Bordeaux : la marketplace 100 % pros Actiwine en forte croissance

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Benoit Routurier et Eric Lévy, cofondateurs de la place de marché 100 % pros Actiwine, qui propose un nouveau débouché pour le viticulteur et une nouvelle façon de se sourcer pour l’acheteur.
Benoit Routurier et Eric Lévy, cofondateurs de la place de marché 100 % pros Actiwine, qui propose un nouveau débouché pour le viticulteur et une nouvelle façon de se sourcer pour l’acheteur. (Crédits : Appa)
Actiwine, marketplace spécialisée dans la mise en relation des viticulteurs avec des acheteurs professionnels uniquement, qui a levé l’an dernier 650.000 €, espère atteindre le million d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre et va recruter dans les semaines qui viennent.

L'idée de la création d'Actiwine est née en 2014 d'un constat d'Eric Lévy, cofondateur de la société, qui, en tant qu'acheteur vin pour E.Leclerc, ne cessait de déplorer le manque de temps pour se sourcer autrement que par les offres de sa centrale d'achat ou le démarchage. Un constat partagé par Benoit Routurier, cofondateur, ancien responsable de vignobles, négociant et caviste. Une difficulté pour les professionnels à se sourcer qui rejoint la préoccupation récurrente chez les viticulteurs qui savent fabriquer le vin mais pas forcément le vendre. Deux problématiques auxquelles Actiwine va s'attacher à répondre. Créée à Bordeaux en 2015 avec un troisième associé, Jean-Laurent Wotton, qui a passé 10 ans chez Google en tant que directeur performance marketing, Actiwine, désormais installée à Lormont, propose aujourd'hui une plateforme qui rassemble 250 vignerons, dont 70 de la région.

La plateforme Actwine n'est ouverte qu'aux acheteurs professionnels :

"Nous les rencontrons tous physiquement une fois, explique Eric Lévy, directeur général. Nous vérifions qui ils sont, nous cherchons à comprendre, à connaître leurs capacité de paiement et ils signent un contrat."

Si l'acheteur doit montrer patte blanche, Actiwine assure ne pas accepter non plus tous les viticulteurs qui souhaiteraient utiliser la plateforme.

"Tous les vins sont dégustés, il nous est arrivé de refuser un viticulteur après dégustation. Cette étape est nécessaire non seulement pour nous assurer de la qualité du vin mais aussi pour valider que le prix est raccord avec le marché", explique Benoit Routurier, directeur commercial. Le comité de dégustation rédige d'ailleurs un argumentaire de vente et une fiche technique.

500 acheteurs

L'acheteur garde toutefois la possibilité de négocier en faisant une offre au viticulteur qui est averti par mail ou SMS et peut ensuite accepter ou proposer un autre prix. La société propose également au viticulteur de maitriser la diffusion de son vin, puisqu'il peut choisir avec qui il veut travailler, distribution indépendante, centrale d'achat, CHR, et peut même exclure un département en particulier s'il a déjà un vendeur sur zone ou même refuser un distributeur pour ne pas pénaliser un caviste déjà client de ses vins.

Conformément à son offre de fluidifier les relations acheteurs/viticulteurs, Actiwine propose également de gérer tous les détails opérationnels après la vente. Une quatrième personne a ainsi rejoint le trio de départ : Franck Couillerot, ancien du groupe Beaumanoir, qui s'occupe de tout ce qui concerne transport, paiement, PLV (publicité sur lieu de vente) pour mettre en avant le vigneron. La société a signé un partenariat avec Geodis pour le transport et négocie avec d'autres.

Avec un panier moyen de 300 à 400 bouteilles (480 pour les clients de la distribution), la société, qui a par exemple écoulé 20.000 bouteilles de champagne en novembre et décembre dernier, enregistre une croissance régulière de 20 % d'un mois sur l'autre. Alors qu'elle demandait au départ aux acheteurs de commander de gros volumes, Actiwine permet désormais aux restaurateurs de passer des commandes panachées de 30 à 40 bouteilles même si les commandes se révèlent régulièrement plus conséquentes.

La société compte à ce jour 500 acheteurs de la restauration et de la grande distribution comme Super U, Leclerc, Intermarché, ou Auchan également depuis deux mois. Ses clients se répartissent aujourd'hui à égalité entre grande distribution et CHR, alors que ce rapport était de 70/30 il y a encore quelques semaines.

"Nous adressons la restauration depuis trois mois après avoir surtout travaillé avec la grande distribution, commente Eric Lévy. De la même façon, il y a seulement un mois que nous avons commencé à travailler à l'export, qui représente déjà 10 % de notre chiffre d'affaires."

La société qui a décidé de mettre en valeur les vins français à l'étranger (New York, Belgique, Royaume-Uni) avant de proposer des vins étrangers à ses clients, va certainement étendre sa gamme prochainement au-delà des productions françaises, gamme qui se limite pour l'instant au Prosecco pour le vin étranger mais pourrait s'enrichir très vite de vins espagnols, très demandeurs d'intégrer l'offre d'Actiwine lors du dernier salon Vinisud.

2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires

Actiwine, qui a intégré la WineTech, groupement de startups dédiées au vin, compte aujourd'hui 12 personnes dans son équipe, dont 4 développeurs. Elle est en phase de recrutement de 4 personnes supplémentaires, commerciaux et développeurs.

"Nous avons levé en septembre 650.000 € auprès de Luis Cabiédès, Espagnol, premier investisseur dans BlaBlaCar, qui avait déjà investi dans Uvinum, très connu en Espagne et en Grande-Bretagne, auprès de Gérard Gribelin, ex-propriétaire de Fieuzal, également auprès des investisseurs de notre première levée de fonds et de Bpifrance qui nous soutient à hauteur de 200.000 €", explique Eric Lévy.

Actiwine, qui se présente comme la première place de marché à 100 % dédiée aux professionnels du vin, commence à voir poindre des concurrents, ce qui la rassure sur la pertinence de son business et ne l'effraie pas plus que ça.

"Nous sommes assez ambitieux dans notre approche. Notre premier investisseur, qui nous suit, a des moyens. Aujourd'hui nous cherchons de nouveaux vignerons. Nous développons aussi notre capacité à conseiller le restaurateur pour monter sa carte en fonction de son entourage", explique Eric Lévy.

Objectif : réaliser un chiffre d'affaires de 1 M€ au premier semestre, pour atteindre 2,5 M€ en fin d'année.

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