Transformation digitale des entreprises : une évidence, pas encore une réalité

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La transformation numérique des entreprises : une expérience génératrice de stress autant que de bien-être selon le premier Baromètre Digital Workplace
La transformation numérique des entreprises : une expérience génératrice de stress autant que de bien-être selon le premier "Baromètre Digital Workplace" (Crédits : Pascal Rabiller)
La transformation numérique des entreprises ? Une révolution perçue comme positive par les salariés, mais une évolution encore insuffisante dans les sociétés, qu'il s'agisse d'organisation, de modes de travail, de management ou encore de la place du travail. C'est ce que révèle le premier "Baromètre Digital Workplace" du cabinet Julhiet Sterwen et de l'Ifop.

Si la transformation numérique est vécue de manière positive, avec un travail souvent facilité, elle nécessite cependant de faire évoluer les organisations, leurs processus ainsi que la manière de travailler et de manager pour devenir pleinement "digital workplace". Pour son premier "Baromètre Digital Workplace 2016, évolution ou révolution ?" des entreprises de 500 salariés et plus, présenté avec le cabinet de conseil en organisation et management Julhiet Sterwen, l'Ifop s'est basé sur un panel de plus de 1301 participants (1). Cette étude analyse le chemin qui reste à parcourir aux entreprises pour devenir de véritables "Digital Workplace" selon 4 axes principaux (la technologie et les usages associés, l'organisation et ses processus, les ressources humaines et la place de travail), donne un éclairage inédit sur la perception des collaborateurs et des managers vis-à-vis de la transformation digitale en France et le chemin qui reste à parcourir.

D'après les résultats de ce baromètre, 53 % des collaborateurs et 63 % des managers ont le sentiment de vivre une révolution avec la transformation numérique. Un bouleversement perçu de façon plutôt positive, à la fois pour les salariés (68 % positifs) et pour l'entreprise (74 %). Au-delà de l'aspect "technologique" (l'usage de nouveaux équipements et de nouveaux logiciels), les collaborateurs perçoivent dans la transformation numérique l'occasion de développer de nouvelles façons de travailler (47 % des salariés) et de nouvelles compétences (38 % au total, 46 % pour les managers).

Des rythmes qui s'accélèrent, une charge de travail qui s'alourdit

Indéniablement, la transformation numérique facilite les tâches : des interactions plus simples (80 % collaborateurs / 90 % managers), un gain de temps (80 % / 87 %) et d'efficacité (72 % / 77 %) et une meilleure autonomie des collaborateurs (72 %).
En contrepartie, les salariés voient leur rythme de travail s'accélérer et leur charge de travail s'alourdir. Au final, les collaborateurs comme les managers en tirent un bilan en demi-teinte : une expérience génératrice de stress (50 % collaborateurs/ 55 % managers) autant que de bien-être (53 % / 57 %), des processus parfois simplifiés mais une organisation qui peut s'avérer parfois plus complexe.

"Les résultats du baromètre confirment que prise sous l'angle technologique uniquement, la Digital Workplace ne peut être qu'un échec. Bien sûr il y a une dimension technologique mais ce point seul ne suffit pas à transformer la manière dont on travaille, dont on se comporte et dont on vit ensemble au travail. La Digital Workplace est bien la résultante d'un travail conjoint et coordonné sur les trois dimensions que sont la technologie, l'organisation et ses ressources humaines. Et la capacité à conduire ce changement de manière agile et sur ces 3 dimensions est un réel gage de succès", explique Marc Sabatier, président de Julhiet Sterwen (plus de 300 collaborateurs en France et en Europe, 43 M€ de CA en 2015, labellisé BPI Excellence par Bpifrance et membre de France Fintech).

Plus sensibles que la moyenne des collaborateurs à la révolution numérique, ces managers considèrent que leur rôle dans l'entreprise a davantage évolué que le comportement des collaborateurs (61 % vs 52 %). Ils expriment ainsi leur besoin d'être accompagnés pour redessiner leurs rôles dans la transformation numérique afin de réagir plus vite et de trouver de nouvelles façons de manager des équipes de plus en plus distantes, pouvant être composées de 4 générations de collaborateurs aux besoins et motivations différents afin d'incarner un rôle de chef d'orchestre.
Managers ou non, les collaborateurs sont aujourd'hui globalement mieux équipés à titre personnel que professionnel. Au-delà des équipements, l'usage de solutions collaboratives restent à développer dans les entreprises : réseau social d'entreprise (40 % des salariés équipés), outils de webconférence (47 %), partage de documents (61 %).

Des lieux de travail à réinventer

Les collaborateurs sont modérément satisfaits de leur lieu de travail (77 %, mais seulement 14 % très satisfaits). Pour une majorité (64 %), la transformation numérique n'a pas eu d'impact sur l'organisation de la place de travail. Ils expriment leurs besoins d'espaces informels qui favorisent les échanges (57 %), le travail collaboratif, la créativité (53 %), mais aussi la détente (49 %). Des lieux de travail adaptés aux nouveaux rythmes et charges de travail des collaborateurs, pouvant leur apporter du bien-être dans un environnement plus stressant, pour in fine renforcer leur engagement.

"Le fait que pour la majorité des collaborateurs la place de travail n'a pas évolué sous le coup de la transformation digitale montre la difficile compréhension de la transition digitale comme un phénomène global. Nous sommes face à une révolution profonde, systémique, de l'entreprise ; l'organisation physique des bureaux et des lieux de travail doit aussi s'adapter aux nouveaux modes de travail, plus collaboratifs, plus créatifs. A l'image des collaborateurs qui doivent se réinventer en permanence, les lieux de travail aussi doivent pouvoir évoluer, et rapidement. Sinon, le hiatus entre des bureaux rigides et une organisation de plus en plus horizontale et souple risque d'être contreproductif", analyse Raphaël Berger, directeur du département Média & Numérique de l'Ifop.

  • (1) Dont 660 managers (échantillon représentatif selon la méthode des quotas de 1001 collaborateurs, dont 360 managers plus sur-échantillon de 300 managers).

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