Entomo Farm lève des fonds et redéfinit sa stratégie

 |   |  481  mots
Grégory Louis et Clément Soulier, respectivement PDG et directeur industriel d'Entomo Farm
Grégory Louis et Clément Soulier, respectivement PDG et directeur industriel d'Entomo Farm (Crédits : DR)
La société girondine Entomo Farm, dédiée à la production de farines d’insectes, vient de lancer une campagne de crowdfunding sur la plateforme Sowefund. La société, qui prend possession à la fin du mois de son usine de Libourne, a complètement revu sa stratégie après la décision européenne qui s’appliquera en juillet et autorise l’usage des protéines d’insectes dans l’alimentation des poissons d’élevage.

Entomo Farm a lancé lundi une campagne sur le site de financement participatif Sowefund, sur lequel elle avait réussi à lever l'an dernier 900.000 €. De là à espérer que cette nouvelle campagne, dont le seuil est fixé à 500.000 €, atteigne les mêmes montants au terme du 10 juin, il n'y a qu'un pas. Mais quoi qu'il en soit, les dirigeants d'Entomo Farm, Grégory Louis et Clément Soulier, savent déjà qu'ils devront faire appel à des fonds d'investissements puisque l'objectif global est de lever cette année 2 M€, avant d'envisager une autre levée de fonds de 4 M€ l'an prochain.

Lire aussi : Entomo Farm installe son site industriel à Libourne et ouvre son capital

Cette nouvelle campagne est destinée à lancer les travaux d'aménagements du site libournais de l'entreprise qui va donc quitter Blanquefort fin avril. Et à structurer son équipe actuelle de 15 personnes, puisqu'elle est en phase de recrutement de 7 personnes cette année pour un poste de directeur administratif et financier, sur des profils de commerciaux, pour la gestion de commandes et le suivi de l'élevage. Car l'entreprise a complètement revu son modèle et va désormais se concentrer sur la production de larves d'insectes pour en confier le grossissement à des agriculteurs. C'est également dans cette usine que ces insectes seront transformés en farines.

Ce repositionnement est en effet lié à l'évolution de la réglementation, puisque la Commission européenne a autorisé en décembre dernier l'usage des protéines d'insectes dans l'alimentation des poissons d'élevage à partir du 1er juillet 2017.
L'entreprise doit donc monter en puissance, puisque ce site libournais, avec 3.400 m2 dédiés à la production, ne lui permet de produire que 30 tonnes d'insectes par mois, soit l'équivalent de 10 tonnes de farine, ce qui reste insuffisant pour répondre à la demande. Elle va donc faire appel à des agriculteurs pour élever ces insectes qui seront transformés en farines.

"C'est un repositionnement de stratégie lié à la profondeur du marché aquacole qui représente 1 million de tonnes, précise Grégory Louis. Nous avons en face de nous de gros industriels, nous sommes tout petits. Donc l'idée c'est de s'inspirer du monde agricole et industriel. Nous allons nous transformer vers un modèle plus industriel et pour grossir, nous nous inspirons du modèle coopératif gagnant/gagnant. Un agriculteur peut gagner 30.000 € par an avec notre modèle, et exploiter aussi des bâtiments inusités. Nous devons les convaincre d'être acteurs de cette révolution. C'est un modèle qui a du sens puisque nous créons de la valeur où il n'y en n'a pas."

Actuellement, la société forme à ses techniques d'élevage huit agriculteurs. Sur cette première phase, Entomo Farm estime donc être en capacité de produire 400 tonnes de farine par an. La commercialisation sera lancée dès 2018 par la société, qui regarde aussi vers l'international.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :