"Pour surmonter la peur d'entreprendre, devenez qui vous êtes ! "

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Sophie Lion-Poulain
Sophie Lion-Poulain (Crédits : DR)
Toujours attirée par l'étranger, Sophie Lion-Poulain y a longtemps vécu avant de revenir à Bordeaux. Confrontée à la difficulté à se réinsérer dans le monde professionnel, cette "réseauteuse" infatigable tire parti de son expérience et accompagne désormais les néo-Girondins et les porteurs de projet.

Née à Bordeaux, Sophie Lion-Poulain a toujours voulu vivre à l'étranger. Sa première partie de vie professionnelle l'a notamment conduit aux Etats-Unis, où elle a vécu 12 ans. Mais à son retour à Bordeaux en 2011, avec son mari et ses trois enfants, la réadaptation est rude pour l'ancienne responsable marketing et communication.

"J'ai éprouvé de vraies difficultés à me réinsérer dans le monde professionnel bordelais, se remémore-t-elle. J'ai donné des cours d'anglais, j'ai créé en 2013 Sophie's Store, une épicerie fine de produits anglo-saxons, avec un showroom à mon domicile et une activité se déroulant essentiellement sur Internet. C'était bien, mais ce n'était pas moi, il me manquait quelque chose. J'ai donc commencé un travail personnel et j'ai fini par vendre mon activité à Un Zest de plus, un autre acteur bordelais. Le réseau d'affaires professionnel BNI m'a aidé à réfléchir à ce que je voulais et à me remettre en question."

La jeune femme décide alors de capitaliser sur son expérience pour en faire bénéficier les autres :

"Ce n'est jamais simple de se lancer et de concrétiser son projet. Et c'est tout particulièrement vrai pour les femmes. Il existe de multiples freins qui laissent les peurs s'installer. La société provinciale oblige les gens à entrer dans des cases, on le voit à Bordeaux qui est dynamique mais qui est aussi bourgeoise et conservatrice, même si les choses s'améliorent un peu. Comment je fais pour avoir ma place ? A mon retour en France, on m'a beaucoup reproché d'être directe. Arriver avec un CV, de l'assurance... Ça fait un peu peur. J'ai aussi été frappée, et mes enfants également, par l'absence de bienveillance à l'école et la non-valorisation du positif. Lors des cours que je donnais, je tombais sur des élèves démoralisés. Je leur disais : « Qui t'a dit que tu es nul en anglais ? C'est une langue pour communiquer. Bien ou mal parlée, ce n'est pas l'important. »."

"On est responsable de ce qui nous arrive"

La méthode redonne confiance et Sophie Lion-Poulain se dirige alors vers un rôle de coach plus que de formatrice. Jusqu'à la création il y a quelques semaines de son activité sous la marque Sophie Coaching.

"Au moment d'entreprendre, on a tous peur, reprend-t-elle. Le message que je veux adresser aux porteur de projets, et notamment aux "mamapreneurs", c'est : « N'ayez pas peur et soyez qui vous êtes ! » Le premier truc à comprendre et à appliquer, c'est la gratitude. C'est la base, être reconnaissant des petites choses positives qui se passent dans nos vies. Ça paraît naze dit comme ça, mais ça marche. Deuxième point, on est responsable de ce qui nous arrive. Il faut arrêter de rejeter la faute sur les autres et apprendre à prendre des décisions. L'école n'apprend pas à être autonome."

Elue "top networker" trois années consécutives au sein de BNI Gironde Dordogne (22 clubs locaux) et également au niveau national, Sophie Lion-Poulain conseille aussi de s'impliquer dans des réseaux pour développer son business.

"Il y a tellement de choix que beaucoup peuvent se sentir perdus, convient-elle. Désormais chaque ville, chaque quartier a son ou ses clubs d'entreprises. Certains sont plus discrets et confidentiels. D'autres, comme les écoles, sont parfaits pour rencontrer du monde et faire des rencontres professionnelles. Le réseautage, c'est une façon de faire du commerce, c'est une philosophie, et c'est très important quand on vient d'ailleurs. A une condition : si on s'y implique uniquement pour prendre, ça ne marchera pas. Il faut être prêt à donner à et s'intéresser aux autres."

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Commentaires
a écrit le 15/04/2017 à 13:29 :
votre témoignage fait déjà beaucoup de bien !

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