Economie du partage : Bordeaux conserve son titre de championne

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Bordeaux est en tête du palmarès pour la 2e année consécutive
Bordeaux est en tête du palmarès pour la 2e année consécutive (Crédits : M.L.)
Le cabinet Asterès publie son deuxième "Indice urbain du partage". Comme l'an dernier, Bordeaux arrive en tête des villes où l'économie du partage est la plus développée. C’est dans les catégories du logement, de la location et des services que la ville est la mieux classée.

Bordeaux arrive en tête pour la deuxième année consécutive de l'Indice urbain du partage publié par le cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès, fondé par l'économiste Nicolas Bouzou, qui passe au crible les 30 premières villes de France métropolitaine. Le cabinet définit ce concept de partage comme l'utilisation partagée avec un particulier d'un bien appartenant à un autre particulier, ce qui exclut donc le recours à des professionnels et tient compte des relations marchandes entre particuliers.

Pour mettre au point cet indice, Asterès a rapporté à la population le nombre d'annonces sur les sites LeBonCoin pour la vente, Airbnb et LeBonCoin pour la location de logement, Blablacar pour le transport, Allovoisins, Stootie et LeBonCoin pour les services, et Ouicar, Zilok et e-Loue pour la location d'objets et de véhicules. Le classement global constitue la synthèse des cinq catégories vente, location, services, logement et transport.

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Comme en 2016, Lille tient la 2e place du classement général, avant Lyon qui passe de la 18e à la 3e place. Cette évolution s'explique par l'intégration dans l'indice de la catégorie location dans laquelle la ville se classe 2e. C'est également ce qui explique la place de Paris, 14e l'an dernier, qui décroche la 4e place en profitant du développement des plateformes de location d'objets et de véhicules. Hormis Marseille, située en 30e position du classement général, les grandes villes occupent le haut du classement. Suivent Aix-en-Provence à la 5e place et Tours en 6e position. Les plateformes de partage étaient déjà bien implantées dans ces deux villes moyennes l'an dernier (respectivement 6e et 3e en 2016).

Fortes différences entre les types de partage

Par catégorie, Amiens confirme la prégnance de la vente de biens entre particuliers. Sur ce segment, les villes moyennes sont à la fête avec un quatuor inchangé composé d'Amiens, Reims, Tours et Clermont-Ferrand. Les villes où le revenu médian est plus faible ont plus d'annonces de vente d'objets entre particuliers. Logiquement, l'incitation à acheter ou vendre ses biens personnels repose sur la pression financière. Une plateforme comme LeBonCoin constitue ainsi une réponse locale aux enjeux de pouvoir d'achat.

Dans la catégorie des services entre particuliers, Lille est en tête de la catégorie pour la 2e année consécutive ; Nîmes et Toulon complètent le podium grâce au triplement des annonces sur leur territoire. Bordeaux se classe 4e. Concernant l'implantation de services entre particuliers, aucune corrélation claire n'apparaît, que ce soit avec les revenus, le chômage, la population ou la part des étudiants dans la ville. Ce marché est en cours de structuration et des corrélations pourraient émerger dans les années à venir, précise Asterès.

Un nouveau segment a été intégré cette année à l'indice : la location de véhicules et d'objets. Les grandes villes, Paris, Lyon, Lille, Bordeaux sont en tête. Dans le même esprit que pour les services, la location entre particuliers ne dispose pas encore de facteurs explicatifs. Seule variable constatée : plus les villes sont peuplées, plus la location est à ce jour développée.

Dans les transports, Aix-en-Provence, Tours et Clermont-Ferrand sont les villes où le covoiturage est le plus répandu. A noter qu'Orléans, 1er en 2016, est 4e cette année. Le partage de transport, incarné par le covoiturage, est principalement implanté dans les villes moyennes. Le covoiturage peut alors agir comme une réponse au manque d'infrastructures de transports en commun longue distance. Ce phénomène est particulièrement marqué pour les liaisons transversales non assurées par des réseaux ferrés.

Le partage de logement consacre Nice, suivie de Bordeaux, Paris, Aix-en-Provence, Montpellier et Lyon. Avec la vente de biens entre particuliers, le partage de logement constitue le segment où le classement a été le plus stable entre 2016 et 2017. La location de logement courte durée entre particuliers est corrélée à la fréquentation touristique et aux prix de l'immobilier. La fréquentation touristique représente ainsi la demande disponible de location temporaire. Les prix de l'immobilier incarnent l'incitation qu'a le propriétaire à louer temporairement son bien, notamment pour assumer le remboursement de son emprunt immobilier.

Asterès précise que les fortes différences de pénétration du partage entre la vente, le logement ou le transport stipulent que les plateformes répondent à des besoins locaux et non à une logique générique : à chaque territoire ses besoins collaboratifs.
Le cabinet se dit ouvert à d'autres plateformes qui souhaiteraient collaborer à cet indice qui sera publié tous les ans.

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