MEDEF et CGPME unis pour prendre la nouvelle CCI Bordeaux-Gironde

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Pierre Goguet, candidat à sa succession
Pierre Goguet, candidat à sa succession (Crédits : Appa)
Pas d’obstacle connu face à la nouvelle liste d’union patronale CGPME-Medef qui part à la conquête de la toute nouvelle CCI Bordeaux-Gironde sous la houlette de Pierre Goguet. Côté Région, le Girondin Jean-François Clédel devra compter avec l’opposition du Charentais Daniel Braud.

C'est confirmé : Jean-François Clédel, dirigeant d'Ingeliance et patron du Medef de la Gironde, sera candidat en décembre à l'élection à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie régionale (CCIR) de la Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes). Tandis que Pierre Goguet, président sortant de la CCI de Bordeaux, sera candidat à la présidence de la future CCI Bordeaux-Gironde (CCIBG) : un changement dû à la fusion des CCI de Bordeaux et Libourne. Ces décisions ont été officiellement annoncées ce vendredi matin dans les locaux de la CCIB lors de la présentation de la liste commune CGPME-Medef pour les élections consulaires, qui auront lieu du 20 octobre au 2 novembre prochains. Encore faut-il rectifier puisque la CGPME (Confédération générale des PME) vient d'être transformée en Confédération des PME, d'où le nouvel acronyme de CPME.

Les Libournais sont là

"J'ai souhaité franchir le pas, quand Pierre Goguet est venu me chercher. J'ai dit oké parce que Libourne rejoint Bordeaux et la Gironde, c'est important. On est plus fort ensemble" a expliqué Marc Prikazsky, PDG de Ceva santé animale, un des leaders mondiaux de la pharmacie vétérinaire et l'un des 12 élus libournais à rejoindre la CCI de Bordeaux-Gironde, avec Philippe Dizier, directeur général de la Fonderie du Bélier.

"Cette liste de 80 candidats pour l'élection à la CCI Bordeaux-Gironde sera déposée en préfecture en septembre ou avant. Le découpage, avec commerce-industrie-services, reste classique et notre préoccupation est à chaque fois d'animer le territoire. Il y a la diversité des métiers et celle des entreprises, avec les PME mais aussi les grands groupes, et l'arrivée dans nos rangs de Jean-Claude Fayat, PDG du groupe Fayat, suffit à le démontrer si besoin en était" synthétise Pierre Goguet.

La CCIR de la Nouvelle-Aquitaine comptera 83 sièges, dont 24 réservés aux élus de la CCI Bordeaux-Gironde (CCIBG), pour un total de plus de 50 % réservé aux 6 CCI de l'ancienne Aquitaine.

Aider les territoires

"C'est intéressant de voir Marc Prikazsky, Philippe Dizier et Jean-Claude Fayat nous rejoindre mais il y a aussi La Poste, représenté par sa directrice régionale, Agnès Grangé, qui s'est énormément investi dans la French Tech à Bordeaux et a permis de rendre visibles de jeunes entreprises innovantes qui étaient sous le radar. Mais la métropole bordelaise ne doit pas oublier la grande région. Bordeaux Métropole représente 20 à 25 % du produit intérieur brut (PIB) de la Nouvelle-Aquitaine, ce qui signifie que 75 % à 80 % de ce PIB régional se fait ailleurs, dans les territoires" avertit Jean-François Clédel, pour bien marquer l'importance du scrutin en terme d'aménagement du territoire.

Une philosophie sur laquelle a fortement insisté le représentant de la CPME, Serge Marcillaud.

"Le développement du fait métropolitain nous donne de nouvelles responsabilités dans la région. Il y a une aspiration métropolitaine et puis des territoires qui sont en train de mourir. C'est un des enjeux de ce mandat, avec le développement d'une économie de proximité et la nécessité d'aller voir les entreprises, qui vivent une période très difficile" pointe Serge Marcillaud.

Les CCI avec les collectivités ?

Avec 30 femmes sur 80 sièges à l'élection à la CCIBG le changement est en marche, mais la parité pas pour tout de suite. Côté alliance, la CPME détient 20 sièges sur 80, et personne dans cette coalition n'a encore connaissance de l'existence d'une liste concurrente. Le rajeunissement et la féminisation de la liste ont provoqué l'éviction de certains candidats qui n'ont pas apprécié. Mais officiellement il n'y a pas encore de liste de revanchards prêts à s'attaquer à cette union CPME-Medef en Gironde.

L'ambiance est un peu différente au niveau de la Nouvelle-Aquitaine puisque le président de la CCIR de Poitou-Charentes, Daniel Braud, président de la CCI d'Angoulême (Charente), a annoncé qu'il serait lui aussi candidat à la présidence régionale, lors du scrutin de décembre. Un antagonisme que le Périgourdin Serge Marcillaud, très au fait du sentiment anti-bordelais dans les territoires, ne juge pas vraiment productif.

Quoi qu'il en soit, le nouveau siège de la CCIR de Nouvelle-Aquitaine se trouvera place de la Bourse, à Bordeaux, mais sur le côté opposé à celui où est installée la CCIB.

Un autre débat, aux conséquences autrement plus lourdes, est en train de confirmer son émergence : celui de l'expertise économique. Virginie Calmels, chef de file de la droite aux dernières élections régionales, avait clairement annoncé sa volonté de confier l'action économique aux CCI si elle était élue à la tête de la Région. Une stratégie fermement combattue par son concurrent socialiste, Alain Rousset, finalement élu président de la nouvelle région. Alors que la CCIB a contractualisé un accord de ce type avec Bordeaux Métropole, les CCI se tournent désormais vers les autres collectivités locales qui détiennent une compétence économique, pour contractualiser avec ces dernières. Ce qui serait déjà le cas à Brive (Corrèze). Une concurrence qui risque de raviver les conflits de légitimité entre les pouvoirs politique et économique. Ce qui rend peut-être Pierre Goguet ambitieux : il compte ainsi sur un taux de participation de 25 % à cette élection consulaire, contre 14 % lors du dernier scrutin...

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Commentaires
a écrit le 11/07/2016 à 18:49 :
Une énième subvention de l'état pour l'économie privée.
a écrit le 08/07/2016 à 20:38 :
la CCI est public ?
Réponse de le 11/07/2016 à 14:13 :
La CCI est un établissement public de l'Etat.
A la différence des autres établissements publics il n'est pas gouverné par des fonctionnaires mais par des chefs d’entreprises bénévoles élus par leurs pairs.Ils ont pour mission de représenter les entreprises auprès des autorités publiques et de mener toutes les actions utiles au développement économique et à la prospérité des entreprises petites, moyennes ou grandes.
La CCI est la dernière structure où les citoyens chefs d'entreprises administrent , dans l'intérêt général, les services d'appui aux entreprises et le conseil aux collectivités pour l’accueil d'entreprises et la création d'emploi.La démocratie économique est l'ADN de la CCI, d'où l'importance du scrutin d'octobre 2016, rendez-vous que les chefs d’entreprises de Gironde ne doivent pas rater.

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