Champeil voit les marchés rester au vert malgré les risques

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Le risque politique international qui pèse sur les marchés se manifeste en particulier en Europe.
Le risque politique international qui pèse sur les marchés se manifeste en particulier en Europe. (Crédits : © Reuters Photographer / Reuters)
Le poids des incertitudes politiques pèse sur des marchés actions qui conservent par ailleurs une dynamique intrinsèque grâce à la bonne orientation de l’économie, diagnostique Axel Champeil, PDG de Champeil Asset Management (CAM), à Bordeaux.

Dans sa dernière livraison de la "Lettre des gérants", datée de février 2017, Axel Champeil rappelle qu'in fine l'année 2016 s'est terminée par un "important rallye" sur les marchés actions. Ces manœuvres de gestion de portefeuilles, qui font grimper les cours des actions à l'automne, sont en général le reflet d'une bonne année boursière et la manifestation de prévisions optimistes concernant la santé des entreprises pour le début de l'exercice suivant.

Ce que confirme le PDG de CAM en expliquant que ce rallye 2016 a été porté "par certains espoirs de l'élection de Donald Trump" et ceci "dans un contexte économique bien orienté". Mais il semble que l'annonce par Donald Trump d'un virage protectionniste de la politique économique des Etats-Unis, avec une promesse de grands travaux et de relèvement des barrières douanières, pourtant bien accueillie au départ par les marchés, ne convainc plus autant. A moins que ce ne soit "la politique étrangère non conformiste" du nouveau président américain, que cite Axel Champeil, autrement-dit le déploiement d'une diplomatie imprévisible, qui soit en train d'inquiéter les milieux d'affaires, de saper leur enthousiasme initial.

L'Union et l'euro sous pressions

Avec l'esquisse d'un Brexit plus radical que prévu, qui serait marqué par "une sortie totale du Royaume-Uni de ses engagements et accords vis-à-vis de l'Europe", CAM estime que le risque politique ne fait qu'augmenter dans les pays de l'Union et qu'il "devrait persister jusqu'aux prochaines échéances électorales" en France, aux Pays-Bas et en Allemagne. La pression mise par l'administration Trump sur l'Union européenne et la perspective de négociations dures avec Londres vont peser sur la zone euro estime le PDG de CAM. Car tout le monde devine que Londres ne va pas sortir de l'UE sans essayer de conserver autant d'avantages communautaires que possible.

Et puis il est également possible que "de nouvelles tensions financières en Grèce" puissent faire ressurgir la perspective d'un "Grexit". Entre les menaces qui pèsent sur la zone euro et la pression croissante qu'exercent chacun à leur manière les Etats-Unis et la Russie sur l'Union européenne les tensions politiques pèsent encore lourd. A quoi s'ajoutent "de très probables pressions à la hausse des taux, motivées par le retour de l'inflation" pointe notamment Axel Champeil. "Ainsi, la stabilité du marché nous semble fragile" conclut-il logiquement.

Une remontée des taux limitée

Aussi lourdes qu'elles puissent paraître pour le futur proche, ces réserves ne suffiront pas à annuler la bonne orientation du marché. Le patron de CAM estime ainsi qu'en Europe "la dynamique haussière et de revalorisation des marchés actions" n'est pas terminée et que toute perturbation ne sera que passagère. Parce que l'environnement macroéconomique est "favorable". Malgré la reprise d'une tendance haussière, la remontée des taux d'intérêts est ainsi selon lui limitée par "une croissance économique en amélioration et une politique monétaire à la manœuvre". Comme il l'anticipe dans sa note, les résultats publiés ce mois-ci par les sociétés multinationales sont bons, ce qui confirme selon Axel Champeil "l'amélioration économique constatée par ailleurs".

Une évolution qui devrait être favorable aux marchés actions européens et défavorable au marché américain et obligataire. Dynamique européenne qui deviendra de plus en plus forte à mesure que les incertitudes politiques européennes seront levées analyse le gestionnaire de portefeuille. CAM maintient ainsi le cap de sa stratégie, qui n'a pas évolué "au cours du dernier mois, à savoir une base actions importante et un volant de liquidité permettant d'être manœuvrant quel que soit l'environnement de marché". Un dernier conseil de la maison Champeil : il faut rester investi en devises pour se protéger des risques politiques et des tentations de guerre des changes qui se font jour. Sans faire l'impasse sur l'or pour compléter cette panoplie d'actifs.

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