Facebook touche ConcoursMania sans le couler

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Jullien Parrou, président et fondateur de ConcoursMania (ici lors d'un Petit Dejeuner interactif organisé par La Tribune Bordeaux) analyse les raisons du recul d'activité de son groupe et dit en avoir tiré des enseignements qui semblent payer.
Jullien Parrou, président et fondateur de ConcoursMania (ici lors d'un Petit Dejeuner interactif organisé par La Tribune Bordeaux) analyse les raisons du recul d'activité de son groupe et dit en avoir tiré des enseignements qui semblent payer. (Crédits : Agence Appa)
Le groupe bordelais ConcoursMania, spécialisé dans le jeu marketing en ligne, était jusque-là habitué aux croissances annuelles à deux chiffres. En 2015, pour la première fois, il a vu son chiffre d’affaires reculer. Julien Parrou, son président, analyse ce “trou d’air” lié, principalement, à un arbitrage défavorable de Facebook.

Ce n'est pas une surprise car Julien Parrou, PDG fondateur du groupe ConcoursMania, avait prévenu il y a quelques mois. Son groupe, qui emploie 95 personnes à Bordeaux (siège social), en Europe, en Amérique du Nord et Amérique du Sud, a connu un sérieux "trou d'air" dans son activité lors du premier semestre 2015.

"L'année 2015 a été marquée par un premier semestre difficile en raison de mauvaises performances de certaines opérations de services vocaux interactifs et de la déconnexion de nos applications Facebook", expliquait sobrement Julien Parrou dans un communiqué financier daté du 9 février.

Pour La Tribune Bordeaux, le dirigeant, interviewé par Jean-Philippe Déjean, est revenu  sur les raisons du repli de l'activité de ConcoursMania.

Facebook a privé 13 millions d'utilisateurs de ConcoursMania

"Un collaborateur de Facebook, en Californie, a décidé, en début d'année 2015, qu'un de nos jeux n'était pas conforme à "l'expérience utilisateur" voulue par le réseau social. Au lieu de couper l'accès à l'application concernée, il a tout simplement décidé de couper l'accès à toutes nos applications pour les 13 millions d'utilisateurs qu'elles recensent...  Après avoir identifié, non sans difficultés, Facebook est vraiment une très grosse machine désormais, les interlocuteurs capables de corriger cela, nous avons pu redémarrer, mais la reprise du trafic a été lente. Le premier semestre de la partie B to C de notre groupe en a sévèrement souffert."

Le N°8 mondial des éditeurs de jeux sur... Facebook a également pâti de l'échec des campagnes de services vocaux interactifs qu'il a menées, toujours pendant ce premier semestre, pour son propre compte.

"Si les campagnes réalisées pour le compte de clients fonctionnent bien, celles que nous avons réalisé pour ConcoursMania ont échoué", explique Julien Parrou.

Des mauvaises performances qui ont entraîné la décision ferme de stopper ces opérations dès le second semestre 2015.

2016 : une réorganisation payante ?

Si la monétisation des sites du portefeuille du groupe a été jugée satisfaisante, tout comme les performances économiques de ses bases de données qualifiées portant sur 12 millions de profils, le fait est que le pôle B to C de ConcoursMania a connu, en 2015, un recul de 30,21 % avec 6,35 M€ versus 9,09 M€ en 2014.

Le pôle B to B a lui conservé, en 2015, un bon niveau d'activité et même une progression (+0,07 %).

"Nous sommes tirés par l'activité à l'étranger. L'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest nous permettent d'enregistrer de belles performances mais c'est la pression sur les prix rencontrée sur le marché français qui affect le niveau de marges des activités B to B", analyse Julien Parrou.

Au final, le groupe ConcoursMania a donc vu son chiffre d'affaires 2015 reculer de 13,85 % à 17,03 M€ par rapport à 2014 et un chiffre d'affaires de 19,76 M€.

"Notre société qui a quand même 20 ans a connu d'autres reculs d'activité, mais à l'époque nous n'étions pas cotés et cela se voyait moins, sourit le président, mais comme à chaque fois en revanche, nous tirons des enseignements de ces contretemps pour repenser notre organisation. Depuis le début de l'année 2016, nous sommes organisés autour de fonctionnalités. Les équipes techniques sont directement rattachées aux opérationnels autour de nos différents métiers. Cette organisation est tout juste optimisée et elle porte déjà ses fruits", assure Julien Parrou.

Si les chiffres restent bien sûr confidentiels, les premières tendance de l'exercice 2016 peuvent permettre raisonnablement de penser que le groupe bordelais devrait reprendre sa marche en avant.

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