une gouvernance à 50/50 dans la société Airbus Safran Laun chers ...

Un vieux démon d’Airbus group:
Son PDG garde un objectif; être le seul patron du spatial en Europe ...

Un autre montage possible:
Un groupement d'intérêt économique permet aux actifs et salariés de Airbus et de Safran de rester dans leur groupe et conserver leur statut social.
Au niveau industriel, il permet une coopération entre les acteurs du spatial à l'inverse d'une bataille pour une gouvernance.

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