Immobilier : Michel Ohayon révèle ses projets bordelais

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Agrandissement important du Grand Hôtel, proposition de réaménagement de la place Gambetta, Michel Ohayon, bien que présent un peu partout en France et dans le monde, a encore des projets pour Bordeaux.
Agrandissement important du Grand Hôtel, proposition de réaménagement de la place Gambetta, Michel Ohayon, bien que présent un peu partout en France et dans le monde, a encore des projets pour Bordeaux. (Crédits : Appa)
PDG de la Financière Immobilière Bordelaise, Michel Ohayon était l’invité de La Tribune pour un Petit Déjeuner Interactif organisé avec le Crédit agricole d'Aquitaine dans les salons de l’Intercontinental Bordeaux Le Grand Hôtel dont il est propriétaire. L’homme d’affaires a glissé quelques révélations… notamment bordelaises.

Interrogé ce matin par Jean-Philippe Déjean, journaliste de La Tribune, Michel Ohayon, l'ancien étudiant maître-nageur de la plage du Truc Vert à Lège Cap Ferret qui a commencé sa carrière à 23 ans dans le commerce de vêtements avant de devenir, en tirant, avec audace, profit de la crise immobilière de la fin des années 80, un des acteurs les plus dynamiques en France de l'immobilier commercial et hôtelier, a lâché quelques informations concernant notamment Bordeaux où son groupe a toujours son siège social.
C'est ainsi par exemple qu'au détour d'un échange, Michel Ohayon a révélé le prochain agrandissement du palace Intercontinental Bordeaux-Le Grand Hôtel, dont il est le propriétaire depuis 1999 et qui a ouvert ses portes en 2007.

Extension de 2.000 m2 pour le Grand Hôtel

"Nous allons ajouter 2.000 m2 à l'établissement actuel (148 chambres, dont 20 suites junior, 5 suites prestiges, 2 suites corner et une suite royale, ndlr). Nous venons de conclure la transaction concernant le 7 cours de l'Intendance. Cette extension va nous permettre de créer 20 suites supplémentaires, d'ouvrir une grande pâtisserie, un nouveau salon de thé, un restaurant wine bar, une galerie d'art. L'actuel salon de thé, l'Orangerie, qui, pour le moment, se situe au fond de l'hôtel, en deviendra le centre. Le début des travaux est prévu d'ici six à sept mois. La livraison de l'extension interviendra fin 2018", confie Michel Ohayon.

Propriétaire de deux autres hôtels, Waldorf Astoria Trianon à Versailles (2014) et plus récemment (mai 2016) du Sheraton à Roissy, 4 étoiles de 250 chambres, décoré par Andrée Putman, Michel Ohayon a des projets pour ces deux sites.

"Le Sheraton, qui est au centre d'un hub de 2,5 millions de passagers, va faire l'objet d'un rafraichissement qui respectera l'œuvre d'Andrée Putman. Le Waldorf Astoria Trianon, idéalement placé lui aussi à côté du château de Versailles, à 15 minutes de l'Etoile, va faire l'objet d'un agrandissement pour 80 suites supplémentaires, un salon de thé, une galerie des glaces, une pâtisserie qui mettra en valeur le talent incroyable du chef pâtissier Eddy Benghanem."

Un projet d'urbanisme pour la place Gambetta

Sans rentrer plus dans les détails, Michel Oyahon a également évoqué la création d'un hôtel de 1.000 chambres à Roissy et surtout, il est revenu, un peu plus précisément, sur son projet concernant l'ancien bâtiment qui a abrité, notamment, Virgin Megastore place Gambetta à Bordeaux et dont il s'est porté acquéreur en juillet 2015.

"Concernant ce projet dont on a à peu près tout dit, je suis en pleine réflexion... Il y a un projet d'urbanisme qui est associé à ce projet. Nous souhaitons être associés dans l'évolution à venir de cette place. Nous souhaitons imbriquer notre projet dans celui qui est porté par la Ville pour la transformation de cette place. Je souhaite une coopération très forte entre nous et la Ville. Nous avons des idées. Dans notre proposition nous voulons aller plus loin que ce seul bâtiment. Les choses ne sont pas écrites, nous pouvons encore surprendre."

S'il concède que la création d'un palace à la décoration contemporaine tient encore la corde, tout comme un espace de vie, des animations culturelles et commerciales, un duty free, Michel Oyahon estime que sa réflexion dépendra aussi du projet de réaménagement de la place.

"Je plaide pour une accessibilité renforcée aux quatre coins de ce qui doit devenir une vraie place. Je n'ai rien contre les arbres, même si Bordeaux n'en manque pas, mais je note qu'en cœur de ville, les places minérales fonctionnent très bien. Il faut un lieu visible, ouvert, un lieu qui doit devenir piéton à mon sens. Je crois aussi qu'il faut penser à l'aménagement du sous-sol de cette place...", distille l'investisseur sans vouloir en dire plus.

Bref, le sujet sur lequel on croyait que tout avait été écrit et dit réserve encore des surprises.

Investissements en Floride

En attendant, l'homme et sa société continuent d'investir fortement en France, notamment à Marseille où 200 appartements, une résidence senior, 400 places de parking sont en train de voir le jour au cœur de la ville. La FIB, qui est depuis peu actionnaire majeur d'une foncière hollandaise cotée en Bourse et propriétaire de 400.000 m2 d'immobilier dans 20 villes en Europe, investit massivement en Floride. La FIB, après avoir acheté puis revendu quelques villas au plus fort de la crise immobilière liée aux subprimes, a fait l'acquisition d'une résidence de 88 appartements de standing avec vue sur l'océan ou les canaux : "En tant qu'ancien maître-nageur, j'ai toujours une fascination pour la plage", plaisante l'investisseur qui assure au passage que 32 des appartements de cette résidence ont été refaits à ce jour.
Une résidence qui semble-t-il ne serait pas le seul actif intéressant pour le Bordelais. Au détour d'une question, mais sans vouloir en dire plus, il a évoqué un projet au Fort Lauderdale, la Venise de l'Amérique, concernant un hôtel Intercontinental et surtout 30.000 m2 de droit à construire...
Discret également sur le nombre de salariés de la FIB, "en vérité nos salariés sont principalement dans nos filiales, ils sont par exemple plus de 1.000 dans nos hôtels" consent-il, Michel Ohayon a décrit assez précisément sa stratégie en matière d'investissement immobilier :

"Nous privilégions les emplacements, les bâtiments qui font partie du patrimoine historique des villes à potentiel. Pour cela il faut prendre son temps comme nous l'avons fait pour le Grand Hôtel à l'époque. Si nous avions été vite, nous aurions acquis 5.000 m2 au lieu des 23.000 m2 obtenus in fine. Investir c'est parier sur l'avenir, anticiper l'attractivité d'une ville..."

Des attractivités que cet investisseur spécialisé dans l'immobilier commercial et l'hôtellerie aimerait voir se traduire par plus du business.

"Je constate qu'à Paris, il n'y a que cinq hôtels de plus de 400 chambres, c'est trop peu. Nous sommes en retard sur les congressistes car nous avons tendance à installer nos palais des congrès hors la ville. Les congressistes dépensent beaucoup généralement. Je constate aussi que si nous sommes, en France, la 1re destination touristique, nous ne sommes que la 10e destination en termes de dépense touristique. C'est entièrement de notre faute. Nos commerces ferment trop tôt par rapport aux grandes villes de tourisme, et je ne parle pas que de New-York ! La seule exception française c'est les Champs-Elysées avec 5.500 heures d'ouverture pour les boutiques contre 2.700 heures en moyenne dans le reste de la France. On gâche un gisement d'emplois énorme !"

... Et un business supplémentaire pour les locataires de ses murs, commerces et hôtels.

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