Alimentaire : les business de la chasse au gaspi

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La société agenaise Comerso entend jouer un rôle majeur en tant que maillon de la chaîne de solidarité alimentaire.
La société agenaise Comerso entend jouer un rôle majeur en tant que maillon de la chaîne de solidarité alimentaire. (Crédits : REUTERS)
La lutte contre le gaspillage alimentaire mobilise les énergies sur le terrain associatif mais aussi sur celui de l’entrepreneuriat. Exemples et finalités très différentes, avec, en Aquitaine, Comerso et The Must.

Ce n'est pas la Banque alimentaire, qui gère 100.000 tonnes d'invendus chaque année, qui dira le contraire : la gestion des invendus et donc du gaspillage alimentaire est un enjeu capital. Vital même pour les 5.300 associations que la Banque alimentaire fournit chaque jour en France et qui, elles, distribuent 200 millions de repas gratuits aux plus fragiles socialement.
Face à cet enjeu, Comerso entend apporter, à sa manière, sa pierre à l'édifice de la solidarité alimentaire. La société agit pour la lutte contre le gaspillage alimentaire en proposant un logiciel de gestion des invendus à destination de la grande distribution couplé  à un service logistique permettant d'approvisionner quotidiennement les associations d'aide alimentaire. Comerso, entreprise solidaire qui a été citée en exemple dans le rapport Garot remis à la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie Ségolène Royal en avril 2015, propose une solution clé en main aux deux acteurs principaux de cette chaîne solidaire. Comerso prend en charge la récupération des denrées auprès des grandes surfaces, les stocke et les distribue aux associations entre 7 h 30 et 11 h 30, via des entreprises logistiques d'insertion...

Comerso : nouveau maillon de la chaîne de solidarité alimentaire

Fondée en octobre 2013 à Agen, la SAS Comerso compte désormais trois sites car après Angers elle vient d'installer un bureau à Blanquefort, près de Bordeaux, au sein de la pépinière d'entreprises Bordeaux Technowest. C'est d'ailleurs à Bordeaux que Comerso entend développer son service commercial. L'équipe, qui compte quatre personnes à ce jour, doublera de taille dans les mois à venir.
"Pas question, pour autant, de concurrencer les Banques alimentaires ou les associations qui sont déjà sur le terrain de l'aide alimentaire", précise Rémi Gilbert, ancien d'Agropole services, qui avec Pierre-Yves Pasquier, ex-chef des ventes chez Danone, est à l'origine de Comerso.

"Nous sommes un maillon de plus, ultra professionnalisé, au service de ces acteurs. Nous travaillons pour eux, et nous allons chercher des denrées, partout où elles ne peuvent aller, pour des raisons économiques, d'équipements ou de ressources humaines."

Le modèle économique de Comerso, qui ouvrira de nouveaux sites en région parisienne et à Lyon au cours du second semestre 2016, est simple et se veut vertueux : "Nous permettons aux acteurs de la grande distribution de réaliser des économies, notamment fiscales au travers de ces dons que nous prenons en charge. Nous calculons le montant de cette économie, et nous prenons un pourcentage sur cette somme."

The Must, arme anti "casse" alimentaire... mais pas que


Pour les créateurs girondins de l'application The Must, l'approche est différente. Les fondateurs, David et Carole Piéjos, s'intéressent eux aussi aux invendus, mais cette fois, c'est au travers d'un service qui permet aux commerçants de l'alimentaire de communiquer en temps réel avec les consommateurs de leur zone de chalandise sur la mise en place de ventes flash à prix cassés, qui permettent d'éviter au maximum la "casse" en fin de journée. L'application mobile The Must, lancée fin septembre 2015, a été développée en 12 mois. Et si ses fondateurs aiment à rappeler que leur service a vu le jour en réponse à la problématique du gaspillage alimentaire, ils rappellent aussi que The Must concerne avant tout les commerces indépendants, pas les grandes enseignes nationales, voire internationales, et pas seulement les métiers de bouche.
"Nos commerçants, nous en comptons déjà 65 en métropole bordelaise et nous commençons la commercialisation à Bayonne et Toulouse, sont, certes, majoritairement des acteurs de l'alimentaire, mais contrairement à notre concurrent parisien Optimiam qui se focalise uniquement sur les bons plans alimentaires, nous avons pensé notre application pour bien d'autres secteurs, comme les loisirs, l'hôtellerie, l'habillement...", explique Carole Piéjos.

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