Le Verdon : le terminal conteneurs à nouveau sous la menace

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Le terminal à conteneurs du Verdun suspendu aux négociations entre les dockers et SMPA ?
Le terminal à conteneurs du Verdun suspendu aux négociations entre les dockers et SMPA ? (Crédits : GPMB)
Fin octobre 2015, Europorte avait semble-t-il la clé de la relance du terminal à conteneurs au Verdon, porté par le Grand Port maritime de Bordeaux. Quatre mois plus tard, le projet est en panne et la société SMPA, prestataire pour Europorte de la partie maintenance, menace de claquer la porte. Le syndicat de dockers pointé du doigt n'entend pas endosser la responsabilité de la situation.

On l'annonçait imminent en octobre 2015. Finalement, le réveil du terminal à conteneurs du port du Verdon, après trois ans de sommeil, est toujours suspendu.
Suspendu, pour certains des intervenants du Port, à la "position du syndicat CGT Dockers, qui a refusé de signer le protocole d'accord pour la mise à disposition du personnel."
Suspendu, de fait, à la décision de l'initiateur du protocole, la société SMPA, prestataire, pour le compte d'Europorte, de la manutention des conteneurs sur le terminal du Verdon, qui ne souhaite pas modifier le contenu actuel du protocole d'accord sous "peine de mettre en péril la viabilité du projet" et qui menace de quitter Le Verdon.
Une situation qu'un intervenant résume ainsi :

"Les exigences financières de CGT Dockers sont énormes. Pour aller travailler au Verdon, les dockers demandent beaucoup plus qu'il y a trois ans. Cela rend le projet absolument non viable pour SMPA."

Pointé du doigt comme étant le "mauvais élève" de ce dossier, le syndicat CGT Dockers n'entend pas se laisser faire et avance ses arguments.

Pas d'opposition des dockers sur le fond, mais sur la forme

Jérémy Barbedette, son secrétaire général, en a assez d'être stigmatisé :

"Je tiens à préciser qu'il n'a pas d'opposition particulière sur l'accord de notre part. Oui nous défendons les intérêts des salariés, oui nous avons fixé des règles, et il semble bien qu'elle ont été acceptées dans un premier temps par SMPA !" Et de préciser la raison exacte de la non signature du protocole d'accord : "A Bordeaux on ne signe pas d'accord d'entreprise mais des accords de place. Il est important que ce soit le syndicat des employeurs de la manutention du port qui signe le protocole puisqu'il porte, notamment, sur le partage des salariés dont les entreprises membre ont besoin ! Pour nous c'est seulement du bon sens !"

En clair, le syndicat demande à ce que le protocole d'accord soit signé dans le cadre du Syndicat des employeurs de la manutention (SEM) qui regroupe Sea Invest, VAT, Bordeaux Manutention portuaire et SMPA.
D'autres intervenants du Port estiment que ce qui bloque vraiment, c'est la volonté des dockers de voir se créer un groupement d'employeurs.
"De quel droit le syndicat peut-il exiger la création d'un groupement d'employeur pour conditionner sa signature du protocole ?", s'insurge l'un d'entre-eux.

Ultimatum d'avril

"Faux", répond Jérémy Barbedette. "Nous n'avons pas fait de cette création un préalable à la signature. Ceci étant dit, on nous a demandé en octobre dernier de plancher sur ce dossier en réponse à des problèmes de mésentente entre employeurs. Ce groupement d'employeurs pour le prêt des employés a fait consensus... et depuis, il ne se passe plus rien concernant sa création. Du coup, la signature du protocole d'accord nous sert aussi à relancer le sujet. Nous voulons que le principe de sa création à venir soit acté au moment de la signature", précise le secrétaire général de CGT Dockers. Rappelant au passage : "Encore une fois nous n'avons aucune intention de voir le dossier échouer, nous sommes prêts à signer un accord de place !"

Quoi qu'il en soit, le PDG de SMPA, Pascal Reyne, prévient dans les colonnes de notre confrère Le Marin (26 février) :  si l'activité ne démarre pas en avril prochain, SMPA se retirera purement et simplement du projet.
Et il en sera fini, une nouvelle fois, du redémarrage du terminal du Verdon.
SMPA demandera vraisemblablement une indemnisation au Grand Port maritime de Bordeaux. Pour mémoire, la société SMPA, arrivée en octobre dernier, a investi 10 M€ dans l'achat de nouveaux portiques, d'une grue mobile et d'équipements nécessaires au fonctionnement du terminal à conteneurs.

Qui veut voir échouer le dossier ?

L'attitude de SMPA semble surprendre Jérémy Barbedette : "Nous faisons face à une entreprise qui semble temporiser, tout faire pour que cela ne marche pas, en vérité. Je rappelle que les nouveau outils du Port du Verdon sont arrivés en octobre mais que la formation n'a démarré que fin décembre. Pendant près de deux mois, nous n'avons plus eu de nouvelles concernant les prêts de personnel, les mutations... et puis en février on nous remet un énorme coup de pression...via cet ultimatum. On voudrait voir le dossier échouer qu'on ne s'y prendrait pas autrement", souffle le docker.

Ce blocage dont toutes les parties se rejettent la responsabilité est d'autant plus dommage que le dossier a des atouts. Le port de Bordeaux, avec ses 63.000 conteneurs/an, a déjà une vraie légitimité dans ce domaine...
Un vent de gâchis souffle à nouveau sur les quais du port du Verdon, et le silence du ministre Vidalies sur le dossier n'est pas de bon augure.

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Commentaires
a écrit le 11/04/2016 à 12:12 :
Bonjour, je crois qu'à l'heure actuelle ses personnes, ont de la chance d'avoir du travail, s'ils persistent,le mieux serait d'embaucher des gens du coin.
Eux au moins on envie de travailler !!!!
a écrit le 29/02/2016 à 18:11 :
Comme toujours, la CGT fait tout pour faire échouer une négociation, avec des demandes léonines, tout en protestant qu'ils ne veulent rien bloquer. Il y a vraiment besoin de mettre au pas ce syndicat qui fait tout pour détruire les emplois.
Nous allons payer une très mauvaise décision de de Gaulle en 1945, avoir accepté que le PC ait une place au gouvernement. Et pendant les années fastes, autant la CGT était un aiguillon vers "le progrès social" (toujours plus en salaire, toujours plus en temps de non-travail, toujours plus en pouvoir dans l'entreprise au détriment du patron, etc. etc.), autant en période de recomposition du modèle social, il faut "sortir" ces syndicats passéistes qui n'ont rien compris à ce que c'est que la mondialisation, la compétitivité.
D'ailleurs, certains syndicalistes sortent de ces syndicats, car ne correspondent plus aux aspirations de maintien de l'emploi, des salariés eux-même, etc..
Réponse de le 03/03/2016 à 20:34 :
Les dockers sont des feignants. Il y a 3 millions de chômeurs en France mais eux se permettent de refuser du travail...
a écrit le 29/02/2016 à 17:34 :
"Le port de Bordeaux, avec ses 63.000 conteneurs/an, a déjà une vraie légitimité dans ce domaine... "
Sérieusement ou est-ce ironique?

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